Fluoglacial - Tendances Négatives

N O N



Entre deux farces, Boyd Rice continue de sortir des disques. Là, ça faisait quand même 10 ans depuis "Children of the revolution" que NON n'avait pas fait résonner ses tambours. Fini les odes ambient en hommage à la Grèce Antique ou aux biceps romains, "Back to Mono" revient dynamiter tout ça en bruitant d'entrée la mélodie pop de "Turn me on, dead man" (avec l'aide de Z'EV). Les deux pistes suivantes sont produites par Wesley Eisold, l'ancien chanteur de American Nightmare puis de Cold Cave, tout se recoupe. "Watusi" est un aliénant inédit de 1978, et le titre éponyme, daté de 2009 déjà, tape dans l'indus le plus oppressant. Quelques cris de femme (live) plus tard, vouées à obéir au signal uniquement, et c'est reparti avec "Man cannot flatter fate" où la grosse machinerie bruitiste est de sortie. C'est d'ailleurs amusant de comparer avec "Scream", un autre inédit de 1979, la différence de fréquence et le résultat sonore que permettait, ou plutôt ne permettait, pas la technologie de l'époque. Stridence clearwater revival. Il faut attendre quand même 10 morceaux avant d'entendre le vieux Boyd gueuler à la gloire du feu sacré. L'album se referme sur une reprise rafraichissante de "Warm leatherette", ça va, même Laibach le fait ! Quant à cette pochette merdique, elle sent légèrement la fin de règne...



Between two pranks, Boyd Rice continues to put out records. There, it was 10 years, since "Children of the revolution", NON didn't make its tambourines resonate. No more ambient odes in honor of the ancient Greece or Roman biceps, "Back to Mono" comes to blow everything with bruitism even in between the pop melody of the first song, "Turn me on, dead man" (with help from Z'EV). Both following tracks are produced by Wesley Eisold, former vocalist of American Nightmare and Cold Cave, all overlaps. "Watusi" is an alienating unreleased track of 1978, and the title track, from 2009 yet, bangs some oppressive industrial style. Some woman screams (live) later, doomed to obey the signal only, and it goes again with "Man cannot flatter fate" where heavy noisy machinery is in the output. It's funny to compare with "Scream", another lost track from 1979, the difference of frequency and the resulting sound that allowed, or rather allowed not the technology of that time. Stridency clearwater revival. We still must wait 10 pieces before hearing the old Boyd yell to the glory of the sacred fire. The album closes on a refreshing cover of "Warm Leatherette", but hey, even Laibach does it ! As for this shitty layout, it slighty feels the end of reign...



LIVE... SUBURBIA: The Quest for Cool



Ce livre pourrait être celui de plein de kids, américains ou pas, passés du bi-cross agressif au skate, du heavy metal au hardcore, du punk au straight edge,... entassés dans des caisses pour bouger aux concerts, chillant devant des vidéos de skate, dans des chambres de potes, des parkings... un skate sous le bras, un seveninch sous l'autre... L'histoire de la quête du cool à travers la période bénie de l'adolescence. Une génération sacrifiée ? Au-delà d'un segment de marché en tous cas, une aventure unique et obligée. Ce livre est d'ailleurs l'occasion de nous poser la question: IS THERE LIFE AFTER YOUTH ?

This book could have been the journal of a lot of kids, American or not, went from aggressive BMX to skate, from heavy metal to hardcore, from punk to straight edge... packed in cars moving to shows, watching skate videotapes, chilling in mate's bedrooms, in parking lots... a skateboard under the arm, a 12" below the other... This is the story of the quest for cool through the blessed period of teenage. A lost generation? More than a market segment, an unique and unavoidable adventure. This book is also an opportunity to ask us the question: IS THERE LIFE AFTER YOUTH?


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ICONOCLAST (2011)



Z-Bar, Berlin, 10.09.2011, Avant-première.

