Fluoglacial - Tendances Négatives

LIVE... SUBURBIA: The Quest for Cool



Ce livre pourrait être celui de plein de kids, américains ou pas, passés du bi-cross agressif au skate, du heavy metal au hardcore, du punk au straight edge,... entassés dans des caisses pour bouger aux concerts, chillant devant des vidéos de skate, dans des chambres de potes, des parkings... un skate sous le bras, un seveninch sous l'autre... L'histoire de la quête du cool à travers la période bénie de l'adolescence. Une génération sacrifiée ? Au-delà d'un segment de marché en tous cas, une aventure unique et obligée. Ce livre est d'ailleurs l'occasion de nous poser la question: IS THERE LIFE AFTER YOUTH ?

This book could have been the journal of a lot of kids, American or not, went from aggressive BMX to skate, from heavy metal to hardcore, from punk to straight edge... packed in cars moving to shows, watching skate videotapes, chilling in mate's bedrooms, in parking lots... a skateboard under the arm, a 12" below the other... This is the story of the quest for cool through the blessed period of teenage. A lost generation? More than a market segment, an unique and unavoidable adventure. This book is also an opportunity to ask us the question: IS THERE LIFE AFTER YOUTH?


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Naples ou Venise ?



« Je ne "suis" pas théâtre. Je ne "suis" pas blondeurs, ni Rubens. Ni Poussin. Je suis cinéma (dont l'inventeur s'appelle Il Tintoretto, et non Lumière ou Edison), brunissures, Rembrandt et Caravage. Les horizontales, les symétries et les beautés d'aplomb m'ennuient, comme les gens qui trouvent au lieu de chercher. J'aime que le temps dérange l'espace pour le déstabiliser, le zébrer d'obliques, de lignes de fuite. Je préfère l'orgueil à la vanité, l'existence à l'essence, les Dies irae aux Alleluia; le rouge au champagne, et Rimbaud à Baudelaire. En un mot comme en cent, je "suis" Naples et non Venise.
On nomme ce travers "populisme" voire démagogie. Je puis accepter le premier quolibet, non le second. Les gens sympathiques m'inspirant toujours la plus vive antipathie, je veille, quoi qu'il m'en coûte, à ne point trop caresser mes congénères dans le sens du poil. »

Contre Venise, Régis Debray, 1995.
(Illustration: Le Tintoret, 1562)

GUILLAUME PAOLI: Repos



Guillaume Paoli est le troisième membre des "chômeurs heureux", trio allemand auteur du manifeste du même nom en 1996. Français résidant à Berlin depuis 20 ans, l'essayiste-philosophe auteur de titres évocateurs comme "A bas le travail!" ou "Plus de carotte, moins de baton" s'est surtout fait (re)connaître grâce à son "Éloge de la démotivation" publié en 2008. Fin analyste de cette pathologie nommée travail, il n'en est pas moins dénué d'humour. La preuve par quatre et un entretien repos qui tombe à point nommé.

Quand et dans quelles conditions avez-vous décidé de ne plus travailler ?
J'étais dans le ventre de ma mère, je crois... En fait, je n'ai jamais songé à postuler à un emploi, à faire carrière dans quoi que ce soit, jugeant plus souhaitable de faire ce qui me plaisait, sans souci des "contraintes du marché". J'ai eu la chance d'être adolescent à une époque -les années soixante-dix- où une telle attitude existentielle était plus facile et plus répandue qu'aujourd'hui. Ceci dit, il ne s'agit pas d'un refus par principe. Lorsqu'on me propose de me payer pour que je continue à faire ce qui me convient, j'accepte volontiers. C'est le cas en ce moment, au Centraltheater de Leipzig. Mais surtout j'insiste: le souci de soi est aussi un souci des autres. Je n'ai aucune considération pour qui ne cherche que sa petite autosatisfaction narcissique, qu'il soit trader ou glandeur. Nous sommes des êtres sociaux et nous nous épanouissons en tant qu'êtres sociaux. Ce qu'il y a à critiquer dans le travail tel qu'il existe, c'est précisément qu'il pousse à des comportements antisociaux, à vivre au détriment des autres, que ce soient les clients qu'on arnaque avec le sourire, les subordonnés qu'on piétine ou les collègues sur la tête de qui on grimpe.

Le manifeste des "chômeurs heureux" a été écrit il y a plus de 15 ans. Le jugez-vous plus crédible que jamais ?
Sur le plan pratique, il était certainement plus facile alors (du moins là où j'habite, à Berlin) d'esquiver la contrainte salariale sans pour autant sombrer dans la misère et les tracasseries administratives. De ce point de vue, ce qui était la description d'un mode de vie effectif est devenu une sorte d'idéal difficile d'accès. En revanche sur le plan des idées, rien n'est venu contredire notre exposé, au contraire: Le monde du travail devient chaque jour plus absurde et destructeur. De sorte que la question se fait toujours plus pressante: Comment désirons-nous vivre vraiment?

Que sont devenus les autres membres ?
En tant que groupe intervenant publiquement, les Chômeurs Heureux ont cessé d'exister vers 2002, simplement parce que nous avions l'impression d'avoir fait le tour de la question et l'envie de vaquer à d'autres occupations. Ce qui ne veut pas dire qu'il s'en niche encore dans les replis du système. Que sont-ils devenus? À ce que je sais, l'un s'est converti à l'Islam et vit à Dubai, l'autre en Chine, un troisième se voue à l'architecture critique, une autre photographie, une vit à la campagne et cultive son jardin, etc.

