Fluoglacial

THE WACKNESS (2008)

Nostalgie quand tu nous tiens. A mi-chemin entre KIDS et FRESH, Jonathan Levine se remémore l'année 1994 à travers un dealeur ambulant (la marijuana remplace la glace), en la personne de Luke Shapiro (Josh Peck et sa coiffure insupportable). Shapiro est le wigger le plus fly du quartier mais c'est aussi celui qui ne serre jamais. Il tombe amoureux de Stephanie (Olivia Thirlby) qui s'est tapé tout le pâté de maison. C'est la fille du Dr. Squires (l'excellent Ben Kingsley), le psychologue que Shapiro consulte régulièrement. Squires devient dingue voyant son amour marital s'effiler de jour en jour (avec la délicieuse Famke Janssen). Les 2 larrons uniront leur solitude dans une dépression festive et feront tout et n'importe quoi jusqu'à une scène finale rappelant directement POINT BREAK!

Luke Shapiro: I need medications...
Dr. Squires: You don't need medications Shapiro, you just need to get laid.

C'est l'atmosphère, moite et pesante façon DO THE RIGHT THING de Spike Lee, et surtout la bande son rap langoureuse et typiquement 94 (BIGGIE, A TRIBE CALLED QUEST, WU-TANG) qui ajoutent fatalement une 3ème étoile à ce bon film tous publics (c'est beaucoup moins balourd qu'un Larry Clark). L'apparition de Mary Kate Olsen en babz complètement caillou et de METHOD MAN en maniaque jamaïcain valent le détour. Du rire, du drame, des phrases cultes, des rimes célèbres, une scène de dépucelage bien drôle, une ville qui change (un plan avec les 2 tours pour le souvenir) et tu passes 2 excellentes heures.

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Commentaires

1. Le dimanche 21 décembre 2008 à 13:00, par Pak

Un adolescent, petit dealer d'herbe, fantasmant sur son premier acte sexuel, nouant une relation assez loufoque avec son psy : cela aurait pu virer à la grosse blague teenager calibrée. Il n'en est rien. Le réalisateur installe d'emblée une atmosphère mélancolique et désabusée, en filmant son histoire avec une certaine élégance qui berce le spectateur avec sa bande-son. Bien-sûr, c'est parfois bavard, et le scénario se noie quelque fois dans d'inutiles détails, désireux qu'il est de retarder au maximum le drame qui couve et qu'on subodore... Car dans cet échange peu conventionnel entre un ado et son psy transparaissent un mal-être et une détresse qui ne concernent pas forcément uniquement le plus jeune. Car sous la carapace ironique du psy (excellente prestation de Ben Kingsley) se cache un désir secret qui, s'il fait sourire au début, se charge de rappeler que ceux qui écoutent les autres ne sont pas forcément les moins vulnérables. Un mot sur Josh Peck, qui habite le film, faisant passer dans son regard toute la solitude qu'il ressent dans la société tumultueuse des années 90, et renvoie aux ados d'aujourd'hui, toujours aussi victimes de la «coolitude» (malheur à celui qui ne l'a pas). Romantique mais lucide, Jonathan Levine est un cinéaste à suivre. Une des bonnes surprises de cet automne.

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