Boyd zone. 240 minutes de documentaire, il faut être prêt. C'est tout juste suffisant pour alimenter tous les penchants de Boyd Blake Rice, "l'artiste le plus dangereux du monde"... Avant tout, il faut savoir que Boyd est son vrai blase, son père tellement frustré d'avoir dû porté un nom de meuf toute sa vie (Beverly) lui a donné le prénom le plus viril qui soit, ça nous renseigne beaucoup sur l'identité future du personnage. Et pourtant, sa première mode adolescente sera celle du glam, longue mulette et platform boots en Sud Californie, ses héros sont New York Dolls. Il est déjà dans son bunker mental quand en projet de fin d'année, pendant que ses camarades de classe construisent une table ou une étagère, Boydy ramène d'énormes planches pour confectionner la croix de Jésus.

Boyd zone. 240 minutes documentary, you must be ready. It's just enough to feed all the fondnesses of Blake Boyd Rice, "the most dangerous artist in the world" ... Above all, we must know that Boyd is his real name, his father so frustrated to have carried a girl name all his life (Beverly) gave him the most virile name to be, it tells us much about the future identity of the character. Nevertheless, his first teenage trend will be glam, brushed hair and platform boots in SoCal, his heroes are New York Dolls. He's already in his mental bunker when during the school year-end project, while his classmates are building tables or shelfs, Boydy brings huge planks in class to make the Jesus cross.

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Etrange Festival



Boyd Rice joue Dementia
L'Etrange Festival, Paris – 07/09/2011

Coucou tu veux voir mon Dwid ? A 25 euros le ciné-concert, on peut avoir un doute sur la réponse. Néanmoins, surprise de la soirée, Boyd, en uniforme, performera Dementia avec le toujours plus gros Dwid Hellion. Les affichettes collées au mur menant à la salle donne le ton : moyennant les 38 euros demandés par les éditions Camion Blanc, une chance est donnée d'approcher le Boyd pour une séance de dédicace d'un livre alimentant régulièrement les rayons occasion d'une grande librairie jeunesse française. La contre culture en 2011...
Autre info essentielle, la clim du forum des images a pété dans la journée...les jeunes gothiques et leurs appareillages vestimentaires se sentent visées, Ovidie aussi. Le début de soirée, largement improvisé, est une démonstration d'instruments en bois équitable et ferraille inqualifiable, Dwid étant incapable de nommer l'espèce de cage à oiseaux lui servant de harpe. Boyd enclenche une boucle de voix et la toile tombe. Super. Les deux zouaves passeront l'intégralité du concert derrière l'écran car jouer live « c'est pas très sexy ».
2 mois de travail pour ça... Des boucles interminables, souvent sans lien avec la nature des images et le rythme du récit, une interprétation très premier degré de l'atmosphère du film (pas de place au burlesque).... Ex-Drummer pour 8 euros, ça devait avoir plus de gueules (Arno 1, Boyd 0). Le plus triste est qu'il y a peu de chance que Douglas P. remonte le niveau lors de sa prochaine venue en Europe (le mois prochain).

Hello you want to see my Dwid? 25 euros a movie/show, one can doubt about the answer. However, the evening surprise, Boyd, dressed in uniform, will perform Dementia with the bigger and bigger Dwid Hellion. The wall posters leading to the room set the tone: for the 38 euros charged by Camion Blanc Editions, you have a chance to approach the Boyd for a book signing of a work regularly feeding the second-hand section of a large French Youth bookstore. Counter-culture in 2011...
Other important information, the Forum des Images AC broke down few hours before... young gothics and their clothing equipment feel marked, Ovidie too. The early evening, largely improvised, is a demonstration of instruments made ​​of fairtrade wood and unspeakable scrap metal, Dwid being unable to name the sort of bird cage serving as his harp. Boyd engages a loop of voice and the set falls. Brilliant... The two zouaves will spend the entire concert behind the screen because playing live "it's not very sexy."
2 months of work for this... Endless loops, often unrelated to the nature of the images and the rhythm of the story, a very literraly interpretation of the atmosphere of the film (no room for burlesque )... Ex-Drummer for 8 euros, must have got more nuts than that (Arno 1, Boyd 0). The sad of it all is that there is only a little chance that Douglas P. level up with his next Europe tour (next month).


иicolas de Hartzine.

