Par Patron,
dimanche 9 décembre 2012 à 15:01 ::FILMS NOUVEAUX
Le gang des lyonnais est devenu instoppable. Depuis l'arrêt de leur magazine Gasface en 2008 (je ne comprends d'ailleurs plus l'agencement de votre site les gars), Nico et Groswift sont partis conquérir l'Amérique façon Charles Aznavour. Ça a commencé par les programmes courts en 6 épisodes baptisés "New York Minute" dans lesquels ils exploraient plusieurs facettes de la Grosse Ville, toujours agrémentées de rencontres improbables. Arte les a poussé au derrière. Dernièrement, ces "deux enculés de blancs" sont revenus avec "Think B.I.G.", plus axé sur certains personnages qui ont évolué au sein du hip hop pour en faire autre chose que des raps où ils parleraient de "grosse quéquette".
Gasface sait partenarier, et en lien étroit avec Dailymotion ils nous proposent maintenant Lookin4Galt, un documentaire DIY à 4 bras tourné comme un road-movie. Pendant 52 minutes, 2 français dans NY tentent de retrouver Galt MacDermot, ce compositeur canadien auteur de la bande originale de Hair (1967) mais aussi et surtout de centaines de pistes de classique, jazz, funk précurseur, que tous les producteurs érudits des années 90 (Buckwild, K-Def, Pete Rock, etc) ont samplé pour en faire des tubes rap. On retrouve la french touch de Gasface dans les sous-titres ou dans quelques passages cruciaux comme la scène de "Baisodrome" sortie de nulle part. Malgré ça, ils sont tellement amoureux de NYC qu'ils passent beaucoup de temps à filmer la baie, et l'eau, nourrissant d'intenses réflexions sur leur quête.
Le but étant de filmer tout le processus qui amène à l'entretien final, l'équipe réduite à 2 nous fait rencontrer des gens aussi divers que des rappeurs, passants, écrivains, gens de studios et même la mère Martine Barrat, qui doivent faire face au même dilemme: "Where is Galt?" Au milieu de l'aventure, on leur apprend qu'en fait, Galt est dans les pages blanches et qu'il habite une maison cossue de Staten Island. Lorsque que le vieux génie de 84 ans leur ouvre enfin sa porte en chêne massif, ça coupe. Ouais! Ils nous laissent sur notre faim mais évitent intelligemment à leur doc les écueils insupportables des documentaires musicaux aussi chiants que pédants car ils savent rester proche du trottoir, et ne s'attardent jamais longtemps sur chaque participant. Gasface réconcilie une fois de plus culture et divertissement.
Diffusion au Mama Shelter (Paris) le 9 décembre à 18h30.
Mise en ligne sur Dailymotion (Monde) le 21 décembre à 14h44.
Par Patron,
jeudi 11 octobre 2012 à 13:08 ::INTERVIEWS
COBRA jouera à Paris samedi, pour fêter le retour en France de KICKBACK. Ils seront tous deux accompagnés de YUSSUF JERUSALEM, une affiche à trois fourches, épicée, et marquée du sceau Fluoglacial. Vous pouvez d'ailleurs gagner 2 fois 1 place pour le concert en répondant à la question suivante :
Quel est le médicament préféré de Cobra ?
La première et ultime interview du groupe est disponible en cliquant sur le flyer ci-dessus (ou bien ici si vous souffrez des yeux).
Amitiés Aumistes.
Mise à jour du 12 octobre: Le concours est terminé, la réponse était:
Par Patron,
mercredi 3 octobre 2012 à 14:45 ::FILMS NOUVEAUX
Voyage au bout de la nuit avec les flics d'«ACAB»
Il est certain que ce film déplaira à tous les amateurs de manichéisme moralisateur de quelque sensibilité idéologique qu'ils soient. Car ce qui prévaut dans le brillant long métrage de Stefano Sollima c'est avant tout l'ambiguïté. Ambiguïté des personnages, ambiguïté des situations mises en scène, ambiguïté du message politique et social transmis aux spectateurs...
Par Patron,
vendredi 28 septembre 2012 à 15:01 ::FILMS 90's
"A medical student sets out to recreate his decapitated fiancée by building her a new body made of Manhattan street hookers."
