Fluoglacial - Tendances Négatives

Subcultures Subtilisées


Les années rock, les années rap, puis les années lol.


Riot Against Rock !


A.C.A.B. : ALL COPS ARE BASTARDS (2012)



Voyage au bout de la nuit avec les flics d'«ACAB»

Il est certain que ce film déplaira à tous les amateurs de manichéisme moralisateur de quelque sensibilité idéologique qu'ils soient. Car ce qui prévaut dans le brillant long métrage de Stefano Sollima c'est avant tout l'ambiguïté. Ambiguïté des personnages, ambiguïté des situations mises en scène, ambiguïté du message politique et social transmis aux spectateurs...

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OI!


LIVE... SUBURBIA: The Quest for Cool



Ce livre pourrait être celui de plein de kids, américains ou pas, passés du bi-cross agressif au skate, du heavy metal au hardcore, du punk au straight edge,... entassés dans des caisses pour bouger aux concerts, chillant devant des vidéos de skate, dans des chambres de potes, des parkings... un skate sous le bras, un seveninch sous l'autre... L'histoire de la quête du cool à travers la période bénie de l'adolescence. Une génération sacrifiée ? Au-delà d'un segment de marché en tous cas, une aventure unique et obligée. Ce livre est d'ailleurs l'occasion de nous poser la question: IS THERE LIFE AFTER YOUTH ?

This book could have been the journal of a lot of kids, American or not, went from aggressive BMX to skate, from heavy metal to hardcore, from punk to straight edge... packed in cars moving to shows, watching skate videotapes, chilling in mate's bedrooms, in parking lots... a skateboard under the arm, a 12" below the other... This is the story of the quest for cool through the blessed period of teenage. A lost generation? More than a market segment, an unique and unavoidable adventure. This book is also an opportunity to ask us the question: IS THERE LIFE AFTER YOUTH?


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Konbini KO


Ne confondons pas tout.






Loubards sans fards, Odile Naudin, 1982.

Skinhead Farewell


NEDS (2010)


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Skinheads 1969



It makes feel you proud !

Deutsche-Armorikanische Freundschaft



Aller à l'étranger pour un concert ça f'sait un moment que ça m'était pas arrivé. Mais bon c'est la jeunesse, le fun quoi merde. Après un vol de 45mn (qui équivaut à Wedding-Neukolln en S-Bahn), j'y suis, Scandinavie, skøl ofen strut. L'aéroport de Copenhague est un putain de labyrinthe, trop de futur. Nous sommes maintenant 3, ce qu'on peut appeler un crew, et nous marchons vers la victoire... non, vers la ville. Le métro est curieusement crade, comparé à la ville. Nous n'irons pas à Christianshavn pour vérifier, notre hôte nous l'a dit clairement "never trust a hippie". Pas de fri-hash pour les froggies. DONC. Ce soir D.A.F. jour à la fac... Premier choc quand on arrive au lieu du concert. Il y a des hôtesses partout, un tapis rouge sur de longs escaliers de patron, bordel. C'est un congrès du SPD? Où sont les Ferrero Rocher? (Un truc fou: un mec de l'entretien a passé la soirée ENTIÈRE dehors avec un balai à ramasser les mégots que personne ne jetait évidemment par terre. Taré.) Le groupe qui joue quand on entre est TWICE A MAN. Ils sont parfaits pour l'ambiance! La synth-pop expérimentale 80 de ces suédois s'est transformé en groupe-à-papa de musique de chambre gothique toute mollassone (et pas mollynilsson). En un mot: inutile.

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ICONOCLAST (2011)



Z-Bar, Berlin, 10.09.2011, Avant-première.

Boyd zone. 240 minutes de documentaire, il faut être prêt. C'est tout juste suffisant pour alimenter tous les penchants de Boyd Blake Rice, "l'artiste le plus dangereux du monde"... Avant tout, il faut savoir que Boyd est son vrai blase, son père tellement frustré d'avoir dû porté un nom de meuf toute sa vie (Beverly) lui a donné le prénom le plus viril qui soit, ça nous renseigne beaucoup sur l'identité future du personnage. Et pourtant, sa première mode adolescente sera celle du glam, longue mulette et platform boots en Sud Californie, ses héros sont New York Dolls. Il est déjà dans son bunker mental quand en projet de fin d'année, pendant que ses camarades de classe construisent une table ou une étagère, Boydy ramène d'énormes planches pour confectionner la croix de Jésus.

Boyd zone. 240 minutes documentary, you must be ready. It's just enough to feed all the fondnesses of Blake Boyd Rice, "the most dangerous artist in the world" ... Above all, we must know that Boyd is his real name, his father so frustrated to have carried a girl name all his life (Beverly) gave him the most virile name to be, it tells us much about the future identity of the character. Nevertheless, his first teenage trend will be glam, brushed hair and platform boots in SoCal, his heroes are New York Dolls. He's already in his mental bunker when during the school year-end project, while his classmates are building tables or shelfs, Boydy brings huge planks in class to make the Jesus cross.

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A LA MODE EN 1979



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DILAPIDE TA JEUNESSE: Punk & New Wave in Deutschland



De l'autre côté de la ligne Maginot, le punk sortit du ventre de l'Allemagne par césarienne. Plus tardif que les précurseurs anglo-américains, plus corrosif que ses homologues français, les jeunes du Rhin ont surpris tout le monde dans les Ardennes ! Nous sommes en 1977, dans un pays où les terroristes d'ultra gauche (RAF et compagnie) font la pluie et le beau temps, et paradoxalement toujours baigné dans son passé nazi. Quand des gugusses comme Chrislo Haas, Gabi Delgado ou Tommi Stumpff vont débarquer pour foutre la merde, la swastika de Sid Vicious fera très pale figure ! La kultur alors enkylosée dans le marasme prog-rock est cadenassée par les petits profs hippies. Dans le climat politique tendu du rideau de fer, 3 villes vont s'embraser de 1977 à 1982: Dusseldorf, Hambourg et Berlin.

Très vite, une constante se retrouve dans chaque pôle: l'omniprésence de la violence. Les concerts sont des exutoires haineux autant pour les groupes que le public (le lancer de projectiles en deuxième sport national après la mannschaft), certains fascionistas n'hésitent pas à descendre dans le tas pour planter du gras. Tout le monde est ennemi: les popeux, les hippies, les teds (fortement représentés en Germania), les drogués, puis plus tard les vendus de la NDW (Neue Deutsche Welle). C'est soit l'argent, soit la rue. Pas de compromis. Du côté de Rodenkirchen, au Ratinger Hof ou à la Carsh-haus, c'est l'émeute continuelle teintée de sado-masochisme.