PEARLS BEFORE SWINE (1999)



Richard Wolstencroft est un réalisateur australien de mauvais films d'horreur. Fatigué du cinéma consensuel made in Hollywood, il décide de réaliser un film en adéquation avec ses auteurs préférés (Ellis, Sade, Céline, Heidegger, Bataille, Mishima, Nietzsche). Un mélange controversé de sexe, de violence et de fascisme transcendantal. Qui aurait pu mieux incarner le personnage principal de ce film que son idole d'alors, Boyd Rice, leader de NON. Je vous arrête tout de suite, tout est raté. Trop présomptueux pour être efficace, tout se transforme en parodie. Il y a rarement violence et encore moins choquance comme il est décrit partout sur la jaquette, mais un cafouillage d'idées et de plans sous forme de patchwork anti-pop. Piètre acteurs, monologues pédants et scénario flou: un tueur à gage adepte du S/M et fasciné par le nazisme doit éliminer un écrivain controversé, qui se révèle être lui-même (?!). Le petit budget n'est pas une excuse pour faire des choses pareils. Il y a des intentions louables, mais dans ces cas là, autant écrire un livre sur la mort du VRAI art... Bref, ça pose à fond (voir photos du tournage), et ça permet à Douglas Pearce (Death in June) de faire son unique apparition au cinéma, en receleur de revues érotiques !

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CARNETS NOIRS Acte I



Voici un ouvrage épais et sombre, aux allures de manuel de magie noire, sous-titré "Musiques, attitudes, cultures gothiques, électroniques et industrielles". Les 2 premiers volumes (écrits collectivement et édités par E/DITE & K-INITE) sont sortis début 2006 et abordent la scène musicale froide internationale pour le vol.1 (250 pages), et exclusivement francophone pour le vol.2 (350 pages). Un 3ème volume destiné au rapport de ces scènes à la littérature et au cinéma est sensé sortir prochainement.

Le bouquin a pour vocation de présenter un panorama large (avalanche d'étiquettes mais sans trop rentrer dans les détails) des musiques goth, electro et indus. Il se présente comme une discographie romancée avec des anecdotes ici et là et quelques photos de qualité. L'époque couverte s'étale de la fin des années 70 au début des années 2000. On assiste donc à un survol de la naissance de ces musiques dites froides et à leurs mutations à travers 4 décennies. C'est relativement complet, pas pédant, ça concerne donc autant les connaisseurs que les découvreurs. Je me contenterai de résumer brièvement les 14 chapitres, regroupés, dans le vol.I, par famille musicale.






POST-PUNK
Les balbutiements de la New Wave. La naissance du genre Gothique.

1977. La carrière éclectique de WIRE commence, les précurseurs anglais. On passe brièvement sur le minimalisme de SUICIDE, et tant mieux. Puis la musique rock plus noire des STRANGLERS et les débuts fulgurants de THE FALL. C'est l'heure où le règne de JOY DIVISION débute. L'heure aussi où les filles se la donnent, LENE LOVICH, NINA HAGEN et MALARIA! en Allemagne. C'est l'ébullition. ULTRAVOX découvre l'électronique et John Lydon monte PUBLIC IMAGE LIMITED après la mort des SEX PISTOLS. Même succès pour le groupe MAGAZINE monté par un ex-BUZZCOCKS.

L'Australie représente aussi avec THE BIRTHDAY PARTY, le premier groupe de NICK CAVE, ou les HUNTERS & COLLECTORS. C'est déjà le début des années 80 et la magie est partout. Les mélodies de NEW MODEL ARMY, KILLING JOKE, ECHO & THE BUNNYMEN et THE CURE donnent ses lettres de noblesse à l'après-punk, créant une déferlante froide sur le monde, le rock ne sera plus jamais comme avant.






COLD-WAVE
Les musiques froides et intellectuelles des années 80.

Terme exclusivement français et musique essentiellement anglaise (JOY DIVISION, THE CURE), le style se développe surtout en Angleterre et en France pour rompre avec la commercialisation du punk et de la new wave. Les pionniers raffinés s'appellent THE CHAMELEONS, SAD LOVERS & GIANTS ou AND ALSO THE TREES.

Des groupes ont cependant obtenu un certain succès comme THE OPPOSITION ou à l'inverse se sont enfermés dans une sophistication extrême tels IN THE NURSERY ou THE DURUTTI COLUMN. Les labels y sont déterminants. 4AD par exemple, qui popularisera un son, avec COCTEAU TWINS, l'excellent hollandais de CLAN OF XYMOX, les débuts de MODERN ENGLISH et plus tard la découverte de COLOURBOX, des PIXIES ou de WOLFGANG PRESS.