Pour les non-anglicistes, un étudiant en médecine (plutôt un scientifique de maison cher au cinéma de seconde zone), assiste à la mort affreuse de sa meuf, tuée par une tondeuse. Son combat: reconstituer le corps de sa fiancée dont il n'a gardé que la tête. Cette parodie de "Re-Animator", "Weird Science" et "Frankenstein" aurait pu être une sombre merde si elle avait été réalisée par un mec mauvais. Mais l'auteur de cet horror show n'est autre que Frank Henenlotter, patron des classiques "Basket Case" et "Brain Damage", à l'ambiance urbaine crade, malfamée et aux effets spéciaux inexistants. Cette quête du corps parfait nous propose une des meilleures scènes du genre: Jeffrey Franken conçoit un crack surpuissant qui fait exploser les prostitués et lui permet de récupérer leurs membres. Réflexion profonde sur les dérives de la chirurgie esthétique et l'abus de drogues dures... non je déconne. Après avoir croisé Rutger Hauer en t-shirt Batman et couru les boulevards de Manhattan infestés de junkies, le finish dégueulasse livré par Stuart Gordon ("Society") clôture le film le plus désaxé de Franky, élu meilleur divertissement des années 1990. Même Bill Murray le dit.
Par Patron,
mercredi 19 septembre 2012 à 16:41 ::FILMS 80's
Quand ce film de John Sayles est sorti en France, il a été sous-titré "Le premier extra-terrestre noir et branché". Dur ! Et bien qu'étant nominé au festival du film d'humour de Chamrousse (Isère), le film est loin d'être un nanar comme on aurait pu l'imaginer. "Brother" est le 4ème film de John Sayles, devenu depuis une figure du cinéma indépendant américain en endossant plusieurs casquettes: acteur, écrivain (The Anarchists Convention, Pride of the Bimbos), scénariste (Piranhas, The Howling) mais surtout réalisateur, auteur de fresques sociales américaines comme Matewan (1987), l'excellent City of Hope (1991) ou le succès Lone Star (1996). John, réal décomplexé, mariage d'un physique massif et d'une mine patibulaire, réinvente le classicisme à sa façon et le commentaire critique qui va avec. "Brother" représente un peu le bilan de la première partie de sa carrière, jadis scénariste dans l'équipe de Roger Corman.
Par Patron,
lundi 21 mai 2012 à 15:04 ::FILMS 70's
Dans les années 70, fatigués par le "nouveau cinéma allemand" dominé par les Herzog, Wenders ou Fassbinder, des réalisateurs "à couilles" se mettent à produire des "kleine dreckige Filme", autrement dit des petits films crades. Plus social qu'artistique, SUPERMARKT de Roland Klick est la perle du courant. Willi, jeune de 18 ans en danger de vie, zone dans les rues de Hamburg. Il y rencontre un tas de gens différents. D'abord Frank, un journaliste qui le branche au commissariat avant qu'il ne se sauve, une des spécialités de Willi: la fuite. Frank est en crise existentielle et en quête d'authenticité journalistique, il veut se servir de Willi pour un reportage. Résultat: Willi va se barrer avec sa caisse. Il rencontre ensuite Monika, une pute des boulevards, qui fait un scandale sur la place publique. Monik a un enfant à charge, Vili se rend alors compte qu'il y a des gens qui galèrent encore plus que lui, et s'attache. Mauvaise idée.
Par Patron,
dimanche 29 avril 2012 à 14:58 ::FILMS 70's
Ce film de Jacques Baratier ne sort réellement qu'en 1976, après un passage télé en 1973. Tourné comme un faux-documentaire, il filme la banlieue en pleine mutation et plus précisément, les fameux choux fleurs de Créteil et la zone du Val de Marne. Un député-maire cynique veut vider les bidonvilles qui jonchent l'immense terrain vague pour construire la ville nouvelle, "la cité de verre". Un endroit que les futurs citoyens n'auront plus à quitter car il subviendra à chacun de leurs besoin. Une magouille entre l'élu, le propriétaire et un sociologue va tenter de donner de la raison aux expulsions. Relogées à 12 dans les HLM voisins, les familles sont en proie à la difficile promiscuité, au chômage, à l'alcoolisme... C'est ce gardien d'immeuble complètement désabusé (joué par Roland Dubillard) qui en parle le mieux.