Sitôt la première vague des groupes punk rock anglicisés passée, les enfants qui se souviennent de France Gall chantant les louanges de l'ordinateur sur la Nr.3 accèdent enfin aux studios. La technique n'effraie pas ces nouveaux fauves qui hurlent leur amour du béton et de l'acier à travers l'énergie forte d'une musique qui n'hésite plus à utiliser les machines dans tous les sens possibles. L'impase punk-prolo-pub est transcendée. Leur weltanschauung n'exclue en aucun cas l'humour, noir, tueur pour certains. Les confrontations permanentes n'excluent pas non plus les fraulein qui sont à la tête de groupes de plus en plus nombreux. Des communautés intra-villes se forment, les influences ne sont pas musicales (pas de redite à l'english) mais se situent chez les surréalistes, dans l'activisme viennois (Otto Mühl) ou les écoles picturales (Neuen Wilden).

Des personnages clés animeront ce réseau triangulaire et lui donneront le maximum d'aufklarüng. Ils s'appellent Kippenberger à Berlin (peintre et boss du club So36), Alfred Hilsberg (fondateur de ZICKZACK, LE label du mouvement) à Hamburg, Kurt "Pyrolator" Dahlke (fondateur de L'AUTRE label, ATA TAK) à Dusseldorf, Muscha et Trini Trimpop (qui ont apporté la vidéo, et Toten Hausen), Franz Bielmeier et son RONDO, Peter Hein de Fehlfarben puis d'autres hommes de l'ombre comme Jaki Eldorado ou Peter Hein. Ils témoignent tous dans ce bouquin de Jürgen Teipel livré fin 2010, le plus puissant sorti de l'écurie ALLIA (consacré en grande partie à l'analyse du phénomène DAF). C'est parti. Verschwende deine jugend!

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SADOBABIES (1988)



Ce documentaire télé-réalité de 30mn est bien dans l'esprit du classique Streetwise et des travaux de Penelope Spheeris. Nancy Kalow interviewe de jeunes adolescents désocialisés ayant trouvé refuge dans les anciens bâtiments de la Polytechnic high school, détruite en 1987. La cohabitation entre skins, punks, zulus, hippies, trendies et artistes de rue en tous genres passe bien à l'écran. Celle avec les flics et leurs chiens un peu moins. Présence du non-futur. Chaque teen n'est pas là pour la pose, après diverses expériences désastreuses, en famille, en établissement "adapté" ou ailleurs, abusés sexuels, drogués, voleurs, petits criminels suicidaires, le squat et son monde parallèle semble être leur dernière échappatoire. Rapper en buvant des 40oz, faire des graffitis, se faire des scarifications ou passer leur rage sadique sur des baigneurs font parti de leurs multiples occupations quotidiennes, afin de repousser la mort à plus tard. Viens zoner avec les fugueurs de SF.



Runaways in San Francisco
PART 1
PART 2
PART 3

Konflikt !!

DOGS IN SPACE (1986)


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Devinette

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SNATCH: Le charlatanisme culturel



Le sommaire de ce nouveau magazine Snatch m'avait alléché. Ça faisait un bail que je n'avais pas acheté de papier glacé, et bien ça m'apprendra. Je passe les premières pages actu/buzz/like/dislike qui n'intéressent personne pour foncer vers le racolage actif. Ça va enchainer dur, tenez vous bien. Christina Aguilera VS. Lady Gaga + L'Air du Front (National), j'aimerais d'ailleurs comprendre pourquoi tous les hipsters se sentent obligés de parler fun du FN depuis que Le Pen a pris sa retraite, ça ramène des points crédibilité ou quoi ? Ensuite, l'article inévitable sur Romain Gavras et son clip de M.I.A. (il prépare d'ailleurs un long-métrage métaphorique sur la persécution des roux, ça ne finira jamais...). Puis, un point sur la tendance vulgaire des statuts Facebook et Twitter, important de le signaler en effet. Rapport champagne du Printemps de Bourges et fantasme de Cyberguerre précèdent un paragraphe risible sur Clint Eastwood (dont le nom est quand même au sommaire de la une).



Le gros du mag est un entretien avec Kim Chapiron qui parle de son nouveau film Dog Pound, un SCUM à l'américaine. Un peu plus de consistance (la plupart des rédacteurs, au combien nombreux, semblent étudier à Sciences-Po...) dans la seconde partie (qui relève moins de la transposition d'Internet sur papier que le reste). L'autre face du rap avec Alkpote, Alpha 5.20, Seth Gueko qui en lâche des bonnes comme d'hab (c'est pas ma bite qui est dans mon cerveau mais mon cerveau qui est dans ma bite...), Roi Heenok et double-page avec Morsay pour finir. Voilà. Ensuite ça va aller vite, Jamie Lidell on s'en tape, CocoRosie on s'en tape, le film sur The Doors on s'en tape. La tecktonik est-elle morte ? C'est vrai ça. C'est amusant comme des freluquets de 20-25 ans parlent des années 2005-2006 comme de l'avant guerre. "Des reliquats d'une autre époque". Et my balls on your commode ? Bref, vous verrez combien Treaxy possède de chaussures et comment les choses se passent aux Vertifight.



Je crois qu'on atteint le sommet de médiocrité avec cette chose: Une journée sous le Niqab de la rue au sex-shop. L'apothéose. Volez le mag dans votre kiosque pour mieux comprendre. L'interview société met Robert Super Hue à l'honneur. Je suis communiste. Mais je suis communiste autrement. Ben tiens. Parfaite transition pour l'autre dossier: Plongée en territoire skinhead. On y apprend que les skins sont des mods et que Evil Skinner était un fameux groupuscule de la capitale. Coup de langue furtif de Vincent ex-JNR et focus sur Shadow et les Black Dragons (tu sais même pas sur quoi tu frappes mais t'es content quand t'as tapé. [...] Et puis un jour tu réalises pourquoi tu le fais. Contre l'injustice, contre le racisme.) pour terminer de toute beauté avec l'interview de Daphnée, skingirl, dont le féminisme se traduit par la baston contre les mâles et sa skinitude à son polo Fred Perry et sa coupe 3mm, pour pas qu'on lui reproche de ne pas assumer son trip. Bon, ce dossier aurait pu être pire, relativisons.



Ça parle de Boogie ensuite, le photographe serbe de la dépravation. Ça me fait penser que son "It's all good" n'est toujours pas dans mes mains. Rokhaya Diallo, la militante qui refuse le "black" enchaine, en fantasmant sur le système américain qui persécute les médias intolérants... On termine comme on a commencé, par des articles bidons Humeurs & opinions (où l'on apprend que t'as plus de chance de séduire avec un Iphone), les essentiels shooting et revue de mode suivis d'une deuxième revue de mode sur les acteurs de la nuit parisienne, c'est pas jo-jo, des pages art moderne, des chroniques de films que l'on ne téléchargera même pas, et de disques hyper soft pour écouter en chaussures bateaux et pantalon 8/10. Je passe l'éponge sur Disiz La Peste qui se met à l'electro-rock et sur l'incorrigible Woody Allen pour conclure une fois de plus avec une sentence de Huysmans :

Le dilettante n'a pas de tempérament personnel, puisqu'il n'exècre rien et qu'il aime tout; or, quiconque n'a pas de tempérament personnel n'a pas de talent.

