Fluoglacial - Tendances Négatives

Burn Voguing Burn !


LIVE... SUBURBIA: The Quest for Cool



Ce livre pourrait être celui de plein de kids, américains ou pas, passés du bi-cross agressif au skate, du heavy metal au hardcore, du punk au straight edge,... entassés dans des caisses pour bouger aux concerts, chillant devant des vidéos de skate, dans des chambres de potes, des parkings... un skate sous le bras, un seveninch sous l'autre... L'histoire de la quête du cool à travers la période bénie de l'adolescence. Une génération sacrifiée ? Au-delà d'un segment de marché en tous cas, une aventure unique et obligée. Ce livre est d'ailleurs l'occasion de nous poser la question: IS THERE LIFE AFTER YOUTH ?

This book could have been the journal of a lot of kids, American or not, went from aggressive BMX to skate, from heavy metal to hardcore, from punk to straight edge... packed in cars moving to shows, watching skate videotapes, chilling in mate's bedrooms, in parking lots... a skateboard under the arm, a 12" below the other... This is the story of the quest for cool through the blessed period of teenage. A lost generation? More than a market segment, an unique and unavoidable adventure. This book is also an opportunity to ask us the question: IS THERE LIFE AFTER YOUTH?


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PASSE TON BAC D'ABORD (1978)

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MASSACRE AT CENTRAL HIGH (1976)


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KES (1969)


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SURF PUNKS (1981)





DER FAN (1982)



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STORYTELLING (2001)


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THE CEMENT GARDEN (1993)



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THE WILD BOYS OF THE ROAD (1933)



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LONG ISLAND EXPRESSWAY (2001)


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CLASS OF 1999 (1990)


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SADOBABIES (1988)



Ce documentaire télé-réalité de 30mn est bien dans l'esprit du classique Streetwise et des travaux de Penelope Spheeris. Nancy Kalow interviewe de jeunes adolescents désocialisés ayant trouvé refuge dans les anciens bâtiments de la Polytechnic high school, détruite en 1987. La cohabitation entre skins, punks, zulus, hippies, trendies et artistes de rue en tous genres passe bien à l'écran. Celle avec les flics et leurs chiens un peu moins. Présence du non-futur. Chaque teen n'est pas là pour la pose, après diverses expériences désastreuses, en famille, en établissement "adapté" ou ailleurs, abusés sexuels, drogués, voleurs, petits criminels suicidaires, le squat et son monde parallèle semble être leur dernière échappatoire. Rapper en buvant des 40oz, faire des graffitis, se faire des scarifications ou passer leur rage sadique sur des baigneurs font parti de leurs multiples occupations quotidiennes, afin de repousser la mort à plus tard. Viens zoner avec les fugueurs de SF.



Runaways in San Francisco
PART 1
PART 2
PART 3

CATHOLIC BOYS (1985)


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School Suicide


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Teenage: The Creation of Youth

Dog Scum

Tuff Turf !

PIXOTE (1981)


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THE HOUSE OF THE DEVIL (2009)


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DETROIT ROCK CITY (1999)


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Bruno Dumont #1


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WELCOME TO THE DOLLHOUSE (1995)

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Si John Hughes avait perpétué son style dans les années 90, avec plus de cynisme et de cruauté, ça aurait donné ça. Un teen movie dans ta face. Dawn Wiener occupe la dure place de cadette dans une famille de 3 enfants. Missy la benjamine, chérie, et Mark, l'aîné, un nerd scientifique venant d'accéder à l'université qui tente une percée dans la musique façon Napoleon Dynamite. Si tu étais nostalgique de tes années collège, l'horreur adolescente t'est finement rappelée par Todd Solondz (bien meilleur réalisateur que Larry Clark).

"Chie, je veux te voir chier!" et le romantique Brendan Sexton III qui poursuit au bout du fil : "Demain à 3 heures, je te viole". Ce n'est pas avec son "club des gens spéciaux" que Dawn va sortir la tête de l'eau. Ni en tombant amoureuse de Steve Rodgers, le rebelle sans cause aux cheveux longs, qui chante dans le groupe de son frère en échange de cours en maths. Où trouver l'espoir ? Un délicieux film de vacances perdu dans le New Jersey, très rythmé et qui immortalise parfaitement toutes les manies adolescentes et l'improbable décennie 90.


36 FILMS POUR TOI

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Dédicace au blog "La Caverne des Introuvables" pour sa destruction de l'industrie cinématographique et sa mise à disposition de perles rares en version française ou sous-titrée. Des films tueurs dont j'ai ou je voulais parler, clique sur les titres pour les attraper et sur "ARTICLE" pour voir ce que j'en ai bavé.

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DEAD END DRIVE-IN (1986)

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Ah l'Australie. On dirait que le lycée Hartley et une décennie de soleil ont poussé quantité de jeunes fun à se rendre sur cette immense île. Je leur proposerais plutôt un aller simple pour le drive-in de l'enfer. Brian Trenchard-Smith est le spécialiste de l'Ozploitation. Traduction: réalisateur de films australiens de pauvre. Il est l'auteur du MAN FROM HONG-KONG mais surtout de STUNT ROCK sorti en 1978, hallucination mêlant hard rock, magie et cascades avec le groupe SORCERY ! Puis vient le mythique BMX BANDITS de 1983 où Nicole Kidman démontre tout son style en street bicross ! Tout ça pour arriver au point culminant de sa carrière, cette pièce apocalyptique à la croisée de MAD MAX et REPO MAN.



Crabs compte décaps' sa meuf au ciné. Il taxe la '56 Chevy de son frère mais ne prête pas attention au tarif à l'entrée, 10$ pour les adultes, 3,50$ pour les chômeurs. Il vient de se mettre lui même au trou. Tous les drive-in du pays ont été transformés en camp de concentration pour déviants et inactifs. Entre les rondes de flics véreux et tous les voyous de la zone, Crabs tape un flip. Surtout qu'on vient de lui chourave ses roues puis son moteur. Aïe. Après avoir gardé la tête haute face au gang raciste de Jeff, il ne lui reste qu'une idée en tête, fuir cette micro société dégénérée agglutinée entre les carcasses de bagnoles et le restau rapide. CLASS OF 1986. Le sci-film idéal avec ses punks grimaçant, son soleil toxique, son acier partout et ses multiples plans surréalistes. Non futur !