Par Patron,
lundi 23 avril 2012 à 14:23 ::HARDCORE
Bri Hurley débarque à NYC en 1983, avant ses 21 ans, elle découvre alors la scène hardcore, et les sauvages qui la composent; ceux qui jonchent les trottoirs du CBGB tous les dimanches après-midis. Après un début timide dans la photo à San Francisco, elle passe à l'action et décide d'immortaliser ces tronches et ces tranches de vie, puis commence à traîner avec tous les groupes et futures légendes de l'époque. En 1989, elle sort un livre intitulé "MAKING A SCENE" qui regroupe des clichés et témoignages capturés entre 1985 et 1988, l'âge d'or de la scène hardcore New-Yorkaise. Le livre vite épuisé tombe dans l'oubli. L'année dernière, Chris Daily, de Butter Goose Press, décide de redonner une chance à ces photos en proposant une version actualisée et agrémentée du bouquin, il sort en octobre dernier. Préfacé par Freddy 'Créatine' Madball, l'ouvrage se refait une peau neuve. J'ai posé quelques questions à Bri, qui fait maintenant de la gym en Californie.
Bri Hurley arrived in NYC in 1983, before her 21st birthday, then she discovers the hardcore scene, and the wilderness around; littering the CBGB's sidewalks on sunday afternoons. After a shy start in photography back in San Francisco, she takes action and decides to immortalize these ugly faces and these slices of life, and begins to hang out with all bands and next legends of that time. In 1989, she released a book entitled "MAKING A SCENE" which includes photographs and stories captured between 1985 and 1988, the golden age of NYHC. The book sold out quickly and fell into oblivion. Last year, Chris Daily, from Butter Goose Press, decided to give back a chance to these pictures by offering an updated and embellished version, that came out last october. Foreworded by Freddy 'Creatine' Madball, the book is getting a makeover. I asked a few questions to Bri, now practing gym in California.
L'INTERVIEW EST À LIRE ICI (ET DANS LE N° V6N4 DE VICE)
Par Patron,
jeudi 15 décembre 2011 à 22:07 ::LECTURES
1990
" Les choses commencèrent à changer pour le 90° après que DJ Jay Ray ait découvert le hip-hop. Il commença à passer du Rakim, Dr Dre, et autres stars du rap pendant son set. Le hip-hop était tout juste en train de devenir populaire à Berlin, et il n'y avait pas de lieu spécifique où l'on pouvait en écouter. Même si quelques DJs étaient intéressés par les nouveaux rythmes, le fait que c'était un genre Américain orienté gangster attira principalement des groupes de Turcs, heureux d'entendre quelqu'un parler de ce qui les concernait, les préjugés et la colère. Le bouche-à-oreille se propagea rapidement que le 90° jouait cette musique et en quelques semaines la population du club changea complètement. Au lieu de plumes et de maquillage, des jeans baggy, des cheveux gras, et de lourdes chaînes en argent devinrent de rigueur. Des foules de Turcs se tenaient devant la petite entrée, zonant dans la rue et exhibant leurs muscles, menaçant les uns et les autres avec des regards, des insultes et des armes. Il y avait une cinquantaine de gangs différents à Berlin à cette époque, composés de Turcs, Croates, Russes, ou Arabes. La plupart d'entre eux trempaient dans des affaires de drogue et de crime, le plus souvent comme une réponse à leur mal de vivre dans un pays étranger. [...]
" Things started changing for the 90° after DJ Jay Ray discovered hip-hop. He began featuring Rakim, Dr Dre, and other popular rap stars during his set. Hip-hop was just becoming popular in Berlin, and there was no specific place where one could go hear it. Although quite a few DJs had become interested in the new rhythms, the fact that it was a gangster-oriented, American genre mainly attracted crowds of Turkish gangs, happy to have somebody speaking about issues of prejudice and anger. Word quickly spread that the 90° was playing this music and within weeks the club's crowd completely changed. Instead of feathers and make-up, baggy jeans, greasy hair, and heavy silver chains became de rigueur. Mobs of Turks stood in front of the small entrance, lounging in the street and showing off their muscles, threatening each other with stares, insults, and weapons. There were about fifty different gangs at the time in Berlin, made up of Turks, Croatians, Russians, or Arabs. Most of them dealt with drugs and crime, usually as an outlet for their discomfort and unease with having to live in a foreign country.
