Fluoglacial - Tendances Négatives

Hanging is not punischment enough



« Qu'est-ce qu'un supplice? "Peine corporelle, douloureuse, plus ou moins atroce", disait Jaucourt; et il ajoutait: "C'est un phénomène inexplicable que l'étendue de l'imagination des hommes en fait de barbarie et de cruauté." Inexplicable, peut-être, mais certainement pas irrégulier ni sauvage. Le supplice est une technique et il ne doit pas être assimilé à l'extrémité d'une rage sans loi. Une peine, pour être un supplice, doit répondre à trois critères principaux: elle doit d'abord produire une certaine quantité de souffrance qu'on peut sinon mesurer exactement, du moins apprécier, comparer et hiérarchiser; la mort est un supplice dans la mesure où elle n'est pas simplement privation du droit de vivre, mais où elle est l'occasion et le terme d'une gradation calculée de souffrances: depuis la décapitation - qui les ramène toutes à un seul geste et dans un seul instant: le degré zéro du supplice - jusqu'à l'écartèlement qui les porte presque à l'infini, en passant par la pendaison, le bûcher et la roue sur laquelle on agonise longtemps; la mort-supplice est un art de retenir la vie dans la souffrance, en la subdivisant en "mille morts" et en obtenant, avant que cesse l'existence "the most exquisite agonies".

Le supplice repose sur tout un art quantitatif de la souffrance. Mais il y a plus: cette production est réglée. Le supplice met en corrélation le type d'atteinte corporelle, la qualité, l'intensité, la longueur des souffrances avec la gravité du crime, la personne du criminel, le rang de ses victimes. Il y a un code juridique de la douleur; la peine, quand elle est suppliciante, ne s'abat pas au hasard ou en bloc sur le corps; elle est calculée selon des règles détaillées: nombre de coups de fouet, emplacement du fer rouge, longueur de l'agonie sur le bûcher ou sur la roue (le tribunal décide s'il y a lieu d'étrangler aussitôt le patient au lieu de le laisser mourir, et au bout de combien de temps doit intervenir ce geste de pitié), type de mutilation à imposer (poing coupé, lèvres ou langue percées). Tous ces éléments divers multiplient les peines et se combinent selon les tribunaux et les crimes: "La poésie de Dante mise en lois", disait Rossi; un long savoir physico-pénal, en tout cas.

Le supplice fait, en outre, partie d'un rituel. C'est un élément dans la liturgie punitive, et qui répond à deux exigences. Il doit, par rapport à la victime, être marquant: il est destiné, soit par la cicatrice qu'il laisse sur le corps, soit par l'éclat dont il est accompagné, à rendre infâme celui qui en est la victime; le supplice, même s'il a pour fonction de "purger" le crime, ne réconcilie pas; il trace autour ou, mieux, sur le corps même du condamné des signes qui ne doivent pas s'effacer; la mémoire des hommes, en tout cas, gardera le souvenir de l'exposition, du pilori, de la torture et de la souffrance dûment constatés. Et du côté de la justice qui l'impose, le supplice doit être éclatant, il doit être constaté par tous, un peu comme son triomphe. L'excès même des violences exercées est une pièce de sa gloire: que le coupable gémisse et crie sous les coups, ce n'est pas un à-côté honteux, c'est le cérémonial même de la justice se manifestant dans sa force. De là sans doute ces supplices qui se déroulent encore après la mort: cadavres brûlés, cendres jetées au vent, corps traînés sur des claies, exposés au bord des routes. La justice poursuit le corps au-delà de toute souffrance possible. »

Surveiller et punir, Michel Foucault, 1975.

TROPA DE ELITE (2007)



Après "Cidade de Deus" (La Cité de Dieu) qui se plaçait plutôt du point de vue de la délinquance, "Tropa de Elite" (Troupe d’Élite) est dans la lunette de la police, du moins cinématographiquement. "Troupe d'élite, troupe d'élite, ton pays se meurt et t'es là pour le dire!" José Padilha, as du documentaire social avait déjà mis en image "Ônibus 174", le 12 juin 2000 un jeune voyou de Rio prend en otage les passagers d'un bus pendant des heures. Son premier film se nourrie aussi de documentation poussée (d'après des témoignages publiés dans un écrit sociologique de Luiz Eduardo Soares) lorsque qu'il analyse en profondeur les dessous du BOPE, le Bataillon des opérations spéciales de police de l’État de Rio de Janeiro. Des militaires urbains surentrainés qui luttent contre la corruption et contre le trafic de drogue qui défigure la ville. Leurs méthodes sont... expéditives, violence contre violence. Les places dans cette brigade sont chères, et les camps d'aspirants terrifiants. L'histoire relate la vie du Capitão Nascimento, bientôt papa, et la recherche de son successeur potentiel...



After "Cidade de Deus" (City of God) which is filmed from delinquency point of view, "Tropa de Elite" (Elite Squad) is within the scope of the police, at least cinematically. "Elite Squad, Elite Squad, your country is dying and you're here to say it!" José Padilha, ace in the social documentary had already pictured "Ônibus 174", June 12th in 2000, a young hoodlum from Rio takes hostage the passengers of a bus for hours. His first movie is also fed from sources (based on published accounts from sociological writer Luiz Eduardo Soares) where he analyzes in depth what's going on below the BOPE, the Special Operations Battalion of State Police of Rio de Janeiro. Urban military officers, overtrained, struggling against corruption and drug trafficking which disfigures the city. Their methods are quite... expeditious, violence versus violence. Seating in this brigade is hard work, and aspiring camps are terrifying. The story chronicles the life of Capitão Nascimento, soon to be dad, and looking for his potential successor...