L'autre tête pensante du style est FACTORY. La maison de JOY DIVISION/NEW ORDER évidemment, mais aussi celle des excellents SECTION 25 ou de THE WAKE et THE NAMES. En France, c'est le label DIVINE qui domine. Outre les joyaux français que sont TANIT et COMPLOT BRONSWICK (dont je parlerais plus tard), ils produisent le terrible groupe belge MINIMAL COMPACT, les hollandais de MECANO ou les américains de TUXEDOMOON. C'est la fin des années 80, d'un style et d'une époque que tenteront vainement de sauver les CRANES.






BATCAVE
Théâtralité, exubérance et expérimentation.

1982. The Batcave ouvre ses portes à Londres. Crée par le chanteur de THE SPECIMEN, le club organise des soirées à sensation avec des danseuses en cage ou le rock fou, horrifique, théâtrale et sexuel de ses potes (AUSGANG, ALIEN SEX FIEND, DANIELLE DAX) séduit les gothiques allumés. Influencé par les CRAMPS, ALIEN SEX FIEND puis SEX GANG CHILDREN deviennent les noms clés du genre, maintenant dénommé Batcave. Plus gothiques, sombres et torturés naitront des groupes marquant pouvant se rapprocher de ce courant expérimental. Ils se nomment VIRGIN PRUNES, THEATRE OF HATE et bien sûr BAUHAUS.






NEW WAVE, TECHNO POP ET NÉO-ROMANTIQUES
Manifeste électronique, rétro-futurisme et musique populaire pervertie.

Dès la fin des années 70, quelques dandys décident de pousser le son analogique et de créer la bande son la plus proche de l'époque déhumanisée dans laquelle ils vivent. Leur père s'appelle GARY NUMAN, leurs oncles THE HUMAN LEAGUE. ANNE CLARK incarnera elle, le néo-romantisme féminin, tandis que VISAGE génèrera toute la scène "new wave" des dancing des années 80. Il suffit parfois d'un single pour rentrer dans la légende, c'est le cas de THE NORMAL, créé par Daniel Miller, le fondateur de MUTE Records, rien qu'ça.

Ce minimalisme élégant et glacial (classifié synth-pop) lancera une quantité infinie de groupes dont on retiendra forcément DEPECHE MODE, SOFT CELL, ORCHESTRAL MANOEUVRES IN THE DARK mais aussi le très bon FAD GADGET. NEW ORDER est un cas à part, ils installeront au fil des albums leur concept house music dans une scène new wave anglaise pas prête pour ça. Les cours boursiers retiendront le synthétique EURYTHMICS et les très pop SIMPLE MINDS, TEARS FOR FEARS ou TALK TALK.






LES SCÈNES GOTHIQUES ET POST-PUNK AUX ÉTATS-UNIS
An american way of death.

Outre-Atlantique, c'est DEVO, leur rock futuriste et leur humour froid et grinçant qui ouvrent la voie. Mais les américains sont plus forts dans l'horreur. THE MISFITS et THE CRAMPS naviguent à la même époque, hardcore-punk pour l'un, garage-punk pour l'autre, un point commun, la folie. Les DEAD KENNEDYS issus eux aussi du punk marqueront par leurs futures expérimentations et leur caustique contestation. Puis on se demande ce que le groupe de space-rock CHROME vient faire là-dedans (?). PERE UBU de Cleveland fera la renommée d'un style jazz-punk pimenté tandis que les EXECUTIVE SLACKS préfigureront l'electro-industriel du nouveau continent.

Les divas du mouvement s'appellent DIAMANDA GALAS et LYDIA LUNCH. Mais le groupe le plus à l'image de ce qui se passe en Angleterre s'appelle CHRISTIAN DEATH et émerge de la fleurissante scène death-rock de Los Angeles (45 GRAVE, SPEED QUEENS, SUPERHEROINES). Début fulgurant et longue carrière extravagante suivi de projets solos (MEPHISTO WALZ, GITANE DEMONE). C'est les années 90 et le gothisme revient en force. FAITH & THE MUSE, KOMMUNITY FK, SHOCK THERAPY, RED TEMPLES SPIRITS, LONDON AFTER MIDNIGHT sont les nouveaux espoirs du genre.