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LA BANDE DU REX (1980)



Elle n'avait qu'un seul nom, et son nom c'est la Zone, quan-and elle m'a dit je t'aime ! Semaine Zone 80 sur Fluoglacial avec pour débuter le festin, un film perdu de 1980, faute de n'avoir pu dénicher l'introuvable LA BRUNE ET MOI (si tu l'as tu m'intéresses). Incursion au cœur des vies de merde de jeunes loubards, fadas de rock, de moto et de flipper (l'archétype des jeunes rebelles américanisés fustigés par Clouscard dans son livre sorti l'année d'après). Le chef de la bande est joué par l'insupportable Jacques Higelin qui se la joue Jean-Claude Brialy du ghetto, et on prend cher avec la bande-son. Heureusement que STRYCHNINE, les punks bordelais y font une apparition. Lache-moi !



Higelin est projectionniste au Rex et veut monter un groupe pour y jouer. Il se connecte donc aux STRYCHNINE et les répètes pulsent. Pendant ce temps les autres branleurs font n'importe quoi. Ça déserte de l'armée, ça claque la porte de son taf, ça s'engueule avec ses parents, ça finit même par un braquo. Tout ce joyeux bordel se concentre dans un troquet de banlieue, La Javanaise, tenu par Nathalie Delon (milf force). Il y a aussi Roland Blanche en poivrot de service et Maurice Biraud en papa flic pour les tronches connues. Rayon féminin, Tina Aumont nous montre ses seins et la plastique de Charlotte Kid est fantastique, dommage, elle n'a rien fait d'autre. Finalement, le film est une pale parodie de LA RAGE AU POING et TERRAIN VAGUE, avec du rock en stock.



(Les photos du film sont ici)

BREAKING AWAY (1979)

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THE COOL WORLD (1963)



Premier ghetto movie ou quoi ? Quand tu regardes ce doc/fiction de Shirley Clarke, t'as l'impression qu'il n'y a rien eu de plus vrai dans le style depuis (des films rap de la fin des 70's au gangsta des 90's). Film Noir de Noirs, Harlem dans les 60's, la zone totale. L'héroïne circule dans les poches d'enfants à un chiffre et personne ne peut plus stopper l'hémorragie. On ne voit pas un keuf jusqu'à la fin. Deux bandes se disputent le quartier, les Royal Pythons, dont Duke fait partie, et les Wolves, un gang plus expérimenté qui possède l'écusson sur le blouson, que les Pythons s'évertuent à déchirer à chaque toltshokage. Priest est le modèle de Duke, un semi-caïd qui passe son temps avec une blanche au lit. Il accepte de fourguer une arme au jeune pour 50 billets. Alors qu'un Python s'est mortellement fait amoché par les Wolves, le compte à rebours commence, avoir le glock au plus vite, pour se venger au plus vite.



Le refuge des âme perdues est un appartement abandonné par le père d'un des petits voyous. C'est là que Luanne, la pute que ramène Blood le camé, se donne à chacun des gars, et chacun doit verser sa cotisation quand il y passe ! L'adolescente n'a jamais vu l'océan et quand elle apprend qu'on peut y aller en metro, ses yeux se mettent à briller. Duke l'y emmène un dimanche, après-midi mélancolie à Coney, une scène indispensable à tout film new-yorkais. Mais la loi des rues refait vite surface (contrairement à Luanne qui elle s'est barrée) lorsque le violent et fatidique face à face avec les Wolves éclate. Gyrophares et plaies béantes, l'heure n'est plus au smurf dans le goulag. La philosophie de la jungle urbaine en direct, ponctuée par la sublime B.O. jazz de Dizzy Gillespie, tout ça est graveleux, crasseux et somptueux comme jamais.

TERRAIN VAGUE (1960)

Bal tragique à Saint-Germain-Des-Prés



LES TRICHEURS (1958)

Les 2 films dont je vais parler ici sont un témoignage de la jeunesse de la fin des années 50. Le génie réaliste de Marcel Carné fait face à la Nouvelle Vague naissante. L'existentialisme a infecté la jeunesse qui ne se nourrit désormais que de faux semblants et d'une idéologie de façade, une norme jeune pour éviter la norme de leurs parents. Êtres supposés supérieurs et détachés de toute réalité, ils s'adonnent au même jeu que les Liaisons Dangereuses. Négation de l'amour, refus d'assumer sa propre personnalité, refus de travailler, libertinage... Cette nouvelle philosophie est le terreau du vice. Mais Carné impose un rempart à la déviance, nous sommes déjà idéologiquement dans les années 60 alors que le personnage central, Bob Letellier (Jacques Charrier), représente encore cette figure droite et carrée des 50's. Étudiant de la rive droite, il va pénétrer l'univers de la rive gauche, où tout semble permis.



D'abord moqué pour ses origines bourgeoises, Bob trainait sur les Champs, Alain (Laurent Terzieff) va lui inculquer les rudiments de sa bande, prônant la liberté à tout prix. Mais une fille va s'en mêler, Mic (Pascale Petit). Bob va devoir apprendre le cynisme et l'immoralité pour espérer atteindre le cœur enfoui de cette fille. Au fil du film, on assiste aux changements d'après guerre. C'est bat. L'arrivée du be-bop qui déchaine les pistes de danse, les fêtes-saccage, le jazz, la cinéphilie, le mythe américain personnifié par James Dean, les scooters, la vitesse, toujours la vitesse, synonyme de pouvoir. Au milieu de cette vie à 100 à l'heure, il n'y a plus de place pour l'amour, et Bob va en faire les frais, Alain le bourreau au blouson noir ayant anéanti ses chances. Un violent jeu de la vérité, lors d'une sur'boum chez la riche et fatale Clo (Andréa Parisy), conclura cette aventure moderne, tragiquement. Tricheur !

LE CAFÉ
LA FÊTE





LES DRAGUEURS (1959)

Jean-Pierre Mocky, première ! En 59 déjà, Mocky s'astiquait le chinois sur la drague de rue dans sa première et excellente réalisation. Jacques Charrier (LE TRICHEUR) est un fin limier qui déambule dans Paris en vieille décapotable. Son activité principale : le hameçonnage. Oh c'est pas des choses qui s'apprennent, on a ça dans l'sang ! Il rencontre Joseph (Charles Aznavour) un après-midi sur les quais, qui est un petit employé poisseux qui drague le samedi dans l'espoir de trouver la femme de sa vie. Vaincu d'avance. Mais Freddy le seigneur va le prendre avec lui durant une escapade nocturne dont il se souviendra. Quand on drague on réfléchit pas, on fonce !



