Fluoglacial - Tendances Négatives

Jobs are for losers !



« Au cours des discussions menées par les Chômeurs Heureux, nous avions pu constater que la souffrance due à la privation d'emploi n'est pas proportionnelle au montant des allocations. Ceux pour lesquels celles-ci sont faibles souffrent, certes, de manque d'argent. Mais souvent le travail qu'ils ont perdu (ou auquel ils étaient destinés) n'était pas assez gratifiant pour qu'ils en aient la nostalgie. Il en va autrement de ceux qui, bien qu'étant mieux indemnisés, ne se remettent pas de la perte de leur statut social. Le chômage, ils le vivent comme un sevrage forcé. Par-dessus le marché, leur famille, leurs amis, les médias ne cessent de plaindre leur désœuvrement, ou bien de le stigmatiser. Oui, ceux-là sont bien en manque de travail, mais comme un camé est en manque de poudre! Et pourtant, personne ne va manifester dans les rues pour revendiquer "de l'héroïne pour tous!" On entend souvent dire qu'une moitié de la population se crève au boulot, tandis que l'autre s'ennuie à mourir. La chose peut être formulée autrement: une moitié est accoutumée à une dose croissante de la drogue travail, tandis que l'autre souffre de symptômes de manque. Ce sont les deux côtés d'une même médaille. Et nous n'avancerons pas d'un pouce en revendiquant la même dose, équitablement répartie entre tous, accompagnée le cas échéant d'une thérapie de substitution citoyenne. »

Éloge de la démotivation, Guillaume Paoli, 2008.

Destruction System



Pour se retrouver juste derrière Morbid Angel dans le bac metal du disquaire, pourquoi pas s'appeler MORBID SAINT. A l'aide d'une typo chiadée tirant moins sur le gothique, ça peut faire la différence. Créé au début des années 80 dans le Wisconsin (dans une ville au nom curieux de Sheboygan), le groupe mettra ses chansons sur K7 qu'à la fin des 80's, comme leurs homologues de Floride, et comme un paquet de groupes de metal feignasses de l'époque. Thème lyriques: La mort, l'enfer, Satan. Musicalement, les Saint-Morbide ne jouent pas de death metal mais du thrash bien dégueulasse, d'où le titre de cette discographie 3 disques: Thrashaholic. Alors que le groupe ne possède qu'une démo, sortie en LP par un label de mexicains, les années 90 sont déjà là, et les autres ont déjà sorti "Altars of madness" suivi de "Blessed are the sick". Le line-up s'en ressent et ceux qui comprennent qu'ils peuvent pas défier les anges, se barrent. Dommage, les 8 titres de "Lock up your children" devenue "Spectrum of death" sont bien virulents. Après une deuxième démo, "Destruction sytem", recordée en 1992 le groupe s'enterre en 1994. Morbid Angel en profitera bien pour les enfoncer avec leurs deux meilleurs albums: "Covenant" et "Domination".

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Bank Rush


MOI Y'EN A VOULOIR DES SOUS (1973)



En 1973, Jean Yanne est en plein heyday. Après le succès de "Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil" (qu'il ne retrouvera d'ailleurs jamais), il poursuit son attaque des médias et des ficelles publicitaires pour atteindre la source: le capitalisme. Taquin au possible, il tape sur la tête de tout le monde: les féministes, les flics, l'église moderne, les syndicats, les contribuab'... mais tape un peu moins sur les fesses des secrétaires. Sous le nom de Benoit Lepape il propose un marché à Adrien Colbart (Bernard Blier le génie français), son oncle à la tête de la CGI, sorte de CGT avec un bâton en moins. "La seule manière de combattre le capitalisme, c'est de devenir capitaliste !" Il va gravir les échelons du patronnat pour ensuite léguer son empire au peuple, mais la "lutte des classes" va poser quelques petits problèmes... Dans les 4 scènes suivantes: la CGI fait la quête pour acheter des actions dans le cyclo, Lepape fait visiter l'usine du futur, le syndicat veut jouir vite d'un gros building, et pour terminer, les ouvriers séquestrent un patron pour l'empêcher de démissionner. C'est autre chose que Le Grand Soir !






