Fluoglacial

Postpassé



« Enfin, regardons en l'air, je veux dire chez les intellectuels: ce sont "des simulacres partout!", la postmodernité, la posthistoire, le posthumanisme, la postcritique, n'importe quoi pourvu que ce soit "post", et même maintenant "postpost". Certes, on peut sourire de cette forme de résignation élégante ("nous n'avons plus rien à espérer qu'une chaire d'université"); mais elle reflète à sa manière un état d'esprit largement répandu: le sentiment que même si rien ne va plus, les jeux sont faits, l'avenir est révolu, le conflit impossible. Si ce n'étaient l'extrême droite, les islamistes, les homophobes et les fumeurs, c'est-à-dire tout ce qui prétend encore incarner le monde d'hier, on se demande ce qui serait encore à même, aujourd'hui, de provoquer la colère publique. Une telle absence d'espoir n'est pas pour autant un désespoir; ce n'est pas non plus de l'inertie, bien au contraire: il faut que tout "bouge", toujours plus vite. C'est du nihilisme maniaco-dépressif. »

Éloge de la démotivation, Guillaume Paoli, 2008.
(Illustration: Gudmundur Erro, 1970)

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