Fiancée, amoureuse, libre ? Le ballet nocturne nous entraine de Saint Sulpice à Montmartre en passant par les galeries du Lido lors d'une incroyable séance où tous les coups sont permis. Une seule règle : éviter la facilité. Les femmes sublimes de l'époque s'enchainent. De la rue aux petits troquets jusque dans une réception de bourgeois décadents (LES COUSINS) où Freddy jouera du poing. Tout ça après avoir semé des Suédoises saoules derrière le Sacré Cœur. Mocky le macho, déjà dans un style provocant, brutal et salement drôle, décortique la pratique, dans tous ses recoins, en faisant ressortir avant tout le monde le côté tragique, maladif et solitaire du prédateur. Une leçon !





LES COUSINS (1959)

Le 2ème film de Claude Chabrol est le pendant plus esthétique des TRICHEURS de Carné. C'est aussi la suite du BEAU SERGE dans lequel la situation était inversée. Maintenant, c'est au tour du provincial de monter à la Capitale. Charles (Gérard Blain) rejoint son cousin Paul (Jean-Claude Brialy) à St Germain. Présent pour ses études, être encore honnête et non perverti par la cité, Charles ne veut surtout pas décevoir sa mère, mais les projets de Paul sont tout autres. Fêtard magnifique, Paul est le leader d'une bande de jeunes fauves et de gazelles lubriques. Il va s'évertuer à dévergonder le cousin, naïf, qui va évidemment tomber en amour avec l'une des filles, Florence (Juliette Mayniel). Le quartier latin plongé aux cœurs des orgies orchestrées par un dandy Brialy complètement incroyable, ça vaut définitivement le détour :



C'est le début du culte de la fête sur lequel Antoine Blondin reviendra dans son classique Monsieur Jadis ou L'école du soir. Syndrome d'une génération hédoniste et déculturée décriée par le libraire du coin (Balzac ? Ils ne savent même plus ce que c'est ! Ils ne voient plus que par les polars !). Saint-Germain bidon bidon bidon chantait Lavilliers... Le couple est toujours l'ennemi absolu, le cynisme restant seul maître à bord. Malgré le tragique, il y a beaucoup d'humour, et de dialogues croustillants, contrairement aux futurs films grotesques de ses collègues de la Nouvelle Vague. La fin est un peu trop pompeuse mais ce film reste un superbe état de lieux de ces anciens fils à papa décadents, premiers branchés avant les minets (et les yéyés!), marquant un tournant dans le divertissement. La nuit était leur royaume, que sont-ils tous devenus ?

John Carpenter (1983-1988) : Brûle Hollywood Brûle

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Spike Lee (1986-1998) : Puissance des Noirs



Non à la demi-marche. En 20 ans de cinoche, Spike Lee le politiquement incorrect aura bien su mené sa barque. Malgré quelques coups de fringale, il a maintenu un niveau correct dans l'humour et les sujets qui font mal tout au long de la décennie 90, celle qui l'a sacré premier porte-parole de la noirance américaine. Cette sélection concerne 9 films aux héros 100% noirs (si tu en veux 12 de plus, clique clique là). Il y a les bons racistes et les mauvais racistes. En appelant un chat un chat, Spike Lee fait clairement partie de la première catégorie. Tout ce que sa communauté mange au long de sa filmographie l'appuie. Allez, vous me mettrez 40 hectares et une mule.


SHE'S GOTTA HAVE IT (1986)



Spike Lee a été bien éduqué. Il fait ses débuts de réalisateur dans une prestigieuse faculté. Plusieurs essais dont le JOE'S BED-STUY BARBERSHOP en 1983 le forgent. Il change de braquet et, ses études finies, publie son premier film 3 ans après. Nola Darling n'en fait qu'à sa tête. Une jeune artiste indépendante new-yorkaise jongle entre 3 petits amis qui sont au courant de la concurrence (la scène du repas à 4 est pimentée). Jamie, le brave type, courageux et amoureux. Greer, le sportif, riche et maniéré. Et Mars Blackmon (Spike Lee), la petite fouine de Brooklyn, toujours à marchander et déconner. Parfois prétentieux (noir & blanc + monologues nouvelle vague), ça reste un original état des lieux des rapports sentimentaux (et sexuels) de cette jeunesse afro-américaine du milieu des années 80. C'est souvent drôle (merci Mars), et Spike Lee a le même vélo que Fishburne dans QUICKSILVER. La comédie sérieuse, style de prédilection de Lee, s'établit ici.



SCHOOL DAZE (1988)



C'est le temps de retourner au collège. Au cœur de ce film d'adulescents, deux visions du cheminement universitaire s'affrontent. L'une représentée par Laurence Fishburne, prônant la quête du savoir et le rester noir, africanisme et compagnie. L'autre dirigée par le génial Giancarlo Esposito, le boss des Gamma Iphi Gamma, respectant la tradition des confréries grecques, bouffonnerie et tirage sur l'élastique. Le bleu Spike Lee fera tout (vraiment tout) pour se faire accepter par les Gammas jusqu'à une cérémonie finale de dépucelage hilarante. Malgré les passages "comédie musicale" légèrement bidons, on se met bien. Une bande son pleine de rythme, des personnages forts en gueule, des filles blanchies, un climat sexuel. L'univers 2 en 1 léger et social de Spike Lee commence à jizzer à l'écran avant le feu d'artifice de son prochain métrage. Et le monde découvre Samuel L. Jackson le bad man.



DO THE RIGHT THING (1989)



Le meilleur, sans aucune hésitation. Je ne m'attarde pas sur le scénario, here we go yo here we go yo, mais plutôt sur la réédition qui vient de sortir fêtant le 20ème anniversaire du film sorti en juin 1989, et tourné pendant le très chaud été 88. Inspiré de la ratonnade d'Howard Beach, où une dizaine d'italiens avaient savaté trois noirs tombés en panne dans le coin, Spike Lee touche à plein de sujets chauds du New-York de l'époque contrôlé par Ed Koch (racisme, interracialité, brutalités policières, boulot...). Et tout ça avec un style zulu incroyable et un humour au top, jamais tu n'as ressenti une telle chaleur te pénétrer qu'en regardant ce film. Les personnages sont géniaux, en particulier Buggin Out, Radio Raheem, Mister Señor Love Daddy et Sweet Dick Willie. Ce ne sont clairement pas les noirs d'Hollywood. PUBLIC ENEMY et Nike Air's s'entrelacent dans un Brooklyn magique.



