Fluoglacial - Tendances Négatives

Farewell

Nous, les troglodytes...



"A tout pas en avant succède un pas en arrière: c'est là l'infructueux frétillement de l'histoire, - devenir... stationnaire... Que l'homme se soit laissé leurrer par le mirage du Progrès, - cela rend ridicules ses prétentions à la subtilité. Le Progrès? - on le trouve peut-être dans l'hygiène... Mais ailleurs? dans les découvertes scientifiques? Elles ne sont qu'une somme de gloires néfastes... Qui, de bonne foi, saurait choisir entre l'âge de pierre et celui des outils modernes? Aussi près du singe dans l'un comme dans l'autre, nous escaladons les nuages pour les mêmes motifs que nous grimpions aux arbres: les moyens de notre curiosité - pure ou criminelle - ont seuls changé, et - avec des réflexes travestis - nous sommes plus diversement rapaces.

Simple caprice que d'accepter ou de rejeter une période: il faut accepter ou rejeter l'histoire en bloc. L'idée de progrès fait de nous tous des fats sur les sommets du temps; mais ces sommets n'existent point: le troglodyte qui tremblait d'effroi dans les cavernes, tremble encore dans les gratte-ciel. Notre capital de malheur se maintient intact à travers les âges; cependant nous avons un avantage sur nos ancêtres: celui d'avoir mieux placé ce capital, parce que mieux organisé notre désastre."


Précis de décomposition, Emil Cioran, 1949.
(Picture: Cadaveri Eccellenti, 1976)

MARCHING!

PRIME CUT (1972)


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Roast beefs

Deux coups de bistouri en croix.



"Tout poissait aux mains à mesure que la journée avançait et Rieux sentait son appréhension croître à chaque visite. Le soir de ce même jour, dans le faubourg, un voisin du vieux malade se pressait sur les aines et vomissait au milieu du délire. Les ganglions étaient bien plus gros que ceux du concierge. L'un d'eux commençait à suppurer et, bientôt, il s'ouvrit comme un mauvais fruit. [...] Il fallait ouvrir les abcès, c'était évident. Deux coups de bistouri en croix et les ganglions déversaient une purée mêlée de sang. Les malades saignaient, écartelés. Mais des taches apparaissaient au ventre et aux jambes, un ganglion cessait de suppurer, puis se regonflait. La plupart du temps, le malade mourait, dans une odeur épouvantable. La presse, si bavarde dans l'affaire des rats, ne parlait plus de rien. C'est que les rats meurent dans la rue et les hommes dans leur chambre. Et les journaux ne s'occupent que de la rue."

La peste, Albert Camus, 1947.

Je vois l'Amérique semer le désastre.



Pete Steele repose en paix. Pour combler le vide que laisse TYPE O NEGATIVE, le co-fondateur et batteur du groupe Sal Abruscato met LIFE OF AGONY de côté pour sortir ce truc en solo. A PALE HORSE NAMED DEATH. Le nom est aussi grotesque que la pochette (et que le titre de l'album d'ailleurs: And hell will follow me) mais la musique est la symbiose du rock gothique de rue des années 90. Le diable est dans le placard, pas de doute, Brooklyn est toujours là. Un champ lexical de la mort pour 10 morceaux aussi noirs que ton cœur.

A PALE HORSE NAMED DEATH - To die in your arms
A PALE HORSE NAMED DEATH - Die alone

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MASSAKER

Maître/Esclave



"Il n'y a pas de pensée absolument nihiliste sinon, peut-être, dans le suicide, pas plus qu'il n'y a de matérialisme absolu. La destruction de l'homme affirme encore l'homme. La terreur et les camps de concentration sont les moyens extrêmes que l'homme utilise pour échapper à la solitude. La soif d'unité doit se réaliser, même dans la fosse commune. S'ils tuent des hommes, c'est qu'ils refusent la condition mortelle et veulent l'immortalité pour tous. Ils se tuent alors d'une certaine manière. Mais ils prouvent en même temps qu'ils ne peuvent se passer de l'homme; ils assouvissent une affreuse faim de fraternité. "La créature doit avoir une joie et, quand elle n'a pas de joie, il lui faut une créature." Ceux qui refusent la souffrance d'être et de mourir veulent alors dominer. "La solitude, c'est le pouvoir", dit Sade. Le pouvoir, aujourd'hui, pour des milliers de solitaires, parce qu'il signifie la souffrance de l'autre, avoue le besoin de l'autre. La terreur est l'hommage que les haineux solitaires finissent par rendre à la fraternité des hommes."

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WARGASM