Par Patron,
vendredi 10 juin 2011 à 18:18 ::DOSSIERS
De l'autre côté de la ligne Maginot, le punk sortit du ventre de l'Allemagne par césarienne. Plus tardif que les précurseurs anglo-américains, plus corrosif que ses homologues français, les jeunes du Rhin ont surpris tout le monde dans les Ardennes ! Nous sommes en 1977, dans un pays où les terroristes d'ultra gauche (RAF et compagnie) font la pluie et le beau temps, et paradoxalement toujours baigné dans son passé nazi. Quand des gugusses comme Chrislo Haas, Gabi Delgado ou Tommi Stumpff vont débarquer pour foutre la merde, la swastika de Sid Vicious fera très pale figure ! La kultur alors enkylosée dans le marasme prog-rock est cadenassée par les petits profs hippies. Dans le climat politique tendu du rideau de fer, 3 villes vont s'embraser de 1977 à 1982: Dusseldorf, Hambourg et Berlin.
Très vite, une constante se retrouve dans chaque pôle: l'omniprésence de la violence. Les concerts sont des exutoires haineux autant pour les groupes que le public (le lancer de projectiles en deuxième sport national après la mannschaft), certains fascionistas n'hésitent pas à descendre dans le tas pour planter du gras. Tout le monde est ennemi: les popeux, les hippies, les teds (fortement représentés en Germania), les drogués, puis plus tard les vendus de la NDW (Neue Deutsche Welle). C'est soit l'argent, soit la rue. Pas de compromis. Du côté de Rodenkirchen, au Ratinger Hof ou à la Carsh-haus, c'est l'émeute continuelle teintée de sado-masochisme.
Sitôt la première vague des groupes punk rock anglicisés passée, les enfants qui se souviennent de France Gall chantant les louanges de l'ordinateur sur la Nr.3 accèdent enfin aux studios. La technique n'effraie pas ces nouveaux fauves qui hurlent leur amour du béton et de l'acier à travers l'énergie forte d'une musique qui n'hésite plus à utiliser les machines dans tous les sens possibles. L'impase punk-prolo-pub est transcendée. Leur weltanschauung n'exclue en aucun cas l'humour, noir, tueur pour certains. Les confrontations permanentes n'excluent pas non plus les fraulein qui sont à la tête de groupes de plus en plus nombreux. Des communautés intra-villes se forment, les influences ne sont pas musicales (pas de redite à l'english) mais se situent chez les surréalistes, dans l'activisme viennois (Otto Mühl) ou les écoles picturales (Neuen Wilden).
Des personnages clés animeront ce réseau triangulaire et lui donneront le maximum d'aufklarüng. Ils s'appellent Kippenberger à Berlin (peintre et boss du club So36), Alfred Hilsberg (fondateur de ZICKZACK, LE label du mouvement) à Hamburg, Kurt "Pyrolator" Dahlke (fondateur de L'AUTRE label, ATA TAK) à Dusseldorf, Muscha et Trini Trimpop (qui ont apporté la vidéo, et Toten Hausen), Franz Bielmeier et son RONDO, Peter Hein de Fehlfarben puis d'autres hommes de l'ombre comme Jaki Eldorado ou Peter Hein. Ils témoignent tous dans ce bouquin de Jürgen Teipel livré fin 2010, le plus puissant sorti de l'écurie ALLIA (consacré en grande partie à l'analyse du phénomène DAF). C'est parti. Verschwende deine jugend!
Par Patron,
vendredi 27 mai 2011 à 00:36 ::FILMS 80's
Ce documentaire télé-réalité de 30mn est bien dans l'esprit du classique Streetwise et des travaux de Penelope Spheeris. Nancy Kalow interviewe de jeunes adolescents désocialisés ayant trouvé refuge dans les anciens bâtiments de la Polytechnic high school, détruite en 1987. La cohabitation entre skins, punks, zulus, hippies, trendies et artistes de rue en tous genres passe bien à l'écran. Celle avec les flics et leurs chiens un peu moins. Présence du non-futur. Chaque teen n'est pas là pour la pose, après diverses expériences désastreuses, en famille, en établissement "adapté" ou ailleurs, abusés sexuels, drogués, voleurs, petits criminels suicidaires, le squat et son monde parallèle semble être leur dernière échappatoire. Rapper en buvant des 40oz, faire des graffitis, se faire des scarifications ou passer leur rage sadique sur des baigneurs font parti de leurs multiples occupations quotidiennes, afin de repousser la mort à plus tard. Viens zoner avec les fugueurs de SF.