MUSIQUE INDUSTRIELLE
Du bruitisme des origines à la fusion électronique, histoire de la musique urbaine.

Il faut aller piocher dans le rock psyché de la fin des années 60 et surtout dans l'épopée Krautrock pour définir le terme industriel. Avant-garde, musique nouvelle, free-jazz. C'est le bouillon de culture en Allemagne avec des groupes de hippies cosmiques comme AMON DÜÜL, FAUST, BRAINTICKET ou les grandioses TANGERINE DREAM et KRAFTWERK. La seconde partie des 70's fournit le minimalisme décadent qui sera la marque de fabrique du genre, HENRY COW, CHARLEMAGNE PALESTINE et les célèbres RESIDENTS.

Le premier artiste industriel à proprement parlé est THROBBING GRISTLE. D'abord sous le blaze COUM (Cosmic Organisation of the Universal Molecular), le quatuor se forme en 1975, date à laquelle ils décident de rompre avec l'image négligée des hippies pour se couper les cheveux et revêtir des tenues militaires, tout le monde les imitera par la suite. Le groupe est dissout en 1982 à cause d'une histoire de fesse entre CHRIS & COSEY. Ces deux là ont sorti leur 1er disque un an plutôt, et continueront dans une mouvance electro pas toujours réussie. Genesis P. Orridge se retrouve seul et fonde le culte PSYCHIC TV, qui fournira de nombreux albums malsains avant de sombrer dans l'acid-house.

Un autre groupe de renom, COIL, se forme en 1984 avec encore un ex-THROBBING GRISTLE (ainsi que 2 individus de FOETUS et VIRGIN PRUNES). CV en béton et musique plus calme et mélodieuse. TG sont aussi à l'initiative du label INDUSTRIAL Records créé en 1976, inutile de préciser la portée du nom. Le label découvrira le projet SPK ainsi que 2 piliers du style électronique made in Sheffield, CLOCK DVA et CABARET VOLTAIRE. Le début des années 80 voit fleurir d'autres obscurs et dérangeants groupes comme WHITEHOUSE, CONTROLLED BLEEDING, NOCTURNAL EMISSIONS ou les mythiques NURSE WITH WOUND.

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La musique industrielle se répand mécaniquement partout. ZOVIET* FRANCE chez nous, MERZBOW et THE GEROGERIGEGEGE au Japon, ESPLENDOR GEOMETRICO en Espagne, LEGENDARY PINK DOTS en Hollande, les SWANS à New-York, mais surtout EINSTÜRZENDE NEUBAUTEN en Allemagne, qui se présente comme le plus fidèle rejeton de THROBBING GRISTLE et dont la longévité est exemplaire.

Parallèlement, des actes plus extrémistes et provocants font leur apparition. C'est le cas de NON, le projet de Boyd Rice, fasciné par l'art de la propagande et le IIIème reich. TEST DEPT. chez les britons encore, traine aussi une sombre réputation infondée derrière lui. La plus grosse réussite de cette mouvance vient de Slovénie : LAIBACH, ou comment atteindre le succès par la provocation.

Le chapitre se clôt sur le "dark-ambient" industriel des années 80 dans lequel se sont illustrés LUSTMORD, BRIGTHER DEATH NOW, SLEEP CHAMBER et SLEEPING DOGS WAKE. L'industriel pur et dur devient malheureusement soluble dans les années 90. Il se noie la plupart du temps dans l'électronique ou le metal. Excepté E.A.R. (Experimental Audio Research) suivi de BLACK LUNG et son electronica bruitiste. On arrive déjà sur le territoire des APHEX TWIN et AUTECHRE mais ça c'est une autre histoire...






GOTHIC-ROCK
De l'underground au sommet des charts.

Les styles évoqués vont se faire de plus en plus pointus et précis. Les termes sépulcral ou crépusculaire vont apparaître dans le débat. Écho, mysticisme et fantasmagorie caractérisent cette musique popularisée par SIOUXISE & THE BANSHEES, LE groupe créé en 1976. Dans une lignée plus post-punk et confidentielle se forment GENE LOVES JEZEBEL à Londres, et le célèbre THE CULT en 1981, qui finira par faire du hard-rock.

