Fluoglacial - Tendances Négatives

La Nouvelle Blaxploitation (1990-1997)



1990. 20 ans après la première Blaxploitation, et débarrassée du cafouillis artistique des 80's, une nouvelle exploitation cinématographique noire (entendez par là réalisateurs noirs qui choisissent des héros noirs, pour un public noir ? cela est une autre question) apparait à l'orée des 90's. Ces réalisations plongées au cœur du ghetto autrefois bercé par la soul/funk et le commerce sexuel des pimps, proposent un décor où la débauche d'antan est remplacée froidement par le rap musique et le crack. Plus que des messages politiques ou libérateurs, ces films témoignent avec plus ou moins de naïveté des conditions de vie du ghetto, de manière romancée, comique ou dramatique. Le premier film de ce dossier (exit KING OF NEW-YORK (1990) d'Abel Ferrara qui ne répond pas vraiment aux critères mais dont Larry Fishburne inspirera génération de caïds), s'étendant jusqu'en 1997 environ, commence logiquement par le premier et plus culte film du genre, signé évidemment Mario Van Peebles. (Le dossier SPIKE LEE c'est ici)

NEW JACK CITY (1991)



On peut considérer ce film comme le SCARFACE noir, avec à la place d'Al Pacino, Wesley Snipes, dans le fameux rôle de Nino Brown. L'histoire conte l’ascension glorieuse d'un gang narcotique new-yorkais, intitulé Cash Money Brothers, de 1986 à 1990. Leur truc: un nouveau produit addictif, le crack. Sans foi ni loi, le business n'est jamais personnel. Nino gère son club (animé par les meilleurs maitres de cérémonie possibles: Fab 5 Freddie et Flavor Flav), tandis qu'au sous-sol, les ordinateurs chauffent et les doses sont coupées par des filles aux seins nus dans un laboratoire haut de gamme. Entrepreneurs noirs en plein effet. Bérets Kangol, flytops frisés, bagues dollar, câbles or, chemises XXXXXL et costumes sur mesure, toute la vibe de l'époque est là et brille de milles feux.



Seulement 2 deux flics, Stone (Mario Van Peebles) et Nick, le rital raciste (Judd Nelson!) montent une équipe pour démanteler le réseau. Ils embauchent en mode undercover, Scotty (Ice-T déjà traître!), ancien voyou, et son pote Pookie (un des premiers rôles de l'excellent Chris Rock), ancien basehead. C'est la lutte du bien contre le mal, d'un homme qui veut lutter pour son peuple contre un qui lutte pour la monnaie. Je vous laisse deviner qui triomphe à la fin. Rue sombre, dépravation, conflit racial, gunshots, luxure (avec les bombes Michael Michelle et Tracy Camilla Johns), répliques fameuses ("I want to shoot you so bad my dick is hard"), son à la bien (Doug E. Fresh, N.W.A., 2 Live Crew, Queen Latifah, Ice-T... malgré l'insupportable r'n'b/new jack inhérent à l'époque). On obtient un bon gros classique.


LA COURSE POURSUITE EN BICROSS QUI VAUT BIEN UN GRAMME



BOYZ N THE HOOD (1991)



On change de côte et d'ambiance avec cette pièce clef de John Singleton. South Central L.A. dans les années 80. Tré (Cuba Gooding Jr.), Doughboy (Ice Cube à son meilleur) et son frère Ricky (Morris Chestnut) sont 3 potes qui grandissent tranquillement dans un environnement qui leur met la pression. 7 années plus tard, Doughboy ne fait toujours rien, boit des 40oz dans le salon de chez maman, son frère Ricky s'explose sur les terrains de football américain tandis que Tré est à fond dans les études, poussé par son père surnommé Furious Styles (et interprété de main de maître par le patron, Larry Fishburne). Tout ce petit monde évolue dans le hood ensoleillé, ponctué par le bruit des hélicoptères de CNN, ça chille et ça check sévère. Et les décapotables customisées rebondissent autant que les fesses des filles (Tré opte lui pour une coccinelle, modèle en vogue dans le ghetto en 91, si ça c'est pas plus fort que nazi).