Par Patron,
mercredi 20 avril 2011 à 19:14 ::LECTURES
"en vérité, ça ne bouge nulle part. les évènements de Prague ont refroidi la plupart de ceux qui avaient oublié la Hongrie. et pourtant ils continuent de se traîner dans les parcs avec le Che en effigie et les portraits de Castro pour conjurer le mauvais sort, et ils hurlent OOOOOOMMMMMMMOOOOOMMMMMM, lorsque William Burroughs, Jean Genet et Allen Ginsberg leur en donnent l'ordre. or ces écrivains sont finis, ils ont sombré dans la mollesse, la répétition, la nullité, ce sont désormais des femmelettes - pas des pédérastes des femmelettes-, et si j'étais flic, je prendrais mon pied à écrabouiller leur cervelle faisandée.
d'accord, j'accepte que l'on me pende pour ce blasphème, l'écrivain qui s'affiche dans la rue se fait sucer sa substantifique moelle par les imbéciles. il n'y a qu'une chose qui convienne à l'écrivain: la SOLITUDE devant sa machine à écrire. un écrivain qui descend dans la rue est un écrivain qui ne sait rien de la rue. j'ai fréquenté assez d'usines, de bordels, de prisons, de parcs et d'orateurs publics pour remplir la vie de cent hommes. descendre dans la rue quand on a un NOM, c'est choisir la facilité - ils ont tué Dylan Thomas et Brendan Behan avec leur AMOUR, leur whisky, leur idolâtrie et leurs vagins, et ils en ont presque massacré cinquante autres. QUAND VOUS LÂCHEZ VOTRE MACHINE A ÉCRIRE, VOUS LÂCHEZ VOTRE FUSIL AUTOMATIQUE, ET LES RATS RAPPLIQUENT AUSSITÔT."
Par Patron,
mardi 28 décembre 2010 à 15:13 ::FILMS ANCIENS
[Lino engagé contre le pignon fixe et pour le port du harrington/converse, 1959.]
1951: MIRACULO A MILANO - Vittorio de Sica : "Sole! Sole!"
Chef d'œuvre du Neorealismo. Après le dramatique voleur de bicyclette, De Sica passe au registre tragi-comique. Toto, un idiot né dans les choux, veut répandre l'amour dans un bidonville de la banlieue milanaise. Le nouveau messie des pauvres va faire enrager la police et les patrons qui veulent raser leur camp grâce un incroyable don. Drôle, Beau, et une fin surréaliste !
Par Patron,
mercredi 15 décembre 2010 à 00:05 ::LECTURES
ZONE 10 : La voyoucratie "Orlando est un voleur, un vrai. Un margino indigène. Tant mal que bien il en survit de son coup de pince. Chourave pas pour chouraver, pas pour se masturber un fantasme de lutte des classes ou quelque chose dans ce style. Tomberas pas. S'il tombe, pour délit d'existentialisme mon pote... Il est simplement pas né du même côté de la morale - c'est tout. Y griffe les larfeuils, Orlando, comme d'autres vendent des avocats à la sauvette dans le métro. Parce qu'il faut aller voir demain dès ce soir, la semaine prochaine si ça marche un peu, le mois suivant si c'est Byzance... Ca craint féroce, le professionnalisme voyoucratique. Orlando sait qu'il est un animal nuisible et qu'il n'existe pas de ligue pour protéger son espèce. C'est vrai qu'elle est pas en voie de disparition!"
Par Patron,
mercredi 8 septembre 2010 à 17:39 ::LECTURES
"Le scoutisme fut vite oublié, dépassé par la rapidité d'enchaînement des évènements. Je tourne les pages du magazine Paris Match, assis sur le canapé du salon. Dans le bouillon de l'actualité certains signes surnagent, flammes vives, comme des signaux d'urgence. La mort de James Dean, les concerts tumultueux d'Elvis, le phénomène social des "blousons noirs", chez nous, en France. Il y avait là une nourriture émotionnelle très forte, un amplificateur de sensations. Basculer ou ne pas basculer dans cette fosse aux serpents ?"