Dans un style nettement plus sombre, on notera aussi THE DANSE SOCIETY et THE MARCH VIOLETS, sans oublier l'Allemagne et X-MAL DEUTSCHLAND. Les ténèbres vont se faire plus oppressantes au fil des années 80. Les grands SISTERS OF MERCY vont enfin sortir leur premier album pour ensuite laisser leurs fans à THE MISSION, ALL ABOUT EVE et aux brutaux FIELDS OF THE NEPHILIM dans la seconde partie des 80's.






ELECTRONIC BODY MUSIC
Le bruit qui danse.

Elle aurait aussi pu s'appeler European Body Music car pour une fois, cette musique prend sa source en Allemagne et en Belgique, et non en Angleterre. Racines punk améliorées, électronisme binaire, agressivité sonore, puissance physique, rythmes martiaux, imagerie paramilitaire, textes provocants... C'est D.A.F. (Deutsche Amerikanische Freundschaft) de Düsseldorf qui lance la voie à la fin des 70's.

Après des expérimentations sonores dignes du Krautrock, l'album "Alles ist gut" (1980) créé le standard. En Belgique, c'est FRONT 242 formé l'année suivante, qui créé l'appellation et pousse le style à l'extrême, plus performant que jamais. Les débuts de leurs compatriotes THE NEON JUDGEMENT (1980-1984) seront aussi pionniers dans la musique électronique industrielle avant que le groupe se tourne vers un son plus rock.



La réponse anglaise ne se fait pas attendre, NITZER EBB nait en 1982. De nouveaux thèmes s'ajoutent au style naissant, culte du corps et musique de plus en plus physique et autoritaire. Malheureusement, après l'incroyable "Join in the chant", le groupe va sombrer dans la danse music facile. En 1982 aussi, se créé SKINNY PUPPY au Canada. Ils se démarqueront par leur allure batcave et délurée comparée au look strict des autres pionniers de l'EBM. Un autre grand nom du genre nait aussi au Canada en 1985, FRONT LINE ASSEMBLY. Un côté gothique plus marqué que les européens sur une musique électronique puissante. N'oublions pas non plus NUMB et PSYCHE (qui n'est pas cité dans le livre).

Dans la seconde partie des 80's, la Belgique reprend d'assaut l'activisme EBM avec de futurs classiques. VOMITO NEGRO, KLINIK et A SPLIT SECOND perpétuent le travail effectué par FRONT 242 et par les mystérieux à;GRUMH. THE CASSANDRA COMPLEX, fondé en 1980 à Leeds, est un peu à part, mélangeant EBM, gothic-rock et plus tard metal-indus. La fin des années 80 verra la Suède se réveiller (POUPPEE FABRIK, CAT RAPES DOG) et l'arrivée du sulfureux groupe américano-anglo-belge MUSSOLINI HEADKICK avant que l'EBM mute vers d'autres sphères.






METAL-INDUS
Violence, provocation et mélange des genres.

Mélange de grosses guitares et de sons électroniques, cette mouvance va principalement se développer aux USA à la fin des années 80 et au fil des années 90. Mais le parrain du metal industriel est bien plus vieux que ça et se prénomme FOETUS. Musicien australien migrant de Londres à NY, de 1980 aux 90's, il créa un bouillon de sous-culture entre jazz, rock, metal et bruit expérimental.

Le groupe culte de cette veine est bien sûr MINISTRY (WHITE ZOMBIE changera son rock sale en metal plus tard), qui après des débuts synth-pop mignons et un passage EBM sortit l'album déterminant : "The land of rape and honey" en 1988. Dès lors la brèche est ouverte pour NINE INCH NAILS, RAMMSTEIN et MARILYN MANSON qui créeront l'entertainment rebelle de cette décennie maudite.