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Bodies Melt



ANTONI MAIOVVI - Slogun assassin (Low on rent)




CRIME SCENE - Street gang (Beats from the street)




DANIEL AVERY - Light into dark (Movement)



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On ne choisit pas sa famille


Béton et sensualité



« Attends, l'essentiel de l'architecture mussolinienne relève de l'excellence! La politique urbaine de Mussolini était magnifique. Un ami chercheur en Italie a travaillé sur ce sujet, c'est prodigieux, exemplaire. On ne peut pas faire porter aux pierres la responsabilité de la période politique. Aujourd'hui, on est dans l'architecture facile, dans la pacotille, dans la camelote. Il faut faire l'éloge d'une métaphysique, d'une vision romantique de la pierre et de la masse. »

Rudy Ricciotti, SO FOOT hors-série n°5, 2012.
(Picture: Palazzo Della Civiltà Del Lavoro, Rome)

Le canal souterrain


L'esprit Cobra



Des cyclistes transfusés? c'est ça l'esprit Cobra! Des muscles atrophiés? c'est ça l'esprit Cobra! Entre Sylvester Stallone en 1986 et Riccardo Ricco en 2008, un groupe de Grasse se dresse. Comme eux, il se surnomme COBRA. Duo formé en 1984 (?) dans ce sud-est culturellement abandonné, COBRA possède une seule devise: outrage et destruction. Après les aventures d'Astérix au Pays du Blues, le serpent attend 2001 pour semer la dynambiance et sortir son premier album, "Involution". Déjà des titres affolants: J'aime regarder les filles qui marchent sur des seringues (sur la plage), Ta culture m'emmerde, Pédés et drogués... C'est South Central dans les Alpes-Maritimes. Et c'est punk, black metal, hard rock, fusion, voire même dance. Les refrains en français percutent: "sucer - des routiers - dans les WC - des highways". Et ils prient même Satan pour finir de choquer le méditerranéen.



La subversion atteint le Nord avec leur deuxième album "Le pont des extrêmes", en 2006. Toujours une pochette catéchiste étrange et cette voix plaintive et agressive à la fois, 06130 en force. L'absence Des lieux associatifs pour les jeunes soucie COBRA, un thème qui leur est cher, musicalement plus uniforme (punk/hardcore), le disque est moins dangereux, même si COBRA nous dévoile tout de même d'inquiétants Secrets en partie révélés... L'évangile selon Saint-Loubard et ses mots clés (metal punk bières haine occultus peur satan) ne plaît visiblement pas aux "médias metal" qui descendent le disque et le comparent même parfois à Bérurier Noir ou à du rock identitaire (?). Dur.



Peu importe, en avril dernier, COBRA revient avec son troisième album "Les clefs de l'inquiétude" (disponible pour 6.66€) appuyé par un clip puissant: Nihilistes. Le disque enterre TRUST et le hard rock français grâce à des riffs métalliques et de gros morceaux méchants comme Le glaive de Satan ou L'auberge de la dernière chance, ode horrifique à la France d'en bas du bas, celle qui transpire sous les bras et ne se lave pas, les restaurants où l'on mange torse nu, les nightclubs où l'on danse pieds nus, les pantalons en panthère et les bottes en polyester... Hexamide, symbole de l'Aumisme, rappelle au souvenir de Gilbert Bourdin, dont la secte du Mandarom est toujours établie dans les forêts du Verdon. Parodie ou pas, c'est un putain d'album! C'est Cobra et c'est comme ça, et ceux qui sont pas contents, qu'ils aillent tous se faire enc*ler !





PARPAILLON (1993)



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Attentat aux bidons



« Il y avait Indurain, Hinault, Fignon. Je demande: qui, aujourd'hui vaut ces coureurs? Schleck, Contador, Evans? Contador et Schleck se congratulent en se mettant des petites claques en haut du Tourmalet. On dirait deux gays. Comment est-il possible que quelqu'un qui arrive deuxième félicite son vainqueur? Va demander à Merckx, Indurain ou à Armstrong s'ils auraient été contents d'arriver deuxième. »

« Jusque dans les années 70-80, tu trouvais beaucoup plus d'agressivité dans le cyclisme. La dimension physique -et donc héroïque- était plus forte. Quand tu regardais Hinault, tu voyais avant tout un bel homme. Indurain, qu'est-ce qu'il était beau! Des types forts. Merckx, bordel, il ressemblait à un acteur. La beauté d'Eddy sur le Tour de France, quand la reine des Belges va l'accueillir... Allez voir cette photo, on dirait un acteur américain qui reçoit un oscar. Le cyclisme avant, c'était un truc de bêtes, de gladiateurs. Maintenant [...] ils sont maigres, petits, légers, on dirait des petits kékés [...] j'aimais mieux avant. Il y avait des luttes, ça partait au bout d'un kilomètre, c'était la bagarre, tout le monde tentait de faire sauter tout le monde. Maintenant, une échappée à trois kilomètres de l'arrivée, et hop, c'est terminé. »

Mario Cipollini, PEDALE! #2, 2012.