Années 50. Jean-Paul Bourre, alors adolescent dans la mystique commune d'Issoire en Auvergne, bascule pleinement dans la fosse aux serpents du rock'n'roll. Elvis De Lautréamont, Comte de Presley, la poésie rock s'enfourne dans les tripes du petit Jean-Paul qui rêve d'aventure et de westerns. En attendant la révolution, il rencontre les durs du bassin minier, commence à palper la carcasse des motocyclettes et puis celle des filles, avec un succès mesuré !
Vers 1995-1996, la chaîne M6 commence à diffuser tard dans la nuit, le jeudi en général, toutes sortes de clips alternatifs plus ou moins merdiques venus des USA. Pour les collégiens comme moi qui n'avaient pas MTV, ne soupçonnaient pas encore l'existence d'Internet et avaient un accès et des connaissances musicales limitées, ce fut l'ouverture de nouveaux horizons. Une aubaine d'avoir assisté sur une chaine de télé grand public à ce qu'on ignorait encore à l'époque, l'invasion du mainstream, le rêve américain et son pourrissement, qui tournaient à bloc sur nos VHS usagées. Entre dictature du fun et mouvance mauvais garçons, quinze ans plus tard, allume M6 à la même heure et observe l'alternative... Du milieu des années 90 à l'aube des années 2000, voici par quelles grandes phases le son électrique et rebelle des jeunes a évolué.
Par Patron,
mercredi 7 juillet 2010 à 14:26 ::LECTURES
28ème livre, concret comme cette couverture pure et sans bavure. Je ne présente pas NABE (alias Alain Zanini) ni son derniers bras d'honneur aux éditeurs. Vous l'avez déjà vu ici. Rentrons directement dans la substance de ce livre expérimental. L'HOMME QUI ARRÊTA D'ÉCRIRE ou comment résumer l'aventure de 5 années en une semaine (l'aventure est même dans l'achat du livre). De lundi à dimanche, une sorte de recréation façon Dante ou de loge en loge, on aimerait encore plus plonger tous ces adulateurs dans un fleuve de merde. La comparaison au génie italien n'est pas fortuite, Jean-Phi le fameux bloggeur, qui aiguillera Marc-Édouard dans la nouvelle vie mondaine des années 2000, prend comme pseudo sur la toile le blase de Virgile. À travers la géographie de Paris capitale, les 700 pages chaudes et fulgurantes nous font revivre l'histoire des années 2000, notre histoire, avec le panache de celui pour qui tout est fini, et pour qui tout recommence...
Par Patron,
lundi 31 mai 2010 à 00:50 ::FILMS 70's
Dédicace au blog "La Caverne des Introuvables" pour sa destruction de l'industrie cinématographique et sa mise à disposition de perles rares en version française ou sous-titrée. Des films tueurs dont j'ai ou je voulais parler, clique sur les titres pour les attraper et sur "ARTICLE" pour voir ce que j'en ai bavé.
Par Patron,
dimanche 25 avril 2010 à 02:48 ::PLAYLISTS
Pour clôturer la semaine ZONE 80, rien de tel qu'un rappel des morceaux les plus loubards de Bernard. Lavilliers, le mec qui reste debout dans le ghetto, n'a pas hésité non plus à utiliser les machines pour appuyer ses textes saignants. Ça c'est du rock'n'roll mon pote.
01 - C'est du rock'n'roll (1981)
02 - Les barbares (1981)
03 - Rock city (1980)
04 - Ringard pour le reggae (1979)
05 - Trafic (1980)
06 - Tout est permis, rien n'est possible (1984)
07 - La haine (1987)
Par Patron,
vendredi 23 avril 2010 à 02:09 ::PUNK/ROCK
A chaque fois que j'écoute 422337 j'ai des frissons, et pourtant j'avais pas 16 ans en 1979. Tout est tellement vrai et sauvage. Et bien dans ce 16 titres digipack intitulé As-tu déjà oublié ?, Taï-Luc a récup des bandes encore plus sauvages de LA SOURIS DÉGLINGUÉE. Enregistrées il y a exactement 30 ans. Avril 1980. Le muridé lysergique revient d'ailleurs sur la genèse du groupe et des morceaux, et sur l'ambiance électrique mondiale dans le généreux livret. "Totalement désarticulés par leur rage musicale, ils n'ont rien d'autre à proposer que leur existence, directement branchés sur vos neurones" ! Le rock suburbain personnifié, la pure bande-son de la zone avec des versions de leurs chansons historiques encore inédites.