Bref, entre les mères pleines de crack qui laissent leurs bébés sur la route, les drive-by menaçant à chaque coin de rue, les responsabilités parentales et conjugales dès le lycée, les flics abusant de leur pouvoir ou encore les sneakers hi-tops blanches à tenir propres, les 3 loubards et leurs homies ont de quoi faire. L'aspect politique est bien présent, notamment avec les longues tirades de Furious, ce n'est pas pour rien que Spike Lee et la Nation of Islam sont dans les remerciements. On échappe pas à la fin tragique, 4 morts pour une simple bousculade, ça prend cher. La bande son elle aussi tient hautement ses promesses avec du classique de chaque côte, NEWCLEUS, RUN DMC, MAIN SOURCE, YO-YO, 2 LIVE CREW, TOO SHORT et le mythique "How to survive in South Central" d'ICE CUBE pour terminer. Gros film.



L'avantage de faire jouer de vrais rappeurs dans ces films ? Les dialogues se transforment vite en punchlines!

Shalika: Who you callin' a ho'? I ain't no ho'?
Doughboy: Oops, I'm sorry, bitch.

Doughboy: Yeah, I heard you been gettin' that dope-head pussy. See, me, I probably get more pussy than you get air with yo' wannabe macdaddy ass.
Dooky: You don't know what I be getting. I don't be fucking no dopeheads. I let them suck my dick. Shit, they got AIDS and shit.
Monster: Stupid motherfucker, don't you know you can catch that shit from letting them suck on your dick?
Doughboy: Thank you.
Dooky: See. I ain't sick. I ain't all skinny and shit.
Chris: Nigga, what you mean you ain't skinny. Motherfucker so skinny he can hula hoop through a Cheerio. Nigga, you ain't got to be skinny. You can die from that shit years from now.
Dooky: Y'all just trying to scare me. For real, you can die from letting them suck on your dick?
Doughboy: Mark.


EST-CE QUE TU CROIS EN DIEU?

Chris: I'll tell ya where we all need to go, where there's more women than everywhere.
Doughboy: Blah blah ?
Chris: No.
Monster: Blah blah ?
Chris: No niggers, you're all way off. I give you a hand: everybody's been there.
Doughboy: Where, where nigga ? Spit it out!
Chris: The church.
Doughboy: Ohh shit! Nigga please... Ain't nobody go to church to catch no bitches.

Furious Styles: Why is it that there is a gun shop on almost every corner in this community?
The Old Man: Why?
Furious Styles: I'll tell you why. For the same reason that there is a liquor store on almost every corner in the black community. Why? They want us to kill ourselves.



JUICE (1992)



Premier film RAP avec un vrai scénario criminel, après des 80's tâtonnantes. Du cinéma plus que de la musique quoi. 3 potes de Uptown NY, Q, Steele et Bishop (alias Tupac Shakur) font tout pour sécher le bahut et traîner dans la rue. Q est DJ et compte bien remporter la battle qui a bientôt lieu au club local (plan CLASSIQUE) mais Bishop a un autre plan ce soir là, cambrioler l’épicerie du quartier... et c’est là que la folie meurtrière l’empare ! 2PAC dans son 1er vrai rôle assure bien (je vous conseille aussi sa dernière apparition avant REP, dans le film policier GANG RELATED de 97). Tout est bien ficelé, la bande son est à la hauteur avec ERIC B & RAKIM, BIG DADDY KANE, EPMD (qui jouent les patrons d’un bar), etc… On entrevoit aussi Samuel L. Jackson dans le rôle du tenancier véreux de la salle de jeu du coin (jamais loin celui-là). Bonne époque et bon film d'Ernest Dickerson marqué par l’arrivée des baggys et l’avènement des posi haircuts dans le hip hop.





