Fluoglacial - Tendances Négatives

Mais Jean, c'est toi qui conduis!



C'est en bleu et jaune que le numéro 3 de Schnock accueille l'été, bleu et jaune, couleur des cuisines des ménagères de 27 à 87 ans. Et en couv, le père Jean Yanne, avec sa traditionnelle tonsure qui s'extirpe du col ouvert de sa chemise (sans jabots cette fois). Était-ce donc ça la véritable élégance française ? Jean Yanne l'affreux, le râleur, l'anar fêtard, l'anti, le prototype du libre français... Parti rejoindre le paradis des rouflaquettes depuis bientôt 10 ans, les schnockeux ont donc fait appel à son entourage, se comptant sur les doigts d'une paluche comme tout clown triste qui se respecte, mais heureusement pour nous très bavard. Bref, vous saurez tout sur l'âge d'or du 'comédien musical' grâce à Jean-Yves Guilleux (spécialiste de Michel Magne, le compositeur suicidé), Gilles Durieux (l'ami fidèle), Gérard Pirès (avant Taxi) ou encore Jean-Louis Bertuccelli (réalisateur de L'Imprécateur). 60 pages après quoi tu auras l'impression d'avoir connu Jeannot comme personne ! Mais eh, et le "dictionnaire des mots qu'il y a que lui qui les connaît" hein?



Dans ce numéro (je n'emploierai pas le ridicule terme "mook") toujours aussi agréable, toujours aussi fourni et fouillé, l'histoire du lapin de la RATP dont on ne comprend pas s'il aime ou pas glisser ses doigts dans la porte coulissante du métro, ce petit salaud masochiste. Plus fouillis que fouillé, la découverte de la beat generation par Le Crapouillot (canard de l'autre côté de l'extrême gauche) qui en fit bien chié certains. Les derniers jours de Ferdinand Legros le faussaire te feront verser une larmichette, tandis que l'enquête sur les véritables auteurs des éditions La Brigandine laisseront une bosse sur ton pantalon. Putain c'est pas fini ! Coup droit de McEnroe, le gaucher maléfique, coup de guitare de Vulcain, le hard rock franchouille, et coup de crayon de Fred, le dessinateur de Philémon. Des trucs que tu ne liras pas ailleurs, comme l'article sur Jean Luisi dans la rubrique "Lait caillé du cinéma", le second rôle au rire sardonique et au nombre de répliques frôlant le chiffre zéro. La Schnockitude? Oui! L'actualité? Non!


UN BORGHESE PICCOLO PICCOLO (1977)


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Ne confondons pas tout.






Loubards sans fards, Odile Naudin, 1982.

Moshing is not a Crime



Le premier album de FIRE & ICE sur REAPER records donne dans l'artwork spatial (Not of this earth), passage obligé après les bonhommes de rues, les briques ou les images épiques. Là n'est pas le problème, ils maintiennent carrément le standard américain sur ces 12 titres. Toujours des rythmes cassés, "History repeats" mais eux ne répètent pas le traditionnel 2 couplets/1 mosh part, et ce depuis 2008 maintenant. Ils reprennent les choses là où DOWN TO NOTHING les avait laissé, à Richmond en Virginie. Groove blanc comme l'intro de "Devil's inside", ça se sent que c'est un ancien Leeway qui a enregistré l'album, on se croirait sur "Desperate measure" part.II. A partir de "Numb", l'album prend une tournure plus musclée et les riffs de guitare se décuplent pour inciser la piste de danse. Il aurait simplement fallu stopper l'album après "Smash your crown"... Bust!

FIRE & ICE - Numb

The first FIRE & ICE album (on REAPER records) gives us space artwork (Not of this earth), the gateway after the wandering street figures, bricks or epic images. That's not the problem here, they maintain the American standard squarely on these 12 tracks. Always breakin' rhythms, "History repeats" but they don't repeat the traditional two verses/one mosh part, and now since 2008. They're picking up the things where DOWN TO NOTHING had left them, in Richmond, Virginia. White groove as the "Devil's inside" introduction, not an accident that an ex-Leeway member recorded this album, it's like a "Desperate measure" part.II sometimes. From "Numb", the record takes a more aggressive turn and guitar riffs are increased to incise the dance floor. The full-length simply just had to stop after "Smash your crown" ... Bust!