D'autres versions étaient présentes sur ces albums : Aujourd'hui et demain, Beaucoup de libertés, Lyon 1984 ou Remix 2536, mais on s'en fout. C'est une jouissance de réentendre les premières moutures des Jeunes seigneurs, Jaurès-Stalingrad ou Rock'n'roll vengeance. Et de redécouvrir Pourquoi ? (l'hymne du lumpen-prolétariat), Que vont-ils devenir ? (Tous ces voyous refusés dans les boites qui rentraient au Palace par les toits !) ou encore le rare reggae Jeunes voleurs avec son texte bizarrement absent du booklet ! Pas de week-end sauvage sans LSD.
Par Patron,
vendredi 12 mars 2010 à 00:49 ::FILMS 70's
TOUGH GUYS (1974)
La rencontre improbable entre un réalisateur de seconde zone italien, Duccio Tessari, le meilleur acteur français du moment, Lino Ventura (en prêtre!), et les héros de la Blaxploitation américaine, Isaac Hayes et Fred Williamson ! Le décor : les bas-fonds de Chicago dans les 70's sonorisés par la sublime soul du Moïse Noir. Lino en vélo dans Chicago, Lino qui commande un Coca dans un bar funky avant de se la mettre à la sortie, Lino en slip dans la piaule d'Isaac pendant que celui-ci lui repasse son fute, Isaac qui montre à Lino comment cuire un œuf sur un fer à repasser, Lino qui se fait racoler sur le trottoir et qui racolle des baignes à tout va... Bref, toute la pulpe de ce film devenu introuvable est condensé dans la vidéo ci-dessus, STA-PREST le bouton !
Par Patron,
vendredi 22 janvier 2010 à 00:15 ::FILMS ANCIENS
Jean-Pierre Mocky, première ! 40 ans avant la Confession d'un Dragueur de Soral, Mocky s'astiquait déjà le chinois sur la drague de rue dans sa première et excellente réalisation. Jacques Charrier (LE TRICHEUR) est un fin limier qui déambule dans Paris en vieille décapotable. Son activité principale : le hameçonnage. Oh c'est pas des choses qui s'apprennent, on a ça dans l'sang ! Il rencontre Joseph (Charles Aznavour) un après-midi sur les quais, qui est un petit employé poisseux qui drague le samedi dans l'espoir de trouver la femme de sa vie. Vaincu d'avance. Mais Freddy le seigneur va le prendre avec lui durant une escapade nocturne dont il se souviendra. Quand on drague on réfléchit pas, on fonce !
Fiancée, amoureuse, libre ? Le ballet nocturne nous entraine de Saint Sulpice à Montmartre en passant par les galeries du Lido lors d'une incroyable séance où tous les coups sont permis. Une seule règle : éviter la facilité. Les femmes sublimes de l'époque s'enchainent. De la rue aux petits troquets jusque dans une réception de bourgeois décadents (LES COUSINS) où Freddy jouera du poing. Tout ça après avoir semé des suédoises saoules derrière le Sacré Cœur. Mocky le macho, déjà dans un style provocant, brutal et salement drôle, décortique la pratique, dans tous ses recoins, en faisant ressortir avant tout le monde le côté tragique, maladif et solitaire du prédateur. Une leçon !
Par Patron,
lundi 11 janvier 2010 à 00:02 ::DOSSIERS
SIDE STREET (1950) Anthony Mann
Il était une fois New York, la ville aux 365 meurtres par an... Cette intro me rappelle THE NAKED CITY de Jules Dassin. Mais là c'est Mann, qui attaque la tentation sans concession dans un noir urbain. Farley Granger est facteur et en faisant sa tournée, il entrevoit 2 billets de $100 dans le tiroir d'un avocat mafieux.. Le lendemain matin, il explose le casier avec la hache à incendie. C'est plus 200 mais $30 000 qu'il trouve !