SOUTH CENTRAL (1992)



Moins connu que ses prédécesseurs (ou que le déterminant COLORS (1988) avec Robert Duvall et Sean Penn), ce film de Stephen Milburn Anderson mérite le coup d'oeil (film produit par Oliver Stone au top en 92). L.A. 1982. Bobby Johnson (aka Glen Plummer) sort de la prison locale et check ses homies, le DEUCE, gang qui gère la zone. Les bons gros styles (noir sur noir, casquettes relevées, goldies) sont présents. Le vieux mack qui a voulu reprendre le quartier à son compte se fait descendre (silencieux à base de patate vissée sur le canon!). Bobby hérite de la larme tatouée du DEUCE, après son premier homicide. Bon, il se fait rattrapper bêtement et purge 10 ans au pénitencier où il rencontre, outre la confrérie aryenne (au summum du ridicule ici!), ALI, un sage musulman qui lui montre la vraie force de l'homme.



Bobby ressort 10 ans après, l'âge de son gamin, qui avec ses grosses hi-tops TROOP et son bandana n'en fait qu'à sa tête. Le gang shit lui est monté au cerveau et il s'évade de son centre de détention pour jeunes, appuyé par Ray Ray, le boss du DEUCE et ex-acolyte de Bobby. Rien ne va plus dans le barrio. Un peu comme dans AMERICAN HISTORY X, lorsque Derek sorti de taule veut que son p'tit frère Danny arrête le folklore nazi, Bobby va essayer de faire comprendre à son fils qu'une vie, ça coûte cher, et qu'il ne vaut mieux pas gaspiller la garantie. De l'émotion, de la drogue, de la chaleur, des confrontations musclées, des ruger 9 millimètres. Drame sans place pour l'humour, même quelques blagues. Un bon divertissement.



MENACE II SOCIETY (1993)



"C'est la vérité. C'est ce qui est réel". Je vais vous la dire la vérité, j'ai toujours considéré ce film des Hughes Brothers comme un pastiche de BOYZ N THE HOOD (On y trouve d'ailleurs Glenn Plummer, l'acteur principal de SOUTH CENTRAL). Mêmes ingrédients. Flashback de début pour suivre et comprendre l'évolution du héros (l'apparition de Samuel L. Jackson représente). Mauvaises fréquentations. Gang merde. Drogue merde. Tenage de trottoir. Berlines de luxe. Paternité avant la majorité. Crackheads. Incarcération. Et puis le drive-by de fin qui fait pleurer tout le monde, femmes et gangsters. Tout ça est amplifié et mis en scène de façon spectaculaire, avec plus de sang et de courses. Bref, mise à part la scène culte d'introduction (un chinois meurt) et la bande son (TOO SHORT, PETE ROCK & CL SMOOTH, DA LENCH MOB, BOOGIE DOWN PRODUCTIONS, MC EIHT, etc.), mieux vaut oublier cette chose.





FRESH (1994)



Michael aka FRESH (Sean Nelson) est un jeune pousseur de 12 ans. Il deale des doses de poudre blanche dans le quartier, tous les matins avant d'aller à l'école. Elevé chez sa tante de Brooklyn avec ses 10 cousins-cousines, le kid livré à lui-même prend vite du galon dans le hood. Son pote Chuckie, le petit portoricain surexcité ponctuant toutes ses phrases par "Bustin' out, homes", voulant l'imiter, en restera sur le carreau. Fresh trafique en majeure partie pour Esteban (le fou Giancarlo Esposito) entre 2 parties d'échec au parc avec son père devenu clodo (Samuel L. Jackson, encore et toujours). Les choses se corsent quand un dealeur de troisième zone, Jake, frustré de se faire dribbler par un gamin de 2 têtes de moins que lui, l'allume avec son ruger à même le playground.



