Fluoglacial

ORDRE INTERNE



Domestica est un label à l'image de l'époque, où de nombreuses et nouvelles plateformes proposent des disques de musique froide d'avant et de maintenant. Sauf que Domestica est localisé à Barcelone, et s'amuse à déterrer de pittoresques souvenirs de leur scène musicale, comme la superbe compilation 100% ibérique “Non Plus Ultra”. En plus d'offrir des inédits que vous n'auriez jamais pu trouver sur Deezer ou Spotify, ils allient cette recherche archiviste à la beauté plastique de leurs disques, souvent conçus main. Jordi Serrano ne chante pas “Dur dur d'être un i-bébé-rique” mais s'est contenté de répondre à mes quelques questions avec cette amabilité et cette générosité si chère au peuple de Miguel Indurain. Leur site internet est d'ailleurs traduit à la fois en Catalan et en Castillan, pour ne froisser personne.

L'INTERVIEW ICI ET DANS LE N°14 DE NEW NOISE.

COLDGEIST: Nomenglaçura



Allez, oubliez un peu la French Touch. Ici on parle Gigolo, Gerald et Glaçon. Entre humain et robot, Rennes et Jupiter, bienvenue dans la tête de Coldgeist.

ENGLISH VERSION + EXCLUSIVE MIX

D'où viens-tu ? Depuis quand fais-tu de la musique ?
J'habite Rennes en Bretagne où je prépare un master en Informatique.
J'ai commencé en 2008 avec un séquenceur et un clavier maître, classique. A cette époque j'expérimentais pleins de choses, de styles différents, j'apprenais surtout à construire un morceau. A côté j'ai pris des cours de pianos pour avoir quelques bases, je n'avais jamais toucher d'instruments auparavant. Sinon j'ai tout appris seul, pas de musiciens ou de djs dans mon entourage. J'ai donc commencé par la composition, le djing est venu après. A un moment, j'ai voulu sortir de chez moi pour jouer devant un public, tenter l'expérience. Le son de l'époque était à la « turbine » et à l'electro putassière, je m'y suis essayé sous les pseudos «Kogura» puis «Kogura Mustache». J'ai joué dans plusieurs bars Rennais, puis il y a eu le tremplin du festival Astropolis, événement techno incontournable dans l'Ouest. Mes productions étaient pauvres, sans univers, un projet vide de sens, je sentais que je n'arrivais pas à m'exprimer, que je ne faisais pas ce que je voulais. Je ne transmettais rien. J'ai donc arrêté ce projet, qui m'aura néanmoins permis de mettre un premier pas dans le milieu electro et de comprendre pas mal de choses. Puis je suis reparti de zéro en puisant dans mes influences, les livres et films que j'avais lu et vu pour créer mon univers, mon son. J'avais trouvé dans la techno assez de puissance et d'espace pour m'exprimer.


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VHS ÜBER ALLES: Dan Kinem & Josh Johnson



La culture VHS revient en force. Et l'on se demande bien pourquoi. C'est ce à quoi Dan Kinem (DK) et Josh Johnson (JJ) tentent de répondre dans deux documentaires, vraisemblablement disponibles aux alentours de l'apocalypse, se dénommant: ADJUST YOUR TRACKING et REWIND THIS! Gondry can suck it. Centrés sur la manie de la collection pour le premier et sur l'ascension puis la chute du format VHS pour le second, ces films vont au delà de la simple et béate nostalgie. Une discussion croisée avec des 'tape diggers' plus futés qu'ils n'y paraissent.

[MAIS AVANT: L'ARTICLE 'VENI VIDI VHS' EST À LIRE EN ENTIER DANS SPRAY#2.21]

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CULT OF YOUTH: Brooklyn #1



"Love will prevail" est le 3ème album de Cult Of Youth, et est tout bon comme d'hab.
J'en ai profité pour questionner Sean Ragon, l'homme de front du groupe, dans une entrevue à lire sur Gonzai.
Ca tombe bien puisqu'ils jouent à Paris mercredi soir et que vous pouvez gagner 2 places en répondant à cette unique question:

Mais quel âge a donc Douglas P. ?




COSTES & SEBASTIaN : Noise R Us



Mai dernier, entre les deux tours des présidentielles, Costes et SebastiAn avaient préparé un attentat au Point Éphémère à l'occasion de la sortie du 'plus gros livre' écrit sur le bonhomme: "L'art brutal de Jean-Louis Costes", chieur d'une centaine d'albums, snuff movies, peintures et autres écrits corsés depuis 86. Le poète porno et le DJ touche française s'étaient déjà associés en 2008 mais leur présence en duo sur scène reste assez rare pour le signaler. Jacques Brel DIY vs. Vladimir Cosma 2.0 ? Peu importe, puisque seul l'amour compte, "c'est ça l'amour, enculer toujours" comme le chante Jean-Louis. J'ai posé quelques brèves questions aux deux lurons après ce concert dont vous ne saurez pas s'il était subversif ou subventionné. En avant l'anti-musique.