Joe Norson sue à grosses goutes, le cas de conscience s'installe. Rapporter l'argent volé à des truands surveillés par les cognes ? Le garder et vivre toute sa vie dans la clandestinité ? Surtout qu'il attend un gamin et que sa femme panique (Cathy O'Donnell, le même couple que dans le tout aussi pessimiste THEY LIVE BY NIGHT de Nicholas Ray). Trahisons, cadavres, truands, cache-cache. La fatalité va décider pour lui et la descente s'achèvera dans une putain de course poursuite entre les gratte-ciels. CALL THE MEAT WAGON. Une valeur sûre.
Par Patron,
lundi 4 janvier 2010 à 00:08 ::DOSSIERS
1941. Le faucon maltais d'Humphrey Bogart va déployer ses ailes noires et créer un nouveau genre cinématographique pour la décennie à venir, influençant pour longtemps le grand écran. Nourri de littérature pulp, dans le prolongement des films de gangsters des années 30 et du réalisme français de Renoir ou Carné, on baptise ce courant hollywoodien d'un sobriquet français : FILM NOIR. Fritz Lang, Robert Siodmak, Billy Wilder, immigrés autrichiens et allemands, Howard Hawks, Orson Welles ou Alfred Hitchcock, vont tous contribuer à l'affirmation de ce style de métrage précis et cynique.
Royaume du mensonge, du parler dur et des intrigues complexes. Univers peuplé d'individus fatalistes, vicieux et corrompus, vêtus de longs impairs beiges. La rupture avec la romance et le mélodrame traditionnel est consumée. C'est une autre vision de l'après-guerre, décadente, perdue dans l'alcoolisme, l'adultère, le jeu et le crime. C'est aussi l'avènement de la femme fatale, vénale et machiavélique. Lauren Bacall, Veronica Lake, Rita Hayworth et Ava Gardner magnifieront ce rôle. Voici un passage en revue de 13 films marquants, réputés ou non, sortis dans la prolifique décennie 1945-1955.
Non à la demi-marche. En 20 ans de cinoche, Spike Lee le politiquement incorrect aura bien su mené sa barque. Malgré quelques coups de fringale, il a maintenu un niveau correct dans l'humour et les sujets qui font mal tout au long de la décennie 90, celle qui l'a sacré premier porte-parole de la noirance américaine. Cette sélection concerne 9 films aux héros 100% noirs (si tu en veux 12 de plus, clique clique là). Il y a les bons racistes et les mauvais racistes. En appelant un chat un chat, Spike Lee fait clairement partie de la première catégorie. Tout ce que sa communauté mange au long de sa filmographie l'appuie. Allez, vous me mettrez 40 hectares et une mule.
Par Patron,
mardi 28 juillet 2009 à 14:21 ::DOSSIERS
Emilio, c'est le fils aîné de la famille Sheen (Martin, Charlie), les irlando-espagnols qui ont donné leur vie au cinéma. Lui a gardé la consonance hispanique et la réputation de raté. Le jeune BG à la blondance arrogante n'avait pas vraiment la tronche de l'emploi au départ, si on ajoute en plus son rire de mouette en chaleur. Mais il se trouve que dans presque tous ses rôles, il incarne le mauvais mauvais garçon. Ado en crise, rocker, geek, punk, jock, loser, dealer, braqueur... Il aura tout fait et participé aux teen movies les plus marquant des 80's. C'est l'été et c'est le moment de remonter le temps.
Par Patron,
lundi 20 juillet 2009 à 00:38 ::FILMS 80's
Pédaler pour vivre et vivre pour pédaler ! Kevin Bacon, ancien smurfeur dans FOOTLOOSE est un trader au chômage. 20 ans d'avance. Pour reprendre pied avec la réalité, il s'engage dans une boîte de coursiers. Ascensions à 15%, virages serrés, duel chronométré, free style de folie, c'est la fête du vélo dans les rues de San Francisco. Jami Gertz est mouillée... avec un truand de la cité. La drogue circule sans papiers. Larry Fishburne finit face écrasé. Mais mate plutôt ces 3 vidéos et remballe tes BMX et tes pignons fixes. Hardcore cyclisme en plein dans les dents de Thierry Adam.