30 ans de Skinhead Kultur en France



En déambulant sur l'Internet, je suis retombé sur de vieux articles de l'infameux site Droogi qui sévissait à l'aube des années 2000. Le mec avait tenté de réunir biographiquement tous les groupes skins apparus en France de la fin des années 70 à la fin des années 90, quelque soit leurs idées. Au final, ça donne 2 énormes fichiers PDF avec des putain d'anecdotes que vous pouvez consulter ici :

- PARIS
- PROVINCE

Tout ça pour parler de la sortie de la réponse française à l'Angleterre, 30 ans après. OI! L'ALBUM est la 14ème prod sous forme de LP compilation d'Une Vie Pour Rien ?, le fanzine et label parisien désormais basé à Nantes, capitale des chauves ? À la manière de SOUNDS à l'époque, le disque présente 13 groupes actuels de la France zéra, qui livrent tous un inédit.
1. BOMBARDIERS (Bordeaux) ouvrent le bal des vauriens avec un morceau de nostalgie moderne intitulé "1984".
2. Le meilleur titre du skeud est à l'initiative de HARDTIMES (Paris), "Vengeance", la Oi! agressive à son top. Ta haine te f'ra crever !
3. THE HEADLINERS représentent Nantes avec "Wanker" (Dédicace à Pépino ?).



4. THE DALTONZ (Caen) me rappellent trop de groupes comme TOY DOLLS ou SPLODGE. Donc bof.
5. THE CLEAN CUTS perpétuent la tradition powerpop 77 stéphanoise, ça le fait, même si ça vaut pas un bon morceau loubard de LAVILLIERS.
6. GONNA GET YOURS (Paris) jouent toujours leur oi!-punk mélodique qui rappelle les groupes européens agréables des années 2000 comme EVIL CONDUCT ou SKINFLICKS.
7. Les GOLDEN BOYS tentent l'épreuve du fun brutal avec une reprise de "Ville de lumière", très Chaos.
8. Les Rochelais 80 de JANITORS déçoivent un peu avec leur "HLM sauvage" trop garage sur une guitare en plastique, alors que je quiphe bien d'habitude.



9. OL'CUNTS est la dernière formation de parisiens célèbres provenant des TECKELS, TOLTSHOCK et compagnie. Ça casse pas vraiment la baraque. Trop de revival tue le revival. Et trop de chansons en anglais tuent la Oi! française.
10. Le refrain de THE RUDES (Tours), renvoie à l'age d'or de COCKNEY REJECTS, mais le reste moins...
11. L'ovni SURVET SKIN (Paris) reste inclassable, avec les mecs de 8°6 CREW, HAPPY KOLO, etc. pour un cocktail hard rock-reggae-punk molotov.
12. LA CONFRÉRIE DES CONNARDS, sans haine sans violence et sans arme, chantent "Metropolis".
13. Et ça finit sur ST. GEORGES B, les Brassens du 3ème millénaire en hommage à la rue. Tu chausses du combien ?
Il faut croire, il faut croire, il faut croire... que la Oi! croît encore.

HARDTIMES - Vengeance

Evil !

AWAYDAYS (2009)



Au début, on croit à un film promotionnel pour Adidas, et ensuite on se noie très vite dans le marasme de Liverpool. Je trouve pas que ce film ressemble à CONTROL meets THIS IS ENGLAND comme l'affiche le stipule fièrement, malgré le côté esthétiquement chiant. Ça m'a plutôt rappelé 16 YEARS OF ALCOHOL. Le bad skin du film de Shane Meadows est toujours leader, Godden, d'une bande de jeunes casuals, voyous et fiers de l'être. We are evil! We are evil! We are evil! Stephen Graham est une parodie sans passé et sans charisme de Gary Oldman dans le puissant THE FIRM, le thème est ici le même : la violence dans les veines. Une des premières scènes est d'ailleurs un affrontement sous un pont, entre ces minets hooligans et une bande de skins de l'âge de leur père. Zéro crédibilité. (Pour de la bagarre plus réelle, se reporter à CASS, la biographie du célèbre hool anglais sorti l'année dernière)



Malgré le côté grotesque et le minimum syndical anglais, je te place un pub, de la bière à gogo, un surplus d'expressions du cru, des meufs chubby faciles, un port avec un paquebot, de la dépression brouillardeuse... le film est un véritable catalogue du style briton de la fin des 70's. V-neck, Fred Perry, Cagoule jackets, Crombie, Adidas tous modèles et j'en passe. La bande-son n'est pas dégueulasse non plus, THE CURE, ECHO & THE BUNNYMEN et beaucoup d'ULTRAVOX et de JOY DIVISION (forcément...). Cette obsession du style clean et de la violence à tout prix renvoie aussi au mythique film de Mods : QUADROPHENIA. (Réalisé par Pat Holden, AWAYDAYS est d'abord un livre sur l'histoire du casualisme, écrit par Kevin Sampson)



Ah oui, l'histoire. Un jeune garçon, Carty, qui se fait chier au bureau et qui vient de perdre sa mère, assiste à un vil coup de cutter au match footballistique du samedi. Lorsqu'il retrouve son auteur, Elvis (sosie d'Eminem), dans le club rock du coin, il le supplie de l'intégrer au Pack. Comme dans tous gangs, Carty va devoir faire ses preuves et va bientôt devenir un membre éminent de la banda. À côté de ça, Elvis, pédé drogué aux idées suicidaires va se rapprocher de plus en plus de Carty de façon ambiguë. Godden va se faire ouvrir la jugulaire par un lad et Carty réalisera que cette vie n'est pas pour lui. Putain c'est bidon ce scénario. Oui pour les trainies et les blousons agressifs. Oui pour les coupes de cheveu incroyables. Oui pour la musique et l'attitude. Non pour le reste.

LA BANDE-ANNONCE

SKINHEADS: Ennemis pour l'éternité (Acte III)


ACTE III: Crise Identitaire & Réhabilitation (1999-2008)

Les années psychologie. Et le constat que derrière la violence brute, il y a un petit coeur à bretelles qui bat. Le cinéma s'élève, du moins essaie, et on obtient de belles réussites. Les réalisateurs reviennent aux racines ou tentent autre chose, et dans les deux cas, ça vaut le coup d'oeil.


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SKINHEADS: Ennemis pour l'éternité (Acte II)


ACTE II : Être nazi ou ne pas être (1989-1998)

Au début des années 90 va apparaître toute une série de films, plus ou moins merdiques, laissant un même constat: les skinheads sont tous des abrutis, fanatiques du 3ème Reich. Et évidemment, le premier "joyau" du genre vient des Amériques et s'appelle originalement...


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SKINHEADS: Ennemis pour l'éternité (Acte I)

ACTE I : Prémisses & Renouveau (1963-1982)

Les skinheads derrière l'écran ne se résument pas à des documentaires politiques, musicaux ou footbalistiques. En 3 actes, je vais vous parler de "vrais" films où les vilains chauves occupent une place récurrente, voire même les rôles principaux, et ça commence très tôt...


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THE SLOG MOVIE (1982)


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Skinheads 1988

Oi!