En Europe, ce sont les YOUNG GODS et les SWAMP TERRORISTS qui remuent la Suisse. Mais les plus important sont encore allemands, véritables précurseurs de ce son dès le début des années 80, ils se nomment DIE KRUPPS et KMDFM. L'electro-metal n'est alors plus un concept, et OOMPH! en profite dès 1989. L'Angleterre livrera elle un ovni (une fois de plus), répondant au doux nom de GODFLESH et son rock diabolique et digital. Suivront PITCH SHIFTER dans la continuité, et CUBANATE en 1992 poussant le vice jusqu'à la techno-metal. Fous ces anglais.






DARK-FOLK
Des antiques brumes païennes au renouveau urbain des traditions.

Musique glaciale et mélancolique, nourrie de symboles forts, à mi-chemin entre traditionnel et industriel. Mort, guerre, ésotérisme et histoire européenne sont les 4 murs qui renferment cette chambre froide. LE groupe néo-folk incontournable est créé en 1980 par Douglas Pearce et se nomme DEATH IN JUNE. 30 ans de disques mortuaires à son actif, je dis chapeau pointu. Ce chapitre nous apprend l'appartenance de beaucoup de membres de ces groupes à d'occultes sectes, on baigne dans la magie noire et la confusion parfois. C'est le cas de David Tibet, membre du TOPY (Temple Of Psychic Youth) qui fonde CURRENT 93 en 1983, toujours en Angleterre. Les disques inquiétants de C93 seront suivis de prêt par ZERO KARMA.



En Italie, les pionniers cagoulés et leur délicieuse chanteuse s'appellent KIRLIAN CAMERA. Ils navigueront dans tous les styles froids et préfigureront la scène électronique de la botte. Patrick Leagas qui a quitté DIJ refait surface avec le plus musclé SIXTH COMM en 1987. Ian Read lui, membre de l'IOT (Illuminates Of Thanateros) et de la Rune Guild sort son premier disque sous le nom de SOL INVICTUS en 1992. Quand ils ne sont pas influencé par Burroughs ou Baudelaire, ces illuminés composant leurs albums dans des caves le sont par Nietzsche ou Tzara. C'est le cas de COUP DE GRÂCE, projet industriel américain actif de 1984 à 1989 qui se transformera ensuite en BLOOD AXIS.

On navigue vraiment dans un univers ambigu et inquiétant. Les protagonistes semblent déconnectés du monde et vivre dans d'autres époques, dans d'autres sphères, peut-être même de l'autre côté. Leurs discographies ont l'avantage d'être très fournies et s'ils sont toujours actifs dans les années 90, la décennie voit de nouveaux couteaux arriver. ELIJAH'S MANTLE en Angleterre, THE MOON LAY HIDDEN BENEATH A CLOUD en Autriche qui se transformera en DER BLUTARSCH, ATARAXIA en Italie ou encore ORDO EQUILIBRIO et AGHAST en Suède.






DARK-WAVE
À l'Est, enfuin du nouveau !

À l'image de la new wave, la vague sombre déferle en Allemagne à la fin des années 80 et englobe tout un tas de groupes désireux de participer au renouveau gothique alors en chute libre. Mélange d'organique et d'électronique, GIRLS UNDER GLASS est le détonateur de cette scène dès 1986. Enchainent alors dans un style plus gothic-rock influencé par les groupes britanniques LOVE LIKE BLOOD et THE BREATH OF LIFE. Le duo DAS ICH créé en 1989 marquera par sa grandiloquence et son electro-indus percutant en parallèle avec GOETHES ERBEN.

Les années 90 sont le terrain de jeu de PROJECT PITCHFORK, relançant la machine EBM dans l'Allemagne aux côtés de THE ETERNAL AFFLICT et surtout de CALVA Y NADA. L'énigmatique androgyne de SOPOR AETERNUS s'occupera de redorer le blason batcave. THE MERLONS OF NEHEMIAH perpétueront le gothic-rock l'agrémentant de mélodies médiévales et celtiques. Tandis que les fanatiques de GARDEN OF DELIGHT se donneront 7 ans pour sortir 7 albums de 7 chansons! Citons aussi pour finir DEINE LAKAEIN et LACRIMOSA, 2 groupes inclassables estampillés dark-wave.






HEAVENLY VOICES
Le chant des sirènes venu du vaisseau fantôme.

