Fluoglacial - Tendances Négatives

Oi!-Wave since 1994


LES TEMPS MORTS (1965)


Orgasm house !


ANIMAL LOVE (1996)



Ulrich Seidl accentue le grotesque et le bizarre en s'immisçant dans la vie privée de vieilles personnes malades, de couples en faillite, de célibataires libidineux, de veuves en chaleur... Tous délivrent leur total amour à leur animal de compagnie, unique être partageant leur existence. Vienne et sa banlieue morne, où les pavillons sont peuplés de chiens, cochons d'Inde, lapins blancs, choyés jusqu'à l'étouffement par leurs maîtres et maîtresses. A défaut d'enfant roi, c'est l'animal qui trône dans leur quotidien, et qui peut aussi bien disparaître ou subir le sort accablant que la société fait peser sur la tête de leurs maîtres. Bravo l'Homme !

Ulrich Seidl accentuates the grotesque and bizarre interfering in the private lives of sick old people, couples in crisis, libidinous single men, hot widows... All deliver their total love for their pets, unique being sharing their existence. Vienna and its dull suburbs, where detached houses are filled with dogs, guinea pigs, white rabbits, pampered up till choking by their masters and mistresses. Failing 'king child', it's the animal that sits in state in their daily lives, and which could both disappear or suffer the overwhelming fate that society puts on the head of their masters. Congratulations to the Man !

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Pourquoi des commentaires plutôt que rien ?



« Contrairement aux médias, où le spectateur est passif et n'intervient que dans le simulacre du vote, sur un blog, le fait de "se rendre public" provoque un retour immédiat, sous la forme du commentaire, et engage le rapport entre le blogueur et son "public" dans un débat, un forum, une discussion.
La principale nouveauté de la blogosphère repose moins dans la capacité qu'elle ouvre à chacun de "se rendre public", que dans la possibilité, pour ce public, de se manifester. Le plus surprenant, finalement, c'est qu'il y ait des commentaires; la vraie question est: pourquoi y a-t-il des commentaires plutôt que rien?

On pourrait penser, a priori, que le fait, pour des millions de personnes, de pouvoir parler d'elles, de leur vie intime, de leurs points de vue, opinions ou convictions profondes, ne pouvait intéresser personne d'autre qu'eux-mêmes, ou le cercle restreint de leur famille ou des proches. Le fait que tout devienne débat est le signe de la réussite du passage à l'extime, que le succès remporté par les nouveaux périmètres de l'intimité (comme les "amis" de Facebook) ne fait que renforcer. Le débat, la discussion sur un thème donné entre différents interlocuteurs qui expriment chacun un point de vue, est finalement devenu le principal fil conducteur des blogs.

A partir de ce constat, on peut imaginer deux orientations principales. La première, la plus "naturelle", consiste à faire évoluer le blog et le fil de ses commentaires vers un tandem star/public qui débouchera invariablement sur une reprise médiatique, en particulier télévisuelle. De ce point de vue le Net est en train de devenir une des sources d'alimentation du spectacle médiatique. La seconde, plus difficile à gérer, consiste à former une communauté autour des centres d'intérêt partagés entre le blogueur et les commentateurs. Cet objectif est plus facile à atteindre lorsque chaque commentateur tient lui-même un blog où il développe le contexte de ses propres commentaires. L'autre aspect favorisant la naissance d'une communauté est l'interaction entre le blog et les outils de contact. Facebook tend ainsi à devenir le support publicitaire du blog, de sa communauté, ainsi que son outil d'agrégation du répertoire et d'information instantanée, en temps réel, sur l'extime. »

Traité de savoir-vivre à l'usage des jeunes générations de blogueurs, Léo Scheer, 2011.
(Picture: Class Of Nuke 'Em High III, 1994)

Lève-Toi et Rampe



AT DEVIL DIRT - Vulgo gratissimus auctor (DIY)

Les groupes de doom sont légèrement pénibles à chapitrer leur discographie, comme s'ils écrivaient un livre, comme s'ils avaient la prétention de croire qu'ils allaient débuter une œuvre, alors qu'ils vont évidemment splitter avant le chapitre III pour former un autre groupe en changeant un guitariste. Ceux-ci viennent du Chili et proposent un sludge pop avec un harmonica qui resplendit sur le premier titre, I am an ugly skin. Le son est aussi lourd et tordu que Goatsnake, Weedeater et tous ces trucs, et contraste avec le chant très light. Ça donne des morceaux très (révérend) bizarre comme Let it flow ou Peel. Original... D'une traite, l'album ressemble quand même à une longue flatulence de 47mn, mais la merde reste contenue.

AT DEVIL DIRT - I am an ugly skin

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VHS ÜBER ALLES: Dan Kinem & Josh Johnson



La culture VHS revient en force. Et l'on se demande bien pourquoi. C'est ce à quoi Dan Kinem (DK) et Josh Johnson (JJ) tentent de répondre dans deux documentaires, vraisemblablement disponibles aux alentours de l'apocalypse, se dénommant: ADJUST YOUR TRACKING et REWIND THIS! Gondry can suck it. Centrés sur la manie de la collection pour le premier et sur l'ascension puis la chute du format VHS pour le second, ces films vont au delà de la simple et béate nostalgie. Une discussion croisée avec des 'tape diggers' plus futés qu'ils n'y paraissent.

[MAIS AVANT: L'ARTICLE 'VENI VIDI VHS' EST À LIRE EN ENTIER DANS SPRAY#2.21]

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Champ de Bataille



« Contrairement à la démocratie politique réelle qui soumet le citoyen à la double assignation de l'identité d'état civil qui donne accès à l'anonymat du vote, dans la démocratie virtuelle, c'est l'anonymat du pseudo qui donne accès à l'expression publique du vote ou de l'opinion. Il s'agit d'une inversion des termes qui débouche sur un mode symétrique, en miroir. De ce point de vue, la blogosphère se présente comme le miroir inversé du monde réel, mais permet une ouverture large du champ de l'expression des opinions. On constate, sur les blogs, que tout le monde a des opinions sur tout et que le fait de ne rien connaître à un objet n'est pas un obstacle à l'expression de son point de vue sur lui.

Assignés par le système virtuel à se débrouiller seuls, sans règles et sans protections, avec leur propre liberté qui est souvent plus imposée que désirée, les blogueurs ont parfois recours à l’utilisation de plusieurs identifiants pour exprimer leurs contradictions et la diversité de leurs points de vue, tout en se dédouanant d’une certaine responsabilité quant aux propos qu’ils expriment. On se rapproche, dans certains cas, de l’utilisation d’un pseudo en période de guerre, la blogosphère apparaissant comme un champ de bataille. »

Traité de savoir-vivre à l'usage des jeunes générations de blogueurs, Léo Scheer, 2011.
(Picture: Flesh + Blood, 1985)

Evacuate !


NEGATIVE APPROACH