SUR LES PAVÉS : La réponse à ANTIFA



Le DVD "ANTIFA: Chasseurs de skins" sorti il y a quelque mois, et réalisé par Marc-Aurèle Vecchione (auteur de WRITERS) mettait en image une partie de ce qui avait été dit sur le 187 Forum (le forum d'OGK (Mafia Trece, Southcide 13)) à propos de la bande des Red Warriors et des embrouilles de territoire ayant eu lieu du milieu des années 80 au début des années 90 (Voir aussi le DVD "BLACK DRAGON GANG" sorti en 2007). Ou comment les bandes de redskins, ducky boys et zulus avaient chassé les "fachos" de Paris.



Véracité des propos ? Exagération ? Révisionnisme ? La vérité sur toutes ces histoires est toujours délicate. Chacun y va de son couplet. N'était concerné qu'une poignée de personnes dans la masse populaire d'une capitale, évoluant de plus dans une époque révolue depuis 15 ans. Avec aucun contre-poids ou vision neutre et actualisée, ce DVD n'apparaissait pas sérieux voire pas crédible du tout. SUR LES PAVÉS (je ne sais pas qui est à l'initiative de ce reportage) ira, lui, chercher les témoignages des skinheads pour se faire une opinion plus concrète et complète sur le sujet. Ça sort le mois prochain, et contrairement à ANTIFA, ce sera gratuit.

FELON (2008)

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The Evolution of a Cro-Magnon, John Joseph, 2007.



Si vous avez suivi Hey You!, si vous suivez le blog, si vous avez suivi la musique underground de ces 25 dernières années, le nom Cro-Mags doit résonner dans vos caboches. Groupe légendaire et intemporel créé à l’orée des 80’s et maintes fois écorché (comme toute gloire du rock) jusque dans les années 90. Ce livre est le livre du chanteur, John Joseph (nom d’emprunt pour échapper à la police). Et c’est bien plus qu’une biographie de groupe, c’est l’histoire d’un mec, d’une musique, d’une bande de jeunes, d’une révolution spirituelle, et surtout d’une ville, New York.

L’histoire d’un mec à sa place nulle part excepté dans les rues, toujours en fuite, qui utilise la violence puis la musique comme exutoire. Car comme les vrais savent, que ce soit dans la musique ou l’art en général, l’adversité reste le moteur le plus efficace de la créativité. Le livre est bourré d’anecdotes, d’expressions, de langage atypique et de personnages tous plus dingues les uns que les autres. JJ manie l’arrogance et l’humour à merveille, il sait jouer avec la puissance des mots pour nous rendre addictifs à la lecture. La sincérité qui s'en dégage fait de cet ouvrage un putain de classique pour n’importe quelle âme vivant dans ce monde plein de haine. Le résumé et le décryptage que j’en ai fait est long et mérite d’autant plus d’attention, mais plutôt que de lire mes délires, COURS ACHETER LE LIVRE. (www.punkhouse.org)




I. Peace and love ?

1967. John McGowan a 5 ans, les forces vives sont au Vietnam, les forces passives sont sous acide, lui et ses 2 frères vivent avec leurs parents dans un appart du Queens. Seulement son père a trop regardé RAGING BULL et comme De Niro, le boxeur déchu, alcoolique, frappe sa femme, de plus en plus fort. Scénario classique. Les gosses sont placés en centre d’accueil puis Eugene l’aîné, est envoyé à Long Island pendant que John et le petit Franck atterrissent chez les gentils Sheridans à Brooklyn, avant de connaître l’enfer à partir de 1970.


II. The Valentis

La mère Sheridan attrape un cancer, ne peut plus les garder, et les 2 gamins débarquent chez les Valenti, une famille italienne comme vous vous en doutez.

"I still laugh about how tacky the Guidos in New York were back in the day, with their overly sculpted hairdos, tight clothes, moronic dialect, gold chains, an especially, their cars. … The Irish – just about everyone else in NYC – didn’t get along with the Italians. They lived in their neighborhoods, dated their own, partied at their clubs and if you accidentally ventured into their bar, or their park, or hit on one of their girls, out came the Guido sticks and their famous line, "Fuuhhget about it… bats ain’t for fuckin’ baseball!" (Insert sounds of broken bones here)"



Ils sont traités comme le chien de la maison, d’ailleurs ils leur ont aménagé une cabane au fond du jardin à côté de la niche du clebs. Pas de vêtements, de nourriture saine ou de divertissement, c’est le début de la galère. Ils deviennent esclaves de Rose Valenti, la maniaque de la propreté, et les souffres douleur du dégueulasse Mr V. La donne change quand Eugene rejoint les 2 frangins. Ils monteront les plans les plus fous pour se procurer repas, friandises, radio et argent de poche dans le dos des affreux ritals. Eugene le ‘hustler’ est né. J est déjà passionné de musique et fanatique de l’émission ‘Soul Train’!

"I used to wish I was black because, in my opinion, they were just so much cooler than any white people I have ever met."

Ils économisent pour rendre visite à leur mère certains week-end mais ne sont pas vraiment les bienvenus, celle-ci côtoyant un nouveau guido du nom de Carl. Mais que ce soit en dehors ou à l’école, aucun des trois ne l’ouvre sur les conditions déplorables dans lesquelles ils vivent. J le petit démon se trouve un nouveau terrain pour évacuer, le PLAYGROUND. Cet irlandais est blanc mais noir à l’intérieur.



"When we played sports we always fantasized about being O.J. Simpson, Julius "Dr. J" Erving, or Vida Blue… The reason was plain and simple – we didn’t idolize white athletes. Oh, hell no ! Our heroes were all black."

Après avoir finalement avoué à Mr Hayes (l’incompétent de l’assistance sociale en charge des McGowan) avec l’appui de l’entraîneur de basket local, comment ils étaient traités chez les Valenti, les 3 frères changent de famille, et de domicile, une fois de plus.

"When all was said and done with that insane asylum, E wasn’t the only one who’d developed King-Kong sized nuts. The shit I endured in the Valenti house gave me thick skin and it would come in handy later on in life."




III. The funkiest little white boy of the year

1975. L’heure de la débandade a sonné. Arrivée à Garden City, NY dans une famille dénommée elle aussi McGowan mais avec des revenus nettement différents (et 2 charmantes filles qui les détestent direct). L’argent coule à flot et le passage où J choisit la tenue de sa rentrée est culte.

"I stared in awe: a pair of shiny, bell-bottomed metallic pants, the kind worn in blacksploitation films by the coolest motherfucker you’ve ever seen on camera. The kind that were so tight you could tell the person’s religion, if you know what I mean. … The shirt would have to be something equally loud. Green polyester. Then came the crowning glory… the biggest pair of, ‘as-brother-as-you-can-get’, Harlem-ass platform shoes you have ever seen ! … I looked like David Bowie meets George Clinton…"

Evidemment ils sont envoyés dans l’école bourgeoise du coin et y’a aucun noir dans la cour. J est de nouveau la risée, après lui avoir reproché d’être pauvre, ses nouveaux camarades lui reprochent d’être cool ! Puis arrive la puberté. Et le moment de goûter aux plaisirs de la chair. Visez cette poésie de rue.