Le making-of d'une heure est très instructif. Diffusé à la télé en 89, il montre comment l'occupation du quartier dit craignos de Bedford-Stuyvesant a été vécu de l'intérieur. Interviews des locaux, des techniciens, des acteurs, etc. C'est très complet et le son de cloche est rarement le même. Behind the scenes rentre dans l'intimité des acteurs et la préparation de leurs rôles. Beaucoup de rigolade, comme lorsque Spike Lee, à la block party finale, reçoit de la part de l'équipe un maillot de Larry Bird en cadeau ! La conférence de presse à Cannes (45mn) est assez surréaliste. Spike en t-shirt X'é répond aux journalistes blancs un à un en enfonçant le clou à chaque fois. "Pourquoi vous ne parlez pas de la drogue ?", "Vous pensez que ça va péter à NY ?", "Pourquoi citer Malcolm X et pas Luther King ?", etc etc. On trouve aussi 11 deleted scenes, sans vraiment d'intérêt, et puis une rétrospective 20 ans après avec les participants directs au film. Chope donc ça.



MO' BETTER BLUES (1990)



En 1988, Clint Eastwood tourne BIRD, sur la vie de Charlie Parker. Spike Lee, sans doute vexé qu'un blanc ait tourné le meilleur film sur le jazz, choisit l'épopée d'un quintette jazz comme trame. Ce sera bien moins réussi, et les 2 resteront ennemis à vie. Embrouille ravivée dernièrement lorsque Lee reprocha à Eastwood de n'avoir mis aucun noir dans FLAGS OF OUR FATHERS. Bref. C'est l'occase d'y voir un Denzel Washington (Bleek) en pleine confiance à l'aube des 90's, et un Wesley Snipes (Shadow), démon au saxophone. Toujours sexuel, Bleek qui se tape 2 meufs s'en fera piquer une par Shadow, qui montera ensuite son propre groupe dans le dos du trompettiste. Après un baston causé par les mauvaises fréquentations de leur manager bidon (Spike Lee), Bleek défiguré traversera son désert, puis tout rentrera dans l'ordre dans une fin chamallow en forme de mariage. Mouais. Fadasse tout ça.




JUNGLE FEVER (1991)



La fièvre de la jungle c'est quand un noir sexe une blanche, ou inversement. Ce film aux allures inoffensives renoue avec le verbe acéré et le racisme latent de DO THE RIGHT THING. Spike Lee gueule toujours ce que les new-yorkais chuchotent. Flipper (Wesley Snipes) est un honnête père de famille, architecte, réussite totale pour ce troisième homme, noir, dans un cabinet 100% blanc. Mais lorsque Angie (Annabella Sciorra), la nouvelle secrétaire débarque, son slip se tend. Pris de fièvre un soir d'heures supp, il la prend façon jungle sur le bureau. Aïe.

Il se confie, confiant, à son meilleur ami et voisin, Cyrus (Spike Lee), mais dès le lendemain, sa femme (mulâtresse traumatisée) en furie, le fout dehors. Traître. Pareil pour la belle italienne, qui se fait chasser à coups de poings du domicile familial par le padre. Au fur et à mesure, la température baissera entre les deux amants... et tout redeviendra presque comme avant... Samuel L. Jackson en crackhead, Hale Berry en pute camée, John Turturro en épicier attardé, Anthony Quinn en vieux rital obtus, Stevie Wonder à la musique... Spike Lee n'a pas lésiné sur le casting, ni sur les dialogues provocants, et le résultat est chouette.



MALCOLM X (1992)



Biopic de plus de 3 heures, adapté de l'autobiographie du leader nationaliste noir, le travail est fait dans le moindre détail. C'est Denzel Washington qui incarne le célèbre Malcolm Little, pour un de ses rôles les plus marquants. Bon, c'est long. Le début du film est un peu pénible et fait parodie de film mafia. Il recouvre l'existence malsaine et blanchie de Malcolm dans ses jeunes années, avant sa détention et sa découverte de l'Islam. Il se fera coffrer avec son compagnon de cambriole Shorty (Spike Lee) et leurs 2 compagnes blanches, accusées de traîtrise ! Le meurtre de son père lorsqu'il était enfant, tué par des Klansmen, ne semble pas avoir été déclencheur de sa foi, mais c'est sa rencontre avec le frère Baines en prison qui le fera prendre conscience des problèmes de son peuple.

Lorsqu'il sort, il devient très vite le bras droit d'Elijah Muhammad, le patron de la Nation of Islam, grâce à la théâtralité de ses discours acclamés par la foule. Après un long voyage en Égypte et son pèlerinage à la Mecque, X reviendra transformé, et modèrera ses prises de positions sur l'apartheid et ses menaces envers la communauté blanche, privilégiant une alliance pour la paix entre ses frères. Mais c'est trop tard, l'homme libre devient vite gênant pour l'organisation et attire toute l'attention des médias. Sa déclaration de basse-cour suite à l'assassinat de JFK ne fera que l'enfoncer. Le 12 novembre 1965, Malcolm X meurt après avoir reçu 18 balles dans le corps. Attentat signé par ses anciens alliés de la N.O.I., sans doute appuyés par d'autres forces blanches américaines... Un film puissant.