Une balle perdue pour l'amoureuse de Fresh et c'est la réalité qui heurte. Il se durcit, devient plus sérieux dans les affaires et avec ses maigres économies, et une stratégie de type Kasparov, monte une grosse arnaque qui fera plonger l'ensemble de la pègre locale dans des cages en bois et en fer. J'officialise ce film de Boaz Yakin. Premièrement, le rendu visuel et l'atmosphère sont parfaits (rappelant la nonchalance de Spike Lee (Fresh>Mars Blackmoon). Deuxièmement, le bon scénario et les rebondissements en font un vrai film (2h) de cinéma, et pas seulement un flick de quartier où ça chille pendant 1h30. Troisièmement, il fait beau, les acteurs sont cools, portent des Nike Sonic Flight et jouent au basket. NO DOUBT.



ABOVE THE RIM (1994)



Le top ten des 90's continue. Après l'excellent JUICE de 1992 et le douteux POETIC JUSTICE de 1993 avec Janette Jackson, Tupac Shakur incarne ici Birdie, un gangster drogue-distributeur en polystyrène, dans ce flick de Jeff Pollack qui ravira tous les fanatiques du ballon orange. C'est d'ailleurs pour ses nombreuses scènes de baskets de rue que ce film vaut le détour (1 an avant le célèbre BASKETBALL DIARIES de Leonardo Di Caprio, pas de blanc dans la raquette ici). L'histoire elle, n'est pas vraiment digne d'une passe de Jason Williams. Trop limpide et sans surprise. Duane Martin (qu'on aperçoit déjà dans WHITE MEN CAN'T JUMP de 1992, LE film streetball ultime) interprète Kyle, un lycéen doué sous les paniers avec une belle carrière NBA qui se profile devant lui.



Evidemment, rien ne va. Sa mère est sceptique, son meilleur pote est cracké (Bugaloo aka Marlon Wayans), Birdie veut l'engrainer dans le mal et un ex-espoir du quartier, Shep, vient le hanter tout en niquant sa mère (Le Shep en question a vu son meilleur pote tomber d'un immeuble alors qu'ils faisaient un concours de détente sous le panneau, ahahah, c'est con). Au final, un film court, simple et efficace. Terrains en asphalte, panneaux en fer, filets en chaines. Le tournoi final sponsorisé par British Knights et son lot de dunks et passes folles vaut le détour. Ajoutons à ça la bande son chaloupée signée 2PAC, DOGG POUND, LADY OF RAGE, PHARCYDE, AKINYELE, SNOOP DOGG, NAUGHTY BY NATURE ou BEASTIE BOYS, et on obtient un classique. Stick em up, stick em up!



NEW JERSEY DRIVE (1995)



Jason (Sharron Corley) et Midget (Gabriel Casseus) sont 2 jeunes décrocheurs scolaires, gambadant dans Newark, chef-lieu du New Jersey. Leur vie se résume à être assis sur un banc la journée, en fumant des buddah et des 40oz, et à chouraver des caisses la nuit venue, le loisir n°1 des 15-25 ans du New Jersey. Gilets de pêche sans manche ou parkas camouflages, Timberlands coincées sur l'accélérateur, c'est comme ça qu'ils s'allument. Seulement un jour, pour l'amour du fun, ils piquent une caisse de flics et font les fous avec, arrêtant des gens sirènes vrombissantes. C'en est trop pour la police blanche et corrompue (comment pourrait-il en être autrement ?), qui se lance alors dans une traque violente et sans manières. Gachette et savatage facile, c'est poursuite sur poursuite dans le houde. L'avenir de ces enfants perdus représente alors un flingue sur la tempe.