Terme inventé tardivement pour désigner une musique gothique sombre et douce, riche en influences, et exclusivement dominée par une voix féminine lyrique. Pas fanatique de fantaisie héroïque, une grande partie du chapitre ne m'a pas vraiment emballé. Les pionniers dans cette histoire sont les très bons groupes du label 4AD constitués à l'orée des années 80 : DEAD CAN DANCE, le projet THIS MORTAL COIL et les excellents COCTEAU TWINS. Dans la seconde partie des 80's, c'est au tour du label américain PROJEKT de produire ce style, notamment avec les groupes BLACK TAPE FOR A BLUE GIRL et LYCIA. ATTRITION, formé à Coventry en 1980, est un cas à part, mixant EBM, pop et néoclassicisme, et auteur de nombreux albums pendant 20 ans.

A la fin des 80's et au début des années 90, les USA accoucheront d'autres groupes originaux et marquants tels que AREA, LOVE SPIRALS DOWNWARDS, THE SOIL BLEEDS BLACK, LIFE GARDEN ou AUTUMN TEARS. En Allemagne ce sera LOVE IS COLDER THAN DEATH, en Angleterre MIRANDA SEX GARDEN, ou BEL CANTO en Norvège. Au Japon, c'est JACK OR JIVE qui fera onduler les mélodies tandis que la Suède siestera au son d'ARCANA. Froideur, finesse et renaissance au rendez-vous. Le 3ème label important de ces deux décades est HYPERIUM. Il publiera les disques de STOA, ANCHORAGE et CHANDEEN, dignes représentants de l'heavenly Allemagne, ainsi que de nombreux classiques du genre gothique.






METAL-GOTHIQUE
...et le métal devint romantique.

Héritier des contes sombres des 80's signés BATHORY, CANDLEMASS, CELTIC FROST, VENOM, et des prémisses du doom (TROUBLE, SAINT VITUS), le mariage du gothique et du metal arrive à la traine. Le début des années 90 voit naître des hybrides étranges, principalement en Angleterre avec PARADISE LOST, MY DYING BRIDE et ANATHEMA, en Allemagne aussi avec CREMATORY, mais surtout avec TYPE O NEGATIVE de Brooklyn, qui donnera sa renommée au style, rajoutant de l'humour et de la provocation, qui manquaient cruellement à cet univers figé.

D'autres nations vont s'y mettre, lorgnant vers le gothic-rock (MOONSPELL, Portugal), vers le black metal (TIAMAT, Suède) ou vers un style nettement plus brutal (SAMAEL, Suisse). On est au milieu des années 90 et les douteux mélanges mixtes de type metal FM vont débarquer, THEATRE OF TRAGEDY en Norvège, THE GATHERING en Hollande, CRADLE OF FILTH au Royaune-Uni ou LACUNA COIL en Italie. C'est fini.






ELECTRO-DARK/ELECTRO-POP/TECHNO-INDUS
Retours vers le futur

Le 14ème et dernier chapitre fait en quelque sorte le bilan des vestiges EBM qui tiennent encore aujourd'hui. Pas forcément calqué sur le modèle belge, tout ce qui est sombre, électronique et industriel à la fois est abordé dans ces pages. On commence donc avec SUICIDE COMMANDO de Belgique et LEAETHER STRIP du Danemark, qui ne veulent pas oublier KLINIK et FRONT LINE ASSEMBLY. L'allemand :WUMPSCUT: lui, perpétue l'esprit LEAETHER STRIP et son electro-dark malfaisante, et ainsi de suite. Aux USA, c'est VELVET ACID CHRIST qui mène la barque, fiston caché de SKINNY PUPPY.

Formés à la fin des années 80, sont aussi cités, l'ambient industriel allemand de HAUJOBB et l'EBM-pop belge de AND ONE. L'electro-pop revient elle aussi en force dans les 90's. En Germanie avec WOLFSHEIM et DE/VISION, ou dans le Nord avec APOPTYGMA BERZERK. Le virage techno est assuré par le trio suédois COVENANT et les anglais de VNV NATION. La techno industrielle est née, et représentée par le label ANT-ZEN! en Allemagne. La conclusion est laissée à l'extrêmiste harsh-noise et autres dérivés techno-chaotiques qui m'insupportent complètement. Je m'arrêterai donc là.


La chronique de l'acte II arrive. Refroidissez-vous tranquillement en attendant.


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