"Back then if you made it with a girl it was measured in terms synonymus to the bases on a baseball field. First base was kissing and second equaled grabbing a little tittie. Third base meant you and your boys got to smell your fingers and home plate meant you were the hometown hero."



Puis l’orientation de J va prendre un tournant avec les fréquentations de son frère et donc les siennes.

"The only cool people I met in school were the ‘Rockers’ … Althought they liked me, the one concession I did have to make while hanging out with them was over my musical tastes. I was told point blank, "No fuckin’ black music, Bowie" … "Fuck", I thought after hearing about Black Sabbath’s music and dark message, "These are some people I can relate to".

2ème claque après Parliament, J achète ‘Paranoid’ au local-shop et c’est l’extase. Il devient un petit homme d’acier. Les parents McGowan partent en vacances une semaine. Les filles organisent une fête comme il est de tradition aux USA. Et la foire commence. E et J ramènent tous leurs potes chevelus et sales dans la riche villa imposant leur bande son à base de Aerosmith, Deep Purple, Led Zepplin, et Black Sabbath évidemment. Ca dégénère. Les parents raboulent en trombe. Leur chance de réhabilitation s’envole. Direction le centre de St John à Rockaway Beach.




IV. Rock, rock, rock, Rockaway Beach

1976. Back in Queens. Et retour à la dure réalité d’un centre composé d’une majorité d’espagnols et de noirs qui ont l’habitude de se faire corriger par toute la communauté irlandaise des alentours, donc qu’est ce qu’ils voient dans ces 2 nouveaux culs blancs ? Des proies ! Mais bon, John, le mec fly, s’intègre bien, et son frère E traîne avec la brute du centre, Bobby K, donc no problemo. Ils peuvent sortir comme ça leur chante et les premiers vrais contacts avec la rue se font. J découvre les joies du métropolitain et bien sûr le début du graffiti.

"While living in NYC, I got to know a handful of the world’s most well-respected graf artists. Altought I rolled with many legends like Futura 2000, Dondi White (RIP), Dr. Revolt, Hyper (Mackie of the Cro-Mags), Zephyr, Team, even meeting Lee a few times, I was what they would call a ‘toy’. In other words… I sucked. I sucked at everything related to graffiti".



Bobby K fait découvrir l’acide à J qui consomme déjà beaucoup de weed. De nouveaux s’horizons s’ouvrent à lui et J commence à traîner n’importe où, du squat Holland House au ciné The Deuce à Manhattan, et à apprivoiser la rue où tout était permis.

"As a native New Yorker, I can honestly say that it’s something that’s getting harder and harder to find these days. So I say fuck Giuliani, fuck Mickey and fuck Disney’s Lion King ! I say bring back the pimps, ho’s, derelicts and con artists."

Après un rendez-vous raté à un concert de Black Sabbath (où J complètement défoncé vomit sur les premiers rangs ahah) et sa première expérience sexuelle riche en émotions (‘she told me not to cum, but it was too late’), les tensions au centre s’accentuent, J est mêlé à de violentes bastons, ses alliances avec différentes bandes de voyous de Rockaway (the Otts, the Pullises, 116 crew) le poussent vers la sortie et en janvier 1977, il fugue pour de bon.




V. Welcome to the LES – The ABCDS’s of survival

Le jeune gaillard a mal choisi son mois pour errer dehors. Ca caille man. Le Brother Mark qui s’occupait de lui à St John a émis des avis de recherches et J doit donc fuir le coin. Il débarque dans le Lower East Side (dont ses ex-potes lui ont tant parlé) et rencontre 2 dealeurs allumés bordéliquement, Mickey Debris et Buckles (un maniaque du ceinturon). C’est le début de la fin. La plongée au cœur du crime. Surtout quand Canito, une connexion porto ricaine, lui présente le coin et la signification des avenues ABCD.

"He pointed up at the First Avenue street sign and with this wild-eyed stare, he explained that "The Guardians of the Threshold" had a saying about crossing this avenue and leaving the demilitarized zone. If you came to ‘A’ you was adventurous, ‘B’ you was bold, ‘C’ you was crazy and ‘D’, you was a dead, maricon."

Mickey lui enseigne tous les rudiments du biz (‘you have to believe your own bullshit’) et J apprend vite. Ils vendent de la weed et de faux acides devant le Madison Square Garden pendant les concerts de rock et font péter les billets verts. Que d’la drogue, que du stupéfiant. Il faut savoir qu’au fil du livre, chaque dealeur ou maraudeur que rencontre John est toujours plus fou et violent que le précédent. C’est amusant. J traîne de nouveau avec Bobby K (la terreur de St John) et un nouveau sdf, Bobbie Bird, qui lui montre comment les choses se passent au parc du Dome, son nouvel eldorado. L’été 77 est là.



"The sweltering summer of ’77 was upon us, but NYC was in a serious recession and everybody was freaking out about the murders carried out by David "Son of Sam" Berkowitz. … Punk was also exploding at this point, but I think Berkowitz knew better than to fuck with punk rockers. I remember hanging out and smoking dust in Bayside a few days prior to the shootings. I was wearing the hot-ticket item of the day – a shirt with a target on it that read "Come on… take your best shot." !

J retourne à Rockaway et voit ses bros et sa mère de temps en temps mais sa vraie place est dans la street. Parfois, les endroits, les protagonistes et les dates se mélangent dans notre tête, comme des acides, mais le fil du livre reprend vite son cours (ça arrive quelques autres fois). J fait la rencontre de Crazy Dave, un nouveau fou, qui lui fait, en quelque sorte, accéder aux joies du punk rock.

"He told me about this punk club in the city called, Max’s Kansas City, where the girls were easy. Dave didn’t know shit about punk, but according to him any girl who dressed like that was out for one thing – to get fucked. So, off we went."



Puis après avoir vécu sa première déchirure d’amour (avec la punkette Nancy, pas celle de Sid Vicious), retrouvée morte d’une OD dans son 1er foyer, le bungalow infecté de rats de Mickey (qu’il ne reverra que des années plus tard), J ressort bouleversé de cette expérience avec une haine incontrôlable.

"Something snapped in me after Nancy died. I would hurt people who even looked at me wrong … I often fought dudes bigger and I’d hit them with whatever I could get my hands on – a 2x4 from the boardwalk, a pipe, a bottle, a brick or a rock. I’m not bragging about it, or proud of my actions in any way, but the sick thing was it made me feel good to hurt people."

Après le fameux ’Blackout’ (la panne d’électricité géante) du 13 juillet 1977 et son lot de vandalisation, J accroc à Rockaway y retrouve son frère Eugene qui traîne avec 2 nouveaux loubards. Tommy the Beast et son frère Joey. 2 brutes épaisses. Puis J s’encanaille avec Demented Doogie de Brooklyn, ainsi que Junior Nuts et Pops du Queens (2 polonais timbrés) avec qui il pillera les frigos dans les garages pour survivre. L’aventure s’achève par une folle course poursuite en caisse le long des boulevards, qui finit mal bien sur. J est de retour au Dome et Forrest Park, et se met à trafiquer avec Computer et Disco, 2 pédés noirs. Les histoires de drogue finissent mal en général. Après s’être pris une balle dans la jambe pour l’affaire de pédophilie de Disco, il vend un sachet à un flic, aïe ! Direction le centre pour délinquants juvéniles de Spofford… dans le South Bronx !