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GUILLAUME PAOLI: Repos



Guillaume Paoli est le troisième membre des "chômeurs heureux", trio allemand auteur du manifeste du même nom en 1996. Français résidant à Berlin depuis 20 ans, l'essayiste-philosophe auteur de titres évocateurs comme "A bas le travail!" ou "Plus de carotte, moins de baton" s'est surtout fait (re)connaître grâce à son "Éloge de la démotivation" publié en 2008. Fin analyste de cette pathologie nommée travail, il n'en est pas moins dénué d'humour. La preuve par quatre et un entretien repos qui tombe à point nommé.

Quand et dans quelles conditions avez-vous décidé de ne plus travailler ?
J'étais dans le ventre de ma mère, je crois... En fait, je n'ai jamais songé à postuler à un emploi, à faire carrière dans quoi que ce soit, jugeant plus souhaitable de faire ce qui me plaisait, sans souci des "contraintes du marché". J'ai eu la chance d'être adolescent à une époque -les années soixante-dix- où une telle attitude existentielle était plus facile et plus répandue qu'aujourd'hui. Ceci dit, il ne s'agit pas d'un refus par principe. Lorsqu'on me propose de me payer pour que je continue à faire ce qui me convient, j'accepte volontiers. C'est le cas en ce moment, au Centraltheater de Leipzig. Mais surtout j'insiste: le souci de soi est aussi un souci des autres. Je n'ai aucune considération pour qui ne cherche que sa petite autosatisfaction narcissique, qu'il soit trader ou glandeur. Nous sommes des êtres sociaux et nous nous épanouissons en tant qu'êtres sociaux. Ce qu'il y a à critiquer dans le travail tel qu'il existe, c'est précisément qu'il pousse à des comportements antisociaux, à vivre au détriment des autres, que ce soient les clients qu'on arnaque avec le sourire, les subordonnés qu'on piétine ou les collègues sur la tête de qui on grimpe.

Le manifeste des "chômeurs heureux" a été écrit il y a plus de 15 ans. Le jugez-vous plus crédible que jamais ?
Sur le plan pratique, il était certainement plus facile alors (du moins là où j'habite, à Berlin) d'esquiver la contrainte salariale sans pour autant sombrer dans la misère et les tracasseries administratives. De ce point de vue, ce qui était la description d'un mode de vie effectif est devenu une sorte d'idéal difficile d'accès. En revanche sur le plan des idées, rien n'est venu contredire notre exposé, au contraire: Le monde du travail devient chaque jour plus absurde et destructeur. De sorte que la question se fait toujours plus pressante: Comment désirons-nous vivre vraiment?

Que sont devenus les autres membres ?
En tant que groupe intervenant publiquement, les Chômeurs Heureux ont cessé d'exister vers 2002, simplement parce que nous avions l'impression d'avoir fait le tour de la question et l'envie de vaquer à d'autres occupations. Ce qui ne veut pas dire qu'il s'en niche encore dans les replis du système. Que sont-ils devenus? À ce que je sais, l'un s'est converti à l'Islam et vit à Dubai, l'autre en Chine, un troisième se voue à l'architecture critique, une autre photographie, une vit à la campagne et cultive son jardin, etc.

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DIE SELEKTION: Muscle & love



Saviez-vous que Roland Emmerich était né à Stuttgart ? C'est vrai on s'en tape. C'est de là que vient Die Selektion, et ils sont prêts pour 2012. Le trio a ravivé l'image de la trompette au sein de la scène dark electronics tout en cultivant une esthétique homo-sado qui fait ressembler Gabi Delgado à un chaton. Si Hegel était encore vivant, il mosherait forcément sur leur son. Ils seront bientôt en tournée en Europe (Paris le 1er juin) alors soyez physiques, en forme, et préparez-vous pour la performance muscle et art. Comme Robert Bosch l'a dit (de Stuttgart lui aussi): c'est du travail de pro.

Did you know Stuttgart was the town of Roland Emmerich ? Who cares. It's where Die Selektion comes from, and they're ready for 2012. They achieved to raise the trumpet profile within the dark electronic scene, along with homo-sado aesthetics that make Gabi Delgado looks like pussy. If Hegel was still alive he'll be moshing to their sound. They'll soon be touring Europe so do push-ups, be fit and prepare you for the muscle & art performance. As Stuttgart native industrialist Robert Bosch said: it's a work of professionals.