CROOKLYN (1994)



Après cette première salve de films relativement vindicatifs, voire racistes (pour la bonne cause ?), Spike Lee se laisse gagner par la nostalgie et nous conte les joies et les peines d'une famille Brooklynite des années 70. Il n'oublie pas son patelin. Éducation stricte, père musicien (Delroy Lindo), mère au foyer (Alfre Woodward) et la petite Troy au milieu de ses 4 frères. Les samedis matins devant Soul Train, les repas mouvementés, les vacances chez l'Oncle de province, les déambulations dans la cage d'escalier et le quartier, le divertissement, le grandissement... puis la rupture, les ennuis, le père éloigné. Avec une superbe bande son soul 70's, Spike Lee nous fait revivre une part de son enfance. C'est pas géant mais émouvant. (Les rappeurs BUCKSHOT et MASTA ACE l'ont immortalisé avec leur duo CROOKLYN DODGERS)



CLOCKERS (1995)



Spikie se lance dans l'aventure policière spectacle. Toujours sur les pas de Scorsese, il lui emprunte donc son acteur fétiche, Harvey Keitel, et blanchit légèrement son casting de tête, en mettant John Turturro en coéquipier. C'est à la base un roman de Richard Price, et ceux qui l'ont lu affirment que Lee a complètement enculé le scripte. Le mystérieux a dû être perdu au profit de l'action hollywoodienne. Mekhi Phifer est un jeune décrocheur qui vit de la drogue au milieu des projets. Il occupe son temps à tenir les bancs du square avec ses potes défoncés (dont Sticky Fingaz et Fredro Starr d'ONYX) tout en surveillant la présence des képis et le flux des consommateurs. Le pousseur est sous le tutorat de Delroy Lindo, le taulier du district. Mais lorsque son frère est mis au trou pour couvrir une sombre affaire de meurtre, tout se barre en couilles dans la cité. 1995, l'année rap, la bande son est encore tonitruante et c'est O.C., JERU THE DAMAJA et CHUBB ROCK qui en parlent le mieux : Return of the CROOKLYN DODGERS.



HE GOT GAME (1998)



C'est au milieu des 90's que Spike Lee va se lancer plus concrètement dans le documentaire. 4 LITTLE GIRLS sort en 1997 et revient sur l'attentat d'une église afro-américaine d'Alabama en 1963. Je passe l'horrible GIRL 6 et le road-movie GET ON THE BUS pour filer au panier. Jesus a envoyé sa femme au cimetière après une anicroche à la maison. Bible revisitée. Denzel Washington a encore le droit à un rôle où la performance est obligatoire. Il a élevé et entraîné son fils pour qu'il soit le meilleur, et ça a marché. Sauf que Jesus est toujours derrière les barreaux et a seulement vent des exploits de Jake (Ray Allen, le vrai) de l'extérieur. Le directeur de la zonze lui propose un deal simple, s'il arrive à convaincre son fils de signer un contrat avec l'université de Big State qui appartient à son pote gouverneur, Jesus est libre.

Dur. Surtout que le fiston a de tout autres projets. Mais le combat le plus dur sera de regagner le respect de son fils, pour reprendre son statut de patron comme autrefois. Parfois un peu lourd, ça reste un bon film. B.O. de PUBLIC ENEMY comme en 89. Si t'aimes la pression, le basket, le rap et les jolies filles (Milla Johovich, Rosario Dawson), c'est encore mieux. Par contre en 98, les Air Jordan c'est plus ce que c'était en 89. Ce film clôt 12 ans de puissance des noirs au cinéma, et ferme la parenthèse de la Nouvelle Blaxploitation que j'avais déjà évoqué précédemment, conclue elle aussi par un excellent film de basket, SOUL IN THE HOLE.




En 1999, le premier héros blanc d'un film de Spike Lee sera interprété par Adrian Brody, dans le superbe SUMMER OF SAM. Été 1977. Un tueur fou terrorise la population. L'avènement du punk prend place à Manhattan. Les guidos jouent avec leurs battes, et c'est pas au baseball (John Joseph parle très bien de ces italiens que personne piffrait à NY dans son INDISPENSABLE LIVRE). Un classique à voir. Puis en 2002, ce sera autour d'Edward Norton de starifier le somptueux THE 25TH HOUR. Identitairement fort une fois de plus, un immigré irlandais passe sa dernière journée avant de purger une peine de 7 ans de prison. Un film rongé par l'angoisse. Depuis la fin des années 90, le négrito se spécialise dans le documentaire et le film TV. INSIDE MAN (2006) marque un retour bluffant au plus haut niveau dans les salles. Une suite est d'ailleurs en cours. Regarde dehors.


MANIACS

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Emilio Estevez (1982-1986) : Juvénile délinquance

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Emilio, c'est le fils aîné de la famille Sheen (Martin, Charlie), les irlando-espagnols qui ont donné leur vie au cinéma. Lui a gardé la consonance hispanique et la réputation de raté. Le jeune BG à la blondance arrogante n'avait pas vraiment la tronche de l'emploi au départ, si on ajoute en plus son rire de mouette en chaleur. Mais il se trouve que dans presque tous ses rôles, il incarne le mauvais mauvais garçon. Ado en crise, rocker, geek, punk, jock, loser, dealer, braqueur... Il aura tout fait et participé aux teen movies les plus marquant des 80's. C'est l'été et c'est le moment de remonter le temps.

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LA RAGE AU POING (1973)



Produit en 1973, ce film d'Eric Le Hung ne sortira sur les écrans français qu'au début 1975. C'est un document historique, plus qu'une fiction. L'apparition des grands ensembles, les terrains vagues, la banlieue qui prend forme avec ses jeunes voyous sans avenir. Tonio, Nanar, Dédé, Michou... Avec des blazes comme ça, y'a pas erreur sur la marchandise ! Cette bande roule en DS pourrie (ornée d'un graffiti "VIVE NOUS") et est sous l'égide d'une fille, B.B. la brune ! Ils zonent surtout autour d'un troquet (appartenant à Pierre Tornade) entre 2-3 coups à droite à gauche (Vols, arnaques...).



Venant de familles décomposées ou de maisons de redressement, ils font face au mépris et à la haine du monde des adultes. Travailler. Consommer. Procréer. Ce n'est pas pour eux, il préfèrent se réfugier dans la rue et la violence. Comme au bal du samedi soir par exemple, où ils poursuivent un bratchni pour le battre à mort. Personne moufte. Et pourtant dès qu'ils en ont les moyens, les nadsat reproduisent les schémas dictés par la société. Tony fréquente une ptitsa d'une autre classe sociale et évidemment le problème se pose. Surtout quand ses potes débarquent à l'improviste lors d'une petite sauterie...