VI. Play the wall

Septembre 1978. J retrouve les bros noirs qui lui expliquent la règle à suivre pour sortir de l’établissement en vie.

"Playing the wall meant that when some shit went down like, a riot or you got into a fight, you always, no matter what, kept your back against the wall so no one could sneak up behind you."

Il joue de nouveau au basket, a les connexions qu’il faut et les 3 mois se passent sans incident grave, il est déferré dans un nouveau centre au nord de la ville, Lincoln Hall.




VII. Linky-dinky-dog

J rencontre de nouveaux rockers rebelles dans ce centre pour jeunes désaxés et peut réécouter Led Zepp sans gêne, tout en suivant les modes musicales et vestimentaires de la communauté noire.

"1978 and 1979 were also two magical years in New York. It was right around the time the brothers were making a fashion statement that’s stood the true test of time, unlike a lot of the fashion crazes from that era. I’m talking about wearing "Wave Caps", that are now called "Doo Rags" which are used to keep your hair tight with waves. In the old days, brothers improvised and used pantyhose that were tied off at the end to keep their shit tight."

Il est toujours le seul blanc accepté par les noirs et a droit d’accès à la salle TV quand les frères regardent leur programme, avant qu’un fanatique des 5% de la Nation of Islam le traite de démon et que les choses dégénèrent. On apprend comment les jeunes fauves se masturbaient en chœur dans de vieilles chaussettes une fois les lumières éteintes (ahah) et J retrouve encore son frère E (ugene) catapulté lui aussi parmi les bandits. John a 18 ans, c’est le temps du service militaire.




VIII. Anchors away

1980. J débarque dans la base marine de Norfolk en Virginie et comme d’hab, il s’insère vite dans son environnement et dans la scène punk du coin (qui n’avait pas pour habitude de traîner avec les bidasses). Il y rencontre Doug, le patron du club Taj Mahal, Vic Demise, et le fameux Raybeez qui chantera quelques années plus tard dans le groupe NYHC Warzone.

"They had no choice though because I was there to stay. If they didn’t like it I would kick their ass, because unfortunately for them they missed out on that Punk 101 lecture that stated mindless violence is a must."

La base était posi quand même, au vu du nombre de permissions qu’il avait et effronté comme il était, déambulant en futal de cuir avec t-shirt arborant une croix gammée la nuit tombée. Et puis un jour, c’est le troisième choc (après Parliament et Black Sabbath), il voit les Bad Brains en live et ne s’en remet pas. Il noue aussitôt des liens avec le chanteur, H.R., qu’il adule, et les suit à Washington D.C. certains week-ends où il découvre pour la première fois, une scène hardcore balbutiante et les saveurs de la mosh, ramenées de L.A. par Henry Rollins.



"Seeing the Brains in D.C. was another unforgettable experience. Prior to that I was still pogo-ing and doing a robot-like new wave dance, but the D.C. crowd was sick. I never saw anything like it, stage diving, creepy-crawling, and skanking. It was amazing, and unlike moshing as it’s called today, which is nothing more than a bunch of idiot jocks and retards getting their frustrations out by beating the shit out of each other. This was a tribal dance with an art form type quality about it."

J navigue d’Arkansas en Amérique du sud, trouve une meuf, retrouve les joies du trafic de stupéfiants (‘you can take the brotha out of the ghetto, but you can’t take the ghetto out of the brotha’) avant de rentrer à NY. Au fil de ces pages, il peste contre le punk homogénéisé d’aujourd’hui et nous avoue que le concert de Minor Threat à NYC reste un des meilleurs de sa vie.




IX. Live from New York

1981. John a flairé qu’il se passait quelque chose et déserte les Marines pour rencarder les Bad Brains qui vivent désormais à NY, au célèbre studio 171A dans le L.E.S. (qui voit aussi passer Reagan Youth ou les Beastie Boys, entre autres). Il s’y installe et y raisonne (parler spirituellement dans la tradition rastafari) des heures et des heures avec H.R. et Jay Dubs (le boss du studio) puis y découvre le mode de vie végétarien et la cuisine qui va avec tout en matant les Mauvais Cerveaux répéter, que demande le peuple ? Ce n’est pas le paradis non plus. Les gangs des rues avoisinantes appelés The Hitmen ou les Allen Street Boys surveillent du coin de l’œil les délires de ces jeunes allumés bruyant qui s’abreuvent de tofu et de philosophie orientale.

J explique que NY était LA place où jouer pour les groupes de l’époque. On apprend d’ailleurs que l’acteur John Belushi était une terreur du pit ! C’est grâce à lui que la chaîne NBC tourna le clip du fameux concert de FEAR qui fut un massacre total ! L’anecdote est racontée de A à Z, du conditionnement des punks dans une pièce vide jusqu’à la bataille finale de citrouilles dans les studios (c’était un concert pour Halloween !)…



"NBC security people were trying to get us out of the studio and a few of them made the crucial mistake of coming out into the dance floor. Not a good idea and towards the end of that song the fighting got worse. That’s when Ian MacKaye grabbed the mic and yelled live on national TV, "Fuck New York! New York sucks !".

La rencontre avec Harley Flanagan le petit teigneux se fait. Puis J crée son propre groupe avec les roadies de Bad Brains (guitare, batterie) et à la basse, incroyable mais vrai, le bluesman évoluant aujourd’hui sous le nom de Popa Chubby. Le groupe s’appelle Bloodclot, un nom qui en patois jamaïcain est associé au cycle menstruel de la femme, Ragnoutes quoi.


X. Supertouch shit fit

Johnny plonge de plus en plus dans la philosophie Krishna de Srila Prabhupada, commence à aller au Temple et puis part dans une tournée mouvementée avec les Bad Brains. Notamment lors du concert à Raleigh en Caroline du Nord où, comme dans beaucoup d’autres endroits, le proprio du club ne savait pas que le groupe était uniquement constitué de noirs. Résultat garanti et rednecks anéantis. Les kids ont eu leur mot. Et inévitablement, les Bad Brains vont changer, en parti dû à leur nouveau roadie, Judas (c’est son vrai nom), qui convertira progressivement H.R., et donc le reste du groupe, aux propos racistes de Louis Farrakhan. Les rêves de tournée sur la côte ouest avec ses potes s’envolent, J est remercié et mettra du temps à s’en remettre.




XI. Let the scams begin

On arrive à la partie la plus pénible du livre. John rentre au Temple à temps plein et s’exile à Puerto Rico pour un temps. Ca se passe très mal. Il revient à NY et découvre que comme partout, cette philosophie sensée élever l’être au-delà du monde matériel est aussi soumise au pouvoir de la monnaie comme n’importe quels autres doctrine, mouvement ou religion. De plus, un scandale de pédophilie éclate autour d’un des leaders du mouvement.