Réponses/Answers: Max Rieger. Amour/Love: Luca Morte.
English version below

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CASUALS: Fila, fists & football







"C'est à Liverpool que notre histoire débute; où comment l'association de choses aussi insignifiantes que des baskets et des coupes de cheveux idiotes a su symboliser Liverpool et les Liverpudliens et les a défini comme différents, d'une certaine façon plus cools, plus branchés et plus aguerris que n'importe qui d'autre; et comment le reste du pays a adopté et adapté ce look, comment tout ça a façonné non seulement la mode, mais aussi la musique, la politique, la vie et la mort." C'est l'accroche de Phil Thornton dans sa bible 'Casuals: The story of a terrace cult'. Journaliste forcené de 46 ans, il traîne ses Adidas entre Liverpool et Manchester depuis 30 ans et a raconté comme personne l'épopée des casuals, ces hooligans élégants, des bastons de rue aux house parties. Une interview croisée réalisée en Janvier 2012 avec en face, Cass Pennant de Londres, 53 ans et du gros répondant, tête brûlée de West Ham aujourd'hui reconvertie en consultant média. Merci pour eux. C'mon c'mon!

"And it is in Liverpool that our story begins, a story of how something as seemingly trivial as training shoes and silly haircuts came to symbolise everything that marked out Liverpool and Liverpudlians as something different, somehow cooler, more sussed and streetwise than everyone else, of how the rest of the country adopted and adapted this look, and of how it came to shape not only fashion but music, politics, life and death." This is the catcher of the Phil Thornton's bible 'Casuals: The story of a terrace cult'. A 46 years old frenzied journalist, he's been dragging his Adidas between Liverpool and Manchester since 30 years and told us like no one the epic journey of the casuals, these elegant hooligans, from street chases to acid raves. A crossed interview done in January 2012 with at the opposite, London's Cass Pennant, 53 years old and big repartee, hothead from West Ham who moved now to media consulting. Thanks to both of them. C'mon c'mon!


UN ARTICLE COMPLET SUR LES CASUALS À LIRE DANS SPRAY MAGAZINE 2.19 ACTUELLEMENT EN KIOSQUES.

LISTEN TO: BRITISH HUSTLE - THE SOUND OF THE CASUALS (1977-1991)



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MOLLY NILSSON : Meanwhile in Berlin



Ceux qui suivent FluoGlacial connaissent Molly Nilsson, découverte par hasard dans les méandres de la planète Youtube avec son clip Europa, un jour d'automne. Depuis 2009, je n'ai pas quitté cette voix du nord qui n'a cessée de sortir des albums et de consolider une identité et un son unique. Aujourd'hui en 2011, on dirait que de plus en plus de gens reconnaissent la vérité. Molly termine actuellement une tournée d'un mois aux USA. Un entretien réalisé à Berlin. Fest ung Europa!

Those who know FluoGlacial know Molly Nilsson, discovered by chance in the meanderings of planet Youtube with her movie clip: Europa, a day of autumn. Since 2009, I followed the new voice of north pop who's been constantly putting out albums and creating her proper and unique sound. It seems more and more people recognize the truth now in 2011. She's currently finishing a one month tour in the USA. An interview made in Berlin. Fest ung Europa!

21.10.2011, Café Rix, Neukölln.

Pourquoi Berlin? Ça fait combien de temps que tu y vis?
Why Berlin? How long have you been here?
Hum, je vis ici depuis 7 ans. Je suis arrivé ici pratiquement après l'école. Je n'étais pas supposée rester aussi longtemps.
Hum, I'm living here since 7 years. I moved here almost after school. I wasn't supposed to stay that long.

Comme tous les gens venant ici...
As everybody who comes there...
Exactement. Il n'y a pas vraiment de raison... Je veux dire des gens choisissent Berlin mais moi je suis en quelque sorte restée coincée ici. J'aurais voulu être coincée ailleurs mais bon...
Exactly. There's barely no reason for it... I mean some people might choose Berlin but I just kinda got stuck here. I wish I had got stuck somewhere else but...

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SHEER TERROR : Who cares about the fuckin' streets.



Just can't hate enough! Les Depeche Mode du hardcore se donnent à fond dans une entrevue mémorable où Paul Bearer, le leader le plus aigri du New York Hard Core, se met top niveau agressivité. Warzone, Sick Of It All, la gentrification du Lower East Side, le concept de scène, les problèmes de Paul, le racisme, la bannière étoilée, The Cure, Bad Brains, Spike Lee, etc. Délits d'opinion et démontage de faux en règles. Get on with your fucking life.

Just can' t hate enough! The Depeche Mode of hardcore give themselves hard in a memorable interview where Paul Bearer, the most angry leader of New York Hard Core, puts himself on top level aggressiveness. Warzone, Sick Of It All, the gentrification of the Lower East Side, the concept of a scene, Paul's problems, racism, the American flag, The Cure, Bad Brains, Spike Lee, etc. Crimes of thinking and dismantling of posers is the program. Get on with your fucking life.

SUBURBAN VOICE #29, 1990.