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Déchirure. Tony et B.B. décident alors de se casser tout deux au vert, pour avoir la PAIX. Mais Nanar (Tony Gatlif) prend en otage un couple du quartier. Le mari est accusé d'avoir blessé volontairement le petit reuf de Tony quelques jours plus tôt. Mais personne n'a cafté pour éviter le bain de sang. Trop tard. La femme (Pascale Roberts) subit un viol à plusieurs bien outrageux (ORANGE MÉCANIQUE) et la présence du bébé dans la pièce ne fait que rajouter du drame. Tony se rend sur les lieux et s'introduit dans la maison encerclée par les keufs, le tragique fera le reste... Un film rare, vrai et marquant. (Seul défaut, la musique bien ringardos d'IL ÉTAIT UNE FOIS ahah)

OVER THE EDGE (1979)

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SCUM (1979)

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GLEAMING THE CUBE (1989)

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"Si j'avais un chien avec ta face, je lui raserai le cul
et lui apprendrai à marcher à reculons"


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SKINHEADS: Ennemis pour l'éternité (Acte III)


ACTE III: Crise Identitaire & Réhabilitation (1999-2008)

Les années psychologie. Et le constat que derrière la violence brute, il y a un petit coeur à bretelles qui bat. Le cinéma s'élève, du moins essaie, et on obtient de belles réussites. Les réalisateurs reviennent aux racines ou tentent autre chose, et dans les deux cas, ça vaut le coup d'oeil.


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SKINHEADS: Ennemis pour l'éternité (Acte II)


ACTE II : Être nazi ou ne pas être (1989-1998)

Au début des années 90 va apparaître toute une série de films, plus ou moins merdiques, laissant un même constat: les skinheads sont tous des abrutis, fanatiques du 3ème Reich. Et évidemment, le premier "joyau" du genre vient des Amériques et s'appelle originalement...


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SKINHEADS: Ennemis pour l'éternité (Acte I)

ACTE I : Prémisses & Renouveau (1963-1982)

Les skinheads derrière l'écran ne se résument pas à des documentaires politiques, musicaux ou footbalistiques. En 3 actes, je vais vous parler de "vrais" films où les vilains chauves occupent une place récurrente, voire même les rôles principaux, et ça commence très tôt...


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PORKY'S (1982)


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HORS-LA-LOI (1985)


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THRASHIN' (1986)



Attention les vélos. Je n'ai pas mis l'affiche américaine car elle est 88 fois pire que la française, c'est dire. On ne retiendra pas ce film pour la qualité de l'intrigue. Corey Webster (Josh Brolin), jeune garçon de la vallée, tombe amoureux de la mauvaise fille, la soeur de Hook (Robert Rusle), le chef des DAGGERS, skate gang d'indiens de la ville redouté. Là où on se marre c'est pour les ambiances et les tenues d'époque, plus que pour la romance en chamallow. La scène tournée à Venice Beach par exemple, avec les centaines de freaks, est hallucinante.



Le flick de David Winters est un des seuls sur le skate avec de vrais pros et de longues scènes touchant à toutes les disciplines: pool, street, rampe, freestyle et descente filmées sur de vrais spots: Venice, Del-Mar ou les collines. Outre l'hollywoodance, la crédibilité est là quoi. No comply, handplant, wallride, wallie et compagnie, et Josh Brolin qui skate Hollywood Boulevard en t-shirt SIOUXSIE façon Mike Vallely, c'est brutal. Ambiance H-STREET et BONES BRIGADE. Lance Mountain, Natas Kaupas, Tony Alva, Tony Hawk, Steve Caballero ou Christian Hosoi (auteur du célèbre "Breakin' is for wimps") complètent le festin avec plein d'autres.



Le producteur Alan Sacks racontait que le casting avait aussi été fait en fonction de la dextérité des acteurs sur une planche. C'est Stacy Peralta qui s'en chargeait, durant l'été 86, et le tournage fut une vaste fête de punks de deux mois, façon "Possessed to skate" de SUICIDAL TENDENCIES. En parlant musique, il y a une apparition live insupportable des RED HOT CHILI PEPPERS mais surtout une chasse à l'homme en skate au son de "Wild in the streets" de CIRCLE JERKS. Excellent. Du soleil, des nanas (Sherilyn Fenn mmm), aucun temps mort, une compétition baptisée L.A. MASSACRE pour finir, et le brushing victorieux de Corey. RAD.


RIVER'S EDGE (1986)


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THREE O'CLOCK HIGH (1987)


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HANGIN' WITH THE HOMEBOYS (1991)

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DAZED AND CONFUSED (1993)



Dernier jour de l'année scolaire 1976
Party
Planance
Bizutage
Cruising
Nike Cortez
Chemises spacieuses
Hippies VS. Sportifs
Pontiac VS. Chevrolet
Milla Jovovich <3
Demoiselles affriolantes
Aerosmith, Black Sabbath, Deep Purple, Nazareth
VOIS ÇA AVEC UN POTE!

LEAN ON ME (1989)


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BLACKBOARD JUNGLE (1955)



Ce film est pionnier sur deux points. Pour commencer, c'est la première fois qu'un film avec une esthétique rock'n'roll, on peut pas vraiment parler de film rock non plus, sort au cinéma (REBEL WITHOUT A CAUSE avec James Dean, sortira quelques mois plus tard). Le titre qui retentit pendant le générique du début et de fin n'est autre que "Rock around the clock" de BILL HALEY & THE COMETS. Il parait d'ailleurs que le disque ne marchait pas du tout avant la sortie du film. Et puis, c'est une des premières fois aussi qu'une relation tourmentée professeur/élèves est mise en avant à l'écran. La société d'après guerre n'arrive plus à contrôler ces jeunes gamins des rues, insoumis et avides de violence. Leurs faits d'armes sont variés, tentative de viol à la bibli, passages à tabac de profs, cassage de 33 tours, envois de lettres anonymes ou encore incitations à la haine raciale! Ce ne sont plus des élèves mais de vrais loubards (ils arborent même de grands X au dos de leurs blousons, stresse).



C'est Richard Dadier (Glenn Ford et sa face de craie), le nouveau professeur d'anglais, qui réussira à canaliser ces fauves malgré ses sinistres et résignés collaborateurs. Le film perd en crédibilité du fait que les écoliers sont déjà des adultes (Sidney Poitier en tête, dans le rôle de meneur, où Vic Morrow dans le rôle du voyou psychopathe). Et ce sera toujours le cas ensuite dans les films qui traiteront du même sujet (STAND & DELIVER, LEAN ON ME, THE SUBSTITUTE, 187, etc.). Réalisé par Richard Brooks, celui là même qui a écrit le scénario de BRUTE FORCE pour Jules Dassin, autant dire que l'atmosphère est très pesante, noire et urbaine. Un prof qui croit en son métier et qui veut aller jusqu'au bout, quitte à tirer un trait sur sa vie privée. Des femmes terrorisées. Du verre brisé. Des blousons cintrés et des cheveux gominés. Bienvenue dans la jungle.