Après avoir mis ses techniques d’arnaque en effet pour vendre aux touristes les petits guides du dévot, il laissera tomber le Temple et encore une fois, après St John et les Marines, il s’échappera par la porte de derrière. Retour à la galère (il vit dans un squat miteux), mais aussi et surtout à la musique. Lui, Harley à la batterie, Doug Holland de Kraut à la guitare et un mec d’Antidote à la basse créent M.O.I. (Mode Of Ignorance).




XII. Survivor of the streets

1982. MOI n'est plus. Le premier line-up vaseux de Cro-Mags, avec Eric Casanova de Urban Waste au chant, fait 2 concerts assez catastrophiques. Mais déjà, leur réputation est sulfureuse.

"The Cro-Mags at that point had a Nazi skinhead reputation because Harley and Eric dressed like skins. Harley got a swastika tattoo and they engaged in gay bashing with the other knucklehead skinheads they hung out with. … Harley and Eric made the front cover of this big gay magazine that had a picture of them about to fuck someone up. The caption read, "GENTLEMEN… BEWARE OF THESE TWO SKINHEADS."

Puis les homos commencent à s’habiller comme les skins pour arrêter de se faire taper et se mettent aussi à la muscu. Harley arrête ses gamineries et se laisse pousser la cheveu. 1984. Parris veut que ce soit Roger Miret d'Agnostic Front) qui chante mais John met tout le monde d’accord dans le local à répète. D’autant qu’il était le chanteur à la base, ayant composé quelques trucs quand il traînait avec Harley. La vraie formation est née. John au chant, Harley à la basse, Kevin Mayhew (aka Parris) à la gratte et Mackie à la batterie. Ils pressent une K7 (la session ‘Before the quarrel’) grâce au label de country (ahah) du père de Parris et commencent à beaucoup tourner, pendant que tout un contingent de fêlés se greffe autour d’eux.



"We played harder and faster than anyone else (minus the Bad Brains, of course) and our shows were some of the most violent around. It was controlled violence though; it was dance. There was a rhythm to it and perhaps to the outsider, the mosh pit may have looked like a bunch of people beating the shit out of each other, but in reality it was anything but. The Cro-Mags always spoke of unity at the shows and if some jock or redneck type did start some shit, I guarantee you after the Cro-Mags cronies got done with his ass, his mosh pit days were over."

J retrouve son pote Crazy ‘Cubano’ Dave qui lui loue une piaule pendant qu’il bike message dans NYC. On assiste encore à une folle galerie de personnages déambulant dans Alphabet City, à l’Est du Village.

"Now we’re off to Alphabet City where the girls are loose, the cops are crooked, the dope is strong and the crack heads shit anywhere because the curb your dog signs don’t apply to them."



Poppo l’africain alcoolique déguisé en chinois, Daisy le disquaire travesti de Ratcage records, Mr. Belt Guy le revendeur de ceintures des morts, Kevin Carpet qui devait son nom à sa manie de se masturber en pleine rue sur sa couche, Black Dave le patron dingue du club A-7 (le nouveau QG de Cro-Mags), Bags le nympho man qui se retrouve avec une graine de chili coincé dans le gland (ahaha), Bubba Phet le gros hustler noir et tous les dégénérés de Tompkins Square avec le plus taré de tous, David "Wacko" Rakowitz.

"The first sign that something was up was the fact that Cubano noticed he hadn’t see the girl around for some time and she was late on rent. … When Cubano asked Rakowitz where his roomate was, he said "I killed her, chopped her up, made soup of her and fed her to the homeless in Tompkins Square Park"."



Voilà une bonne solution pour nourrir les plus démunis. Dans ces pages, John propose un ‘Cro-Mags Caravan Tour’ pour les touristes désirant découvrir le VRAI NYC, pas celui qui brille. On rigole bien. On rigole toujours quand J évoque les débuts de Harley en tant que tatoueur !

"He practiced on skinheads and potatoes because according to him their I.Q. was about the same. His résumé included the Crazy Cubano Dave massacre and a big American flag on this guy Brian’s neck. After the painful nine-hour tattoo session that would have taken any real artist an hour, Brian looked at the finished product and said, "Yo Harley, it’s backwards, man !" Harley’s reaction was simple, "Oh shit, sorry dude. My bad. Just look at it on the mirror and you’re good to go."




XIII. The age of quarrel

1985. Le groupe s’est définitivement fait un nom et les requins du biz ne tardent pas à les approcher. Chris Williamson Virus aka CMW, le patron de Rock Hotel (sous label de Profile frauduleusement créé), devient leur manager. Puis, ils enregistrent la bible "The age of quarrel" qui sort en 1986. Le nom faisant référence à leur philosophie (oui Harley aussi s’est mis à lire les livres du petit Krishna) et à l’age dans lequel ils évoluent appelé Kali-Yuga ou le ‘dark iron age of quarrel and hypocrisy’. Doug Holland se joint au groupe et cette formation, considérée comme la meilleure des Mags, tiendra une petite année.

"I didn’t choose punk and hardcore, it chose me and, for whatever reason, it ain’t about fashion, or even the music for that matter, it’s a state of consciousness. Once you realize that, there’s no way you can ever sell out."



Cro-Mags ouvrent de plus en plus pour des groupes metal. Ils conquièrent le public de Venom, J descendant dans le pit provoquant les satanistes ahah, et ça marche. De succès en succès, ils partent en tournée avec Motorhead et Megadeth. J cuisine pour toute la smala, Lemmy kiffe à fond et tout le monde est heureux. Puis bon, forcément, les bonnes choses ont une fin. Dans un coin paumé du Texas, John et Doug essaient de troquer du bicarbonate de soude contre un sac de weed, la cavalerie à gyrophares arrive en trombe. Game over. Le manager magouille leur libération mais verrouille le cachet du groupe. Les Mags peuvent donc rentrer à NY pour tourner le fameux clip du film The Beat dont je vous ai parlé précédemment dans ce putain de blog.



"I was wondering if any Cro-Mags fans would even show up at 10 a.m. on a weekday to represent. As I turned the corner onto 3rd Avenue and walked toward 11th street I saw the entire block was mobbed with Cro-Mags fans. I jumped up on the steps of The Ritz, looked over the Cro-Mags army and they all fell quiet as they waited for their orders. I didn’t disappoint them. I yelled out, "I told these Hollywood fuckers that we were gonna show them what a real Cro-Mags show was all about. I wanna see you motherfuckers diving out of the balcony, off the sound system and each other. Let’s give them something they’ll never fucking forget !"

Kevin Dillon fait dans son froc et le concert laissera des séquelles dans la Cro-Mags army, 2-3 ayant fini le tournage à l’hôpital ! CMW devient de plus en plus pénible, et veut voir John quitter le groupe pour manipuler les autres, la tournée se termine. Parris et son attitude de rock star commence à chatouiller les autres. Ca sent la civière. Et c’est le drame. Le dernier concert à NY assurant un gros cachet au groupe, dont J a besoin, lui passe sous le nez, Harley et Doug se barrant tous les 2 avec l’oseil.