Le film de Nick Gomez (produit par Spike Lee) est assez surréaliste. Jason (qu'on verra l'année d'après dans THE SUBSTITUE, huhu) se prend des claques par sa maman, Midget tire sur des flics en pleine journée pour rigoler, ou ces pointes de vitesse incessantes dans des rues de 200m. Bref, c'est l'bordel. En plus, à l'inverse des films suscitées, ici c'est la côte Est, et le temps est pourri. La tête de con de flic tortionnaire est bien réussie quand même. Et puis la bande son rap (1995 oblige) est de très haute voltige et plus pointue qu'à l'habitude. Les locaux son bien sur présents, LORDS OF THE UNDERGROUND, QUEEN LATIFAH, NAUGHTY BY NATURE et REDMAN, avec d'autres coups de JERU THE DAMAJA, ILL AL SKRATCH, KEITH MURRAY, FLIP SQUAD, OUTKAST, MF GRIMM ou HEAVY D, qui fait une apparition patron dans le rôle de Bo-Make. OUAIS.

  ILL AL SKRATCH - Don't shut down on a player


Quelques lignes de punch:

Bo-Kane: This is my groove. Don't fuck with my groove, nigga.

Bo-Kane: Yeah, bounce, motherfucker. Bounce or get bounced, punk.

Midget: She need to get her oil checked!

Officer Clueless: What's your name?
P-Nut: Deez.
Officer Clueless: Deez what?
P-Nut: Deez Nuts man. Spell it N-U-T-S.



FRIDAY (1995)



Retour à L.A. pour le Boyz N The Hood COMIQUE. Le film de F. Gary Gray résume la journée de 2 branleurs assis sous un porche. Craig (Ice Cube, qui est aussi croustillant en acte qu'en rap) et Smokey (Chris Tucker dans ses balbutiements avant la fameuse trilogie RUSH HOUR). Craig est le mec gros, tranquille, qui écoute ses parents et qui met des chemises à carreaux. Smokey est le fumeur de weed insupportable, qui parle tout le temps et doit de l'argent à tout le monde, et notamment à Deebo, la grosse marmule du hood. Tout ça se passe sous le soleil, entre les kids en bicross, la MILF voisine qui arrose sa pelouse en mini mini short, le père ravagé de Craig, Big Worm le faux marchand de glace, la meuf relou de Craig qui écoute de la miami bass, sa soeur qui est savoureuse (elle jouait dans Boyz aussi), Debbie (Nia Long) qui jouait dans Boyz aussi... et toutes les autres.



Pas d'action donc (à part le drive-by théatre de fin), mais beaucoup de conneries et de situations rigolotes qui font qu'on passe un bon moment pendant 1h30... et la lutte des classes me direz-vous ? Demandez à DRE ce qu'il en pense. Il figure aux côtés d'autres gangsters au micro, FUNKDOOBIEST, THA ALKAHOLIKS, CYPRESS HILL, MACK 10, 2 LIVE CREW, SCARFACE et ICE CUBE. Sans oublier la génération précédente avec CURTIS MAYFIELD, BOOTSY COLLINS, JAMES BROWN, THE TEMPTATIONS ou THE ISLEY BROTHERS. Claaaaassique. Le trailer résume parfaitement le film (et vous fera économiser 1h27 si vous êtes dans les affaires). Damn!



DON'T BE A MENACE TO SOUTH CENTRAL WHILE DRINKING YOUR JUICE IN THE HOOD (1996)



Après le funny FRIDAY, on tient ici le "Y'a t-il un nigga pour sauver le hood?" réalisé par Paris Barclay, où Leslie Nielsen aurait été remplacé par les frères Wayans. La parodie atteint ici son apogée, surtout lorsqu'on connait les classiques moqués. "Boyz N The Hood" d'abord, ici Tray part habiter chez son père qui est plus jeune que lui ahah, et lui raconte des histoires de cul pour l'endormir. "Menace II Society" avec la scène géniale chez l'épicier coréen, où pendant que les 2 noirs se font surveiller, le blanc arnaque tout. "South Central" et les voyous qui se croient toujours en zonze tuant des ailes de poulet au poinçon lors d'un barbecue. "Higher Learning" avec Malik, le seul noir du quartier qui accède à l'université, mais se fait buter devant!