THE WRAITH (1986)


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Nerd! Nerd! Nerd! (1982-1985)

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Un nerd (prononcer neuwde), dans le domaine des stéréotypes de la culture populaire, est un terme anglais désignant une personne à la fois socialement handicapée et passionnée par des sujets liés à la science et aux techniques.

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THE BURBS (1989)



Le film parfait où il ne se passe rien mais où les protagonistes font tout pour qu'il se passe quelque chose. Mayfield Place, un lotissement bien propre et carré, fidèle au fin fond des USA. Ray (Tom Hanks) est en congé maladie, et a décidé de NE RIEN FAIRE pendant une semaine. Art (Rick Ducommun), son voisin et ami, n'en finit pas de l'emmerder et d'espionner le voisinage. Et Mark (Bruce Dern) est un vétéran du Viet Nam, déglingué, comme on en voit souvent dans le genre. Ils s'inquiètent tous trois de la disparition de Walter, un voisin moustachu et douteux. Convaincus que les nouveaux arrivant d'Europe de l'Est (les Klopeck) sont l'incarnation du mal (ils ne sortent pas la journée et des phénomènes étranges ont lieu depuis peu), ils décident de mener une folle enquête autour de la villa fantôme se dressant en face de chez eux...



Une dose de mongolerie rarement atteinte pour une comédie à suspense vraiment réussie. Le trio d'acteurs fonctionne à merveille. L'environnement ensoleillé et plongé dans les années 80 est parfait (on peut voir Corey Feldman déambuler en short Vision Street Wear sous fond de Van Halen). Les gags sont gros. L'aspect horreur n'est pas grossier mais suggéré, c'est quand même réalisé par JOE DANTE (Gremlins, Twilight Zone...). La fin est explosive et surprenante. Tom Hanks et sa tête d'idiot du village finit de nous convaincre que ce film est un classique!

STAND BY ME (1986)


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THE WILD LIFE (1984)



Summer 84. Les créateurs de FAST TIMES AT RIDGEMONT HIGH ont pris le frangin dans le rôle du lycéen à la ramasse. Ce n'est donc pas Senn mais Christopher Penn (Tom Drake) qui rend ce film d'Art Linson complètement attractif et lourdingue. Le jock (sportif écervelé) dans toute sa splendeur, avec une des coiffures les plus ratées de l'histoire du cinéma. Tom travaille dans un bowling avec son meilleur pote Bill (Eric Stoltz), son petit frère est un voyou qui fantasme sur le Vietnam en posant des explosifs un peu partout dans la ville. Tom veut renouer avec la meuf new wave, Eileen, qui se fait branché par le nabot du magasin de fringues où elle bosse. Bill lui, veut aussi renouer avec son ex, Anita, qui se fait monter par un beauf flic dans l'exercice de ses fonctions, dans la cuisine de la cafet'.

Bref, c'est le bordel, mais c'est le rêve américain. Le scénario s'envole lors de l'excursion au strip club et lorsque Tom et Bill s'installent ensemble et organisent LA FETE DU SIECLE. On y voit la bonasse des 80's Sherilyn Fenn, qui se fait dézipper dans un placard, et surtout Lee Ving le chanteur de FEAR ainsi que Nickey Beat le batteur des WEIRDOS qui campent dans l'appartement. Les gimmicks ultimes sont le frapper de tête (tel un check) et l'avalage de cigarettes. Sans oublier le fameux "It's casuaaaaal" de Tom ("no problemo") qui revient pendant tout le film. La bande son fuse de STEPPENWOLF à BANANARAMA, en passant par JIMI HENDRIX, HUMAN LEAGUE, BILLY IDOL et LITTLE RICHARD! Tom Drake < Jeff Spicoli, mais on se marre bien quand même.

FERRIS BUELLER'S DAY OFF (1986)



Summer 86. Le film qui inspira indéniablement la cultissime série "Parker Lewis ne perd jamais". John Hugues, le patron des films pour ados naïfs ajoutent ici de la drôlerie et ça marche. Ferris (Matthew Broderick) est le lycéen insupportable qui s'en sort toujours, avec son brushing bien mid 80's, comme Parker quoi. Cameron (Alan Ruck) est son Best Friend mongolien. Sloane (Mia Sara), sa dulcinée, est putain de JOLIE. Le principal du bahut est particulièrement bon aussi (Jeffrey Jones). Les gags sont amusants (le mécanisme du ronflement activé par l'ouverture de la porte de sa chambre, ses techniques téléphoniques et informatiques étudiées, etc.). L'intro sonorisée par le tube de SIGUE SIGUE SPUTNIK met tout de suite du rythme. Et l'apparition de Charlie Sheen en loubard ténébreux balance. On rit, même si ça ne vaut pas FAST TIMES. En bref, une journée à l'école buissonnière de qualité supérieure. Twist and shout.

Penelope Spheeris (1980-85) : La jeunesse américaine en déroute



Pas étonnant si ces dates coïncident avec la naissance et la mort du hardcore originel aux USA... Le documentaire "THE DECLINE OF WESTERN CIVILIZATION" est sorti en 1981 et a filmé la scène punk de L.A. de l'intérieur entre fin 79 et début 80. Le résultat est brut et réel. On y suit d'abord BLACK FLAG, avant l'arrivée d'Henry Rollins, qui boivent du mercurochrome au sous-sol de leur église, le mythique squat THE CHURCH. 3 lives violents sont performés, le controversé "White minority", l'excellent "Depression" et "Revenge". On passe à GERMS et leur décadent frontman, Darby Crash, pendant que leur manageuse blonde nous parle. Darby joue avec sa mygale. Darby cuit des oeufs. Darby mange son micro. Darby fait du théâtre. 2 lives merdiques de "Manimal" et "Shutdown", en karaoké pour ceux qui veulent suivre bien entendu. La partie de CATHOLIC DISCIPLINE est dominée par les préoccupations éditoriales du fanzine (SLASH) que rédigeait leur chanteur, Claude Bessy, et de toutes les insultes reçues par ses lecteurs. X prend le relais, on les voit se tatouer sous nos yeux, puis jouer "Beyond and back", "Johnny hit and run Paulene" et surtout le TUHUBE "We're desperate".