XIV. Base… How low you can go ?

Entre 1987 et 1989 c’est la débandade complète. ‘Best wishes’, le second album de Cro-Mags, désormais sous la houlette de Harley, sort. J n’est même pas crédité sur aucun des lyrics et lorsque qu’il choppe Harley ou Parris pour laisser la justice de rue faire son travail, ceux-ci le menacent d’aller le dénoncer aux keufs car il est toujours AWOL (Away Without Official Leave) de l’armée, recherché depuis des années maintenant. J trahi par les siens sombre dans la dépression et devient accroc à cette nouvelle merde qu’on appelle crack (adepte du free basing). Un beau jour de printemps, il rencontre K, une meuf de L.A. qui sortait avec un de ses srabs dans le temps. C’est le gros love. Elle est pétée de thunes et avant de repartir à L.A. elle lui laisse sa caisse. Erreur.

"Crazy and me smoked a big spliff as I sped over the Willie ‘B’ Bridge at 90 mph with no license, warrants in tow and evil intentions to inflict bodily harm on some poor fucker who got in my way. What was going through my mind at that precise moment? God how I love New York! It was a city of outlaws doing outlaw-type shit and getting away with it because the cops basically just didn’t give a fuck."



Puis K lui pose un ultimatum et pour le faire sortir du trou, l’invite à L.A. Ils s’installent ensemble et c’est encore pire, les 2 sont maintenant addictés. On a l’impression de lire le scénario d’un road-movie hollywoodien plein de poudre et de courses-poursuites. Les parents de K mettent plein de détectives sur leurs traces, ils prennent finalement l’avion de retour à NY sous haute précaution et à l’aéroport JFK, une armée d’impairs attend la jeune fille. John Bond quant à lui réussit à filer. Quel homme. S’il cherche à revoir K il plonge direct. C’est encore une période noire qui s’annonce.

"Nothing I’d been though prior to crack ever made me think of wanting to die. In the past I always felt that whatever doesn’t kill me makes me stronger, but I never experienced a demon like this before. Crack took my friends, my spirituality, my home, my possessions, my love… everything."




XV. Free your mind and the rest will follow

1989. Le Temple Krishna de Brooklyn sauve une fois de plus John qui se ressaisit et fait du vélo, c’est bien le vélo. Pendant ce temps, rien ne va plus dans les Cro-Mags et Harley prend le melon. Ca disse sévère.

"These guys thought to be the next Metallica or some shit. The only problem was, Metallica’s record went multi-platinum and the Cro-Mags second album went multi-cardboard. No one wanted to hear Harley do his patented 823 "Oh Yeahs!" on every song."

John traîne avec d’anciens potes dans le LES, dont Raybeez et Kontra, le grand russe qui s’est recyclé à Wall Street et le prend à l’essai dans sa boite mafieuse. C’est l’échec total tandis que les techniques de ‘hustling’ de son frère Eugene font merveille dans ce genre de business.

"I was a fish out of water in that office and when my feet hit the NYC concrete a surge of energy came over me. This was my stomping ground. I ruled out there."

Entre les histoires de putes et de coke de Kontra, J est désormais bike messenger pour une compagnie pas ordinaire dirigée par The Pope… il livre de la weed ! Les jeunes intoxiqués appellent le 1-8000-WANT-POT et les biscuits circulent. Il donne sa vie au sport et s’inscrit dans une salle de gym de vieux darons porto ricains et dominicains, The Gladiators. C’est déjà la fin des années 80.



XVI. The final evolution

1991. J n’a pas laissé tomber la musique pour autant et ouvre pour les Red Hot Chili Peppers avec son nouveau groupe, Both Worlds (où opère aussi un ex de Leeway). Une reformation totalement foireuse de Cro-Mags a lieu ensuite, suivie d’une tournée (en Europe notamment). Harley devient fou, obsédé par Charles Manson, déambule en robe et fume la pipe. Il emmène sa meuf sur le catastrophique tour et consume toute la monnaie du groupe.

Au retour, le deal avec le label Century Media se concrétise et le groupe sort son 3ème album en 1992, ‘Alpha Omega’. Harley fait encore le con en s’octroyant toute la composition du truc et surtout l’argent du label, c’en est trop, J quitte à nouveau le groupe. Il veut monter un nouveau projet mais le contrat avec Century Media n’est pas terminé et il participe au 3ème et dernier album du groupe qui sort en 1993, ‘Near Death Experience’ (que John considère comme une 'metal crap'!).



La guerre commence réellement entre Harley et John, qui utilise le nom Cro-Mags illégalement pour faire des concerts sous sa barbe. Flanagan (de retour de Cali) et Mayhew lui feront un coup de pute monstre en le balançant au commissariat de quartier. John est de retour à Norfolk où il devra aller s’expliquer sur ses 15 ans de désertion devant la cour martiale des Marines ! Il s’en sort miraculeusement bien passant quelques mois avec ses anciens homies et de nouveaux bidasses fans des Cro-Mags. De retour à NY, il fout une raclée à Harley tandis que Parris sous haute protection est intouchable et en profite. Puis John s’apaise, commence à écrire son livre et pardonne…

"That’s the gift of the Cro-Mags had to offer the world… an alternative, an answer, and the only reason we had because of Srila Prabupada and the message of the Vedas. If we didn’t we were just like every other knucklehead band singing about chicks, drugs, or how tough we are. Yeah, sure, we weren’t the purest messengers, but then again, who could have imagined in their wildest dreams that some street hooligan musicians would get access to the Vedic blueprint of how to escape this material world and in our own warped way, inject that into our music."

On arrive aux années 2000, John garde la pêche pendant que dans le 92i, Lunatic sort son album. Il renoue des liens forts avec ses 2 frères et sa mère et prépare son ex-nouveau groupe, Bloodclot. Harley lui, ressort un album avec Parris sous le nom de Cro-Mags intitulé étonnamment 'Revenge', avec beaucoup moins de metal. Puis, 2 avions habilement pilotés viennent bouleverser la face du monde. John et Franck assistent au spectacle en direct sur un toit du LES.



"We saw people jumping to their deaths and when the first tower fell thousands lost their lives. I also heard the collective scream for blocks. When I looked through the dust cloud I thought maybe just the top fell off, but when the smoke cleared all I kept saying was, "Holy, shit. It’s fuckin’ gone"."

Les 400 pages de ce témoignage absolu, d'une époque résolument enterrée, se terminent, calmement, nous laissant pantois, des images plein la tête et ces quelques notes philosophiques…

"The biggest mistake we can make in this world is to invest our love and not have it reciprocated. … We have to fight the right fight against ignorance. I think the Cro-Mags lyrics to the song "Life of my own" said it best : "You come into this world with nothing except yourself… you leave this world with nothing except yourself", and whatever advancement you’ve made spiritually."

PAIX & FIN.


(Lache tes comz)

N.Y.H.C. : A DOCUMENTARY (1995-2008)

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