I want your skull


Smash the Disco !


La fête est finie.



Maintenant qu’Étienne Daho préfère écrire des chansons pour Lou Doillon, son homologue sombre (baptisé jadis Étienne Dachau) a définitivement pris le pas sur le dandysme musical à la française. Quoi Sébastien Tellier ? (A voir ce que Lescop proposera sur son premier album). Après l'intro 3.0 "Exhibition", qui pouvait laisser pressentir un album "mature" de future-pop romantique dont certains extraits faisaient peur, "Invisible" rassure d'entrée. C'est toujours Geoffroy D. pour DERNIÈRE VOLONTÉ. La voix est au top du triste, les effets et les sonorités plus travaillés, les synthés toujours aussi clavecins, tandis que les quelques notes martiales qui ont survécu se fondent dans cette nouvelle pop musique en béton. Les lyrics fluets servent à porter la mélancolie dans des enchaînement assez fatals comme "La fête est finie", "Le chant de la pluie", "Le quai de la gare". D'ailleurs, la mélodie du "chant de la pluie" vient d'un autre morceau qui m'échappe, bordel (Martial Canterel?). S'il faisait froid dans la tête de Daniel Darc; il pleut dans le cœur de Geoffroy. "Un claquement de doigts" muni d'un beat façon Dipset laisse place au titre éponyme: "Mon meilleur ennemi". Parfait. Ce troisième album de l'ère post-industrielle donnera envie à tout le monde de s'engager dans la légion et de devenir homosexuel (ou au moins d'aller faire un tour au musée d'histoire naturelle).

DERNIÈRE VOLONTÉ - Le chant de la pluie

Now, Etienne Daho prefers to write songs for Lou Doillon, his dark counterpart (formerly known as Etienne Dachau) has definitely taken over the French dandyism music. Sebastien Tellier what ? (Just wait for the Lescop full-length). After the fat electronic intro, "Exhibition", which could let foresee a "mature" romantic future-pop album some extracts were startled, but "Invisible" reassures us. It's always Geoffroy D. for DERNIÈRE VOLONTÉ. The voice is always on top, sounds and effects are tighter than before, synths still look like harpsichords, while the few martial notes that have survived are melted in this new concrete pop music. The lyrics are slender to bear the melancholy in rather fatal sequences like "La fête est finie", "Le chant de la pluie", "Le quai de la gare". Moreover, the "chant de la pluie" melody comes from another song that I can't recall, damn. It was freezing in the Daniel Darc's head, now it's raining in the Geoffroy's heart. "Un claquement de doigts" with a beat so Dipset gives way to the title track: "Mon meilleur ennemi". Perfect. This third album from DV's post-industrial era will tempt everyone to engage in the legion and become homosexual (or at least to visit the natural history museum).



Quelle ambiance !



« La vie quotidienne dégrade le désordre en pagaille, et, en guise d'aventures, ne nous donne à vivre que des agressions et des contretemps. Nous sommes des événementiellement faibles perpétuellement excédés par tout ce qui leur arrive. Corvées, bousculades, crispations: il y a toujours des ratés agaçants dans nos programmes, et la haine de ces contrariétés fait de nous peu à peu les ennemis jurés de l'imprévisible. Ainsi, la banalité est cet espace étrange où le rien prend la forme du trop, et les rêves qu'elle fomente en nous ne sont pas des fantasmes romanesques plein de bruit et de fureur: ce sont des utopies vides qui distillent l'euphorie toute négative de la relaxation. Le cool cesse alors d'être une ruse du désir pour en devenir la finalité même. C'est cela, l'ambiance: la décontraction non comme moyen, mais comme objectif... »

Au coin de la rue, l'aventure, Pascal Bruckner & Alain Finkielkraut, 1979.
(Picture: Five Easy Pieces, 1970)

Konbini KO


PASSE TON BAC D'ABORD (1978)

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