Et puis aussi "Juice", "Poetic Justice", "Dead Presidents" ou d'autres trucs à l'écart du genre. Bref, entre Loc Dog explosé par le buzz, Tray le niais de service, le crackhead qui **** la **** de tout le monde, le faux prophète bounty, la hoe qui a 7 enfants de pères différents ou la grand-mère high qui fait du breakdance à la messe et du low-riding en écoutant le Wu-Tang... pas de fil conducteur mais un brouillon explosif poussé à fond. Et la bande son qui va avec (WU, LOST BOYZ, MOBB DEEP, UGK, ERICK SERMON, DOUG E. FRESH...). Une très grosse rigolade.





SOUL IN THE HOLE (1997)



Terminaison de ce top ten ghetto 90's de la plus belle façon. Ceci n'est pas un film. Mais un documentaire tourné par Danielle Gardner à l'été 93 (je vous laisse imaginer toutes les saveurs transportées et toutes les sneakers portées qu'on ne retrouvera jamais). La caméra est posée contre le grillage de tous les playgrounds de Brooklyn, car c'est ici de basket qu'il s'agit. Filmé et sorti à la même époque que les ABOVE THE RIM ou HOOP DREAMS, on suit l'équipe des Kenny's Kings, coaché par l'attachant dur à cuire Kenny Jones et menée par l'incroyable Booger, enfant de la rue doté d'une technique sans faille. De tournois en tournois (Fila, Adidas, Malcolm X, etc.), le 5 de tête parvient sans mal jusqu'en finale... Et là c'est le drame. Le lay-up reste sous l'anneau. GAME OVER.



Ceci n'est pas un film sur le streetball mais sur une équipe de jeunes qui poussent vers la réussite. Kenny tentant désespérément de retenir Booger hors des poisons de la rue et de le garder à Brooklyn alors qu'il part étudier en Arizona. Les bouches d'incendie ouvertes et la chaleur ambiante rappellent forcément DO THE RIGHT THING, Spike Lee reprendra d'ailleurs quelques temps plus tard la trame de ce doc, dans son film HE GOT GAME. Personne ne joue donc, puisque tout est réel, et la bande son de patron illustre à merveille la réalité. WU-ALL STARS, M.O.P., GANGSTARR, THE DWELLAS, SUNZ OF MAN et j'en passe. Dribbles, drague, drogue, émotions, énervements, mouv'z chaloupés, parties de dés. Le ghetto à 360 degrés.



Pour compléter un peu ce courant black nineties:



CB4 (1993) - Ascension débile d'un faux groupe de rap avec Chris fuckin' Rock.
FEAR OF A BLACK HAT (1994) - Comme CB4, en plus hilarant, Niggaz With Hatz!
ORIGINAL GANGSTAS (1996) - Larry Cohen ressuscite la Blaxploitation 20 ans après!
SET IT OFF (1996) - Casting 100% féminin (Queen Latifah!) et action 70's à gogo.


Ou dans un registre bicolore nettement plus hollywoodien:



DEEP COVER (1992) - Intrigue policière avec un Larry Fishburne qui plante le piquet.
DEAD PRESIDENTS (1995) - Les frères Hughes nous refont THE DEER HUNTER en noir.
HIGHER LEARNING (1995) - Plongée manichéeno-humaniste au coeur d'un campus.
187 (1997) - Avant la fac, le lycée, et les cauchemards de Samuel L. Jackson. Cesar !




Sans oublier tout un tas de comédies plus cheesy que concerned: HOUSE PARTY (1990) de Reginald Hudlin, STRICLY BUSINESS (1991) de Kevin Hooks, CLASS ACT (1992) de Randal Miller, MO' MONEY (1992) écrit par Damon Wayans, WHO'S THE MAN ? (1993) écrit par Dr Dre, ou plus tard, les déplorables BOOTY CALL (1997) de Jeff Pollack et I GOT THE HOOK (1998) écrit par Master P...

Et c'est déjà le début des années 2000...


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