Le meilleur a été gardé pour la fin avec LE groupe de l'époque, CIRCLE JERKS, et son chanteur épileptique, Keith Morris. Il s'agit d'un temps où les figures de karaté n'existaient pas, seuls les gros pogos sauvages de patrons régnaient. L'ambiance violence est au rendez-vous au long des classiques du groupe, "Red tape", "Back against the wall", "I just want some skank", "Beverly Hills" et "Wasted". Ca se corse encore plus après la parenthèse ALICE BAG BAND (un groupe furtif et bien habillé) lorsque le doc finit avec le groupe le plus pété de l'époque, FEAR. Ceux-ci n'hésitent pas à provoquer la foule, à leur cracher dessus et à demander toutes les 30 secondes "how many homos are here tonight?" (15 ans avant Kickback fils!). Le résultat est immédiat, scène prise d'assaut, savatage en règle entre punks et bounceurs, Lee Ving se bave dessus et le concert commence. "I don't care about you", "Beef Bologna", "I love livin' in the city" pour finir sur "Let's have a war". Un doc puissant donc, où tout le monde parle (promoteurs, videurs, punks ou non, punkettes ou non, parents, etc.) de tout (anarchie, musique, business, bagarre, etc.). Vrai classique.




C'est 3 ans après, en 1984, que sort SUBURBIA, qui est en quelque sorte, la scénarisation du documentaire. La première scène est assez dérangeante et étrange, un chien dévore un enfant sous les yeux d'une adolescente désemparée. Celle-ci rejoindra une bande de punks nihilistes squattant une maison abandonnée dans une banlieue déserte où rôdent chiens sauvages et rednecks armés. Pas vraiment d'alternative pour ces jeunes rejets de la société, tous unis (de 10 à 25 ans, garçons et filles, skin nationaliste au milieu des punks anar) par l'énergie du désespoir et le chaos ambiant.



Ils pillent la nourriture dans les garages (la combine de l'époque pour tous les voyous des rues), moisissent devant la TV, vont pogoter au concert (on a droit à des prestations live de D.I., T.S.O.L. et THE VANDALS) tout en évitant le trouble avec les cowboys et les flics. Jusqu'au jour où leur présence finit par agaçer le voisinage et qu'un drame se produit. Une fiction à la fois grave et amusante qui en fait un téléfilm regardable.




Penelope laisse béton les punks (pas tant que ça finalement) l'année d'après pour son premier vrai film qui est une totale réussite. "THE BOYS NEXT DOOR" n'est pas un film gay mais un choc pour l'Amérique bien pensante de 1985. Bo (incarné par Charlie Sheen alors âgé de 21 ans) et Ray (Maxwell Caulfield) sont 2 lycéens paumés et cyniques. Ils aiment se pointer dans les fêtes pour foutre la merde, cruiser dans leur grosse cylindrée, draguer les filles de riche et boire des bières. C'est la fin de l'année et par une nuit chaude et éclaircie, les 2 potos décident de pousser la Pontiac pleine de gazoline jusqu'à L.A., la grosse cité de rêves, pour le week-end. C'est là que commence le massacre. Plus on avance dans le film et dans la ville, et plus les 2 acolytes ont LA HAINE. Pas la haine du con bourré du samedi soir, une haine viscérale et étouffante qui doit sortir coûte que coûte.



Ca commence par l'employé immigré de la station service, savaté devant ses pompes sur un malentendu, puis l'homosexuel moustachu tué froidement dans son salon... Là vous vous dites ça sent le fascimse, mais non, car le jeune couple blanc, heureux et bien dans son slip, sera traqué et abattu aussi, devant son domicile, comme les autres. Le cercle vicieux ne s'arrête plus jusqu'à ce que Ray, jaloux de la meuf que Bo est en train de pénétrer, fasse complètement n'importe quoi et que les cops les serrent lors d'un final tragique. Descente fulgurante au coeur du démon, vêtu de VANS 4 trous, de denim bleu moyen et de tshirt blanc coupe S, comme le bon style de 85 le voulait. Un road movie nihiliste à voir absolument.

Je m'arrête là car ce qu'a fait ensuite P. Spheeris n'a plus vraiment d'intérêt. Pour ceux qui veulent pousser l'extrême à fond, il y a eu un "DECLINE OF WESTERN CIVILIZATION II" sur les excès de la scène Metal dans les 80's, et un "DECLINE OF WESTERN CIVILIZATION III" sur la scène squat de L.A. à la fin des 90's. Elle est aussi l'auteur du succès mondial de 1992, WAYNE'S WORLD, pour ceux qui ne le savaient pas. Voilà.

FAST TIMES AT RIDGEMONT HIGH (1982)

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BAD BOYS (1983)

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BROTHERHOOD OF JUSTICE (1986)



Si on devait garder un disque qui symbolise le mouvement straight edge, ce serait "Break down the walls" de YOUTH OF TODAY. Si on devait garder un livre, ce serait "All Ages". Si on devait garder un film, ce serait "Brotherhood of Justice" de Charles Braverman. Pourquoi ce téléfilm naze de 1986? Tout simplement parce que c'est bête, méchant et drôle, comme un disque de One Life Crew. Aussi parce qu'on y voit Keanu Reeves et Kiefer Sutherland à leurs débuts, arborant de magnifiques coupes de cheveux, bien avant les succès de STAND BY ME (1986), THE LOST BOYS (1987) ou POINT BREAK (1991) et leur statut de star des ados. Le film en français s'appelle LA LOI DU CAMPUS, quand tu sais ça c'est foutu.



L'histoire, un groupe de lycéens souhaitant éradiquer la drogue de leur campus, en utilisant d'abord l'intimidation, puis très vite la violence jusqu'à commettre l'irréparable. La fraternité de la justice, menée par Derek (Reeves en fils de bourge), tague, vandalise, savate, fait des apparitions musclées dans des fêtes où les buzz tournent (avec des masques d'ancien présidents américains, idée reprise 5 ans plus tard dans Point Break). Le port de la Nike blanche ou de la varsity jacket est obligatoire. Le dirlo s'énerve, une meuf s'emmêle (la bonnasse Loli Loughlin), Victor (Sutherland) s'interpose, Derek veut stopper la machine mais il est trop tard... Brotherhood!

Cette chanson traduit parfaitement le message de ce film en musique, et est par ailleurs, un des meilleurs morceaux de hardcore jamais écrit. Ca c'est dit.

  MEANSTREAK - Final word - Only The Strong (1989)