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Ni-hi-listes !


STONE (1974)



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Hasn't the weather been strange ?


Il n'y a rien dans le journal.



« Soumis à l'impératif de nouveauté les évènements ne se suivent pas mais se concurrencent; un jour ne suit pas l'autre, il le gomme et le supplante. Ce qui vient après, c'est ce qui vient à la place. Le tissu chronologique se déchire; l'actualité est un présent absolu sans héritage et sans avenir. Un fait passé est fini, ringard, comme on dit d'un champion déchu ou d'un vêtement démodé. Sous l'égide des médias, la mémoire et l'oubli échangent leurs prérogatives: l'oubli est une faculté, une bonne amnésie est exigée de tous les téléspectateurs, alors que la mémoire apparaît de plus en plus comme un archaïsme, le témoignage inutile d'une appréhension du monde désormais révolue. [...] L'effet des médias est avant tout un effet de lassitude, l'accoutumance l'emporte sur l'hypnose. Le public est fatigué: les nouvelles ne le sortent pas du quotidien; elles y font, au contraire, entrer les réalités les plus monstrueuses, en imprimant à celles-ci le tampon du déjà-vu.
L'homme moderne a souvent ce mot étrange: "Il n'y a rien dans le journal, aujourd'hui." Rien qui se détache, rien qui intéresse, rien qui retienne l'attention. [...] En tant que public, nous n'avons en effet qu'une exigence: celle du nouveau. [...] Mais justement, plus nous consommons d'images, et plus, face à l'actualité, nous avons tendance à faire la moue d'un enfant gâté qui a déjà cassé tous les jouets, et que presque rien n'étonne. »

Au coin de la rue, l'aventure, Pascal Bruckner & Alain Finkielkraut, 1979.

Grown Younger



LUST FOR YOUTH fait partie de cette petite clique subversive de Copenhague qui tourne autour de Posh Isolation Records et donne dans la noise, l'industriel et le power electronics. Le duo (Norrivde et Rahbek), qui a viré sa part féminine, se retrouve aussi derrière des projets répondant aux doux noms de Viking Jews, Sexdrome, Caucasian Colony ou encore War, dont j'avais parlé . Sur ce deuxième album, Growing seeds (sorti chez Avant! comme le précédent "Solar Flare"), le groupe se radiophonise et ça marche, puisque leurs fichiers sont arrivés jusqu'à mon ordinateur. Un décalage entre le chant, le beat et les compositions, qui a du charme. Ils ont laissé tombé les rythmiques de Thor et les pistes sans titre de 8mn où ils se contentent de gratter un micro avec du papier de verre pour composer des hits électro-nordiques tristes: Behind curtains, Cover their faces ou des parodies de singles comme It's you et Champagne. Sombre et raw.

LFY - Behind the curtains
LFY - Neon lights appear
LFY - Solar flare

LUST FOR YOUTH takes part in that small subversive clique from Copenhagen that revolves around Posh Isolation Records and that's into noise, industrial and power electronics. The duo (Norrivde and Rahbek), who evicted their feminine side, are also behind projects that respond to sweet names as Viking Jews, Sexdrome, Caucasian Colony or War, which I wrote about here. On this second album, Growing seeds (released by Avant! like "Solar flare"), the band wants to be on radio and it works, since their files found their way to my computer. A shift between singing, beats and compositions that's charming. They dropped the Thor rhythmics and the 8 minutes untitled tracks where they just scrape a microphone with sandpaper to compose Nordic electro-sad hits: Behind curtains, Cover their faces or single spookfs like Modern life and Champagne. So Dark and so Danish.

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DIE BRÜCKE (1959)


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