Surveiller et punir, punir fort... Matias étudie Foucault à l'université et est policier à côté, ce que les étudiants qu'ils fréquentent ne savent pas (drame supplémentaire quand sa meuf l'apprendra). Ses camarades de classe sont donc foncièrement anti-flics, fumeurs de joints et à l'occasion revendeurs, alors quand Matias au cours d'exposés essaie de redorer le blason des bleus, ça passe mal. Lui et son collègue Neto en ont marre des petits moyens de la police de proximité, et des magouilles en tous genres. Au cours d'une opération qui tourne mal, ils sont relayés par le squad, l'élite de la police. Matias et Neto vont être aussitôt fascinés par ces bad boys qui font le bien à travers des méthodes de mercenaire, puis vont s’enrôler. Une seule optique: faire respecter la loi le plus efficacement possible (à l'aide de balles perforantes, de véhicules d’assaut, en mettant de côté de côté les civils en civière, les tortures et compagnies). Matias va vite s'apercevoir de la "machine à tuer" que représente le BOPE tandis que Neto va se laisser prendre au jeu. Parallèlement, le cap. Nascimento voit rouge, jonglant avec une grosse filature de trafiquant, doutant au sujet de son remplaçant et d'une future vie de famille paisible... Cette guerre ne possède ni fin ni vainqueur...



Discipline and punish, punish hard ... Matias studies Foucault at uni and apart is police officer, what students he hangs out with don't know (more drama when his girl will learn about it). His classmates are fundamentally anti-cops, pot smokers and occasionally dealers, so when in lectures Matias tries to boost the image of the boys in blue, it goes wrong. He and his colleague Neto are tired of the little means of their police brigade, and of shenanigans of all kinds. During an operation that failed, they're relayed by the squad, the elite police. Matias and Neto are immediately fascinated by the bad boys doing the good through mercenary ways, then go enlist. One goal: enforcing the law as effectively as possible (with .50MG, assault vehicles, forgetting about dead civilians, torture and stuff). Matias will soon realize the "killing machine" that represents the BOPE, while Neto will get caught up in the game. Meanwhile, Cap. Nascimento sees red, juggling with a big spinning trafficker, doubting about his successor and about a peaceful family life... This war has no end and no winner...



Ce film est brut de décoffrage, avec un fort impact ressenti. La tension est présente dans chaque recoin des favelas, cas de conscience et considérations apparaissent dans chaque scène d'action. Une fin kamikaze (héroïsme et héroïne) et une conclusion à réaliser soi-même. Il existe une suite: "O Inimigo Agora É Outro" (L'Ennemi Intérieur), qui se déroule dans une prison lors de mutineries. Le cinéma du Brésil est toujours aussi bon depuis Pixote.

This movie is raw concrete, with a strong impact felt. The tension is present in every corner of the favelas, considerations and matter of conscience appear in each action scene. A kamikaze ending (heroism and heroin) and a conclusion to build yourself. A sequel has been released: "O Inimigo Agora É Outro" (The Enemy Within), which takes place in jail during riots. Brazilian cinema is still as good since Pixote.


Regard Camouflage





DIE SELEKTION: Muscle & love



Saviez-vous que Roland Emmerich était né à Stuttgart ? C'est vrai on s'en tape. C'est de là que vient Die Selektion, et ils sont prêts pour 2012. Le trio a ravivé l'image de la trompette au sein de la scène dark electronics tout en cultivant une esthétique homo-sado qui fait ressembler Gabi Delgado à un chaton. Si Hegel était encore vivant, il mosherait forcément sur leur son. Ils seront bientôt en tournée en Europe (Paris le 1er juin) alors soyez physiques, en forme, et préparez-vous pour la performance muscle et art. Comme Robert Bosch l'a dit (de Stuttgart lui aussi): c'est du travail de pro.

Did you know Stuttgart was the town of Roland Emmerich ? Who cares. It's where Die Selektion comes from, and they're ready for 2012. They achieved to raise the trumpet profile within the dark electronic scene, along with homo-sado aesthetics that make Gabi Delgado looks like pussy. If Hegel was still alive he'll be moshing to their sound. They'll soon be touring Europe so do push-ups, be fit and prepare you for the muscle & art performance. As Stuttgart native industrialist Robert Bosch said: it's a work of professionals.

Réponses/Answers: Max Rieger. Amour/Love: Luca Morte.
English version below





Que faîtes-vous à côté de Die Selektion?
On traîne, on travaille dans des stations services, on va à l'école.

Chanter en allemand est une décision consciente ?
Oui. La meilleure façon de rendre un texte vivant c'est de l'écrire dans sa langue maternelle. C'était clair dès le début que nous ferions nos paroles en allemand. L'allemand est aussi une langue très difficile et s'intègre parfaitement à tous les autres instruments de musique. Die Selektion ne fonctionnerait pas avec des paroles en français. C'est trop doux. Une chose importante également est que nous voyons la voix comme un instrument supplémentaire. Beaucoup de gens séparent le musicien du chanteur, ce qui est totalement arriéré. Vous pouvez voir cette merde à la télévision tous les jours.

Ici, en France, beaucoup de nouveaux groupes chantent en anglais, souvent mal. Je remarque que c'est rarement le cas en Allemagne. Comment tu expliques ça ?
Les gens ont peur de chanter dans leur propre langue parce qu'ils ont honte d'être compris. Cela semble bizarre mais c'est la vérité. Chanter "I love you" en anglais est facile. Mais chanter "Ich liebe dich" (ou "Je t'aime" en France) est bien plus difficile. Tous ces gars ont peur. Nous n'avons pas peur.

C'est comment la vie à Stuttgart pour les jeunes hommes ?
Cela dépend quel genre de jeune homme tu es. Beaucoup se sentent très à l'aise ici. Ils vont à l'école, à l'université, tombent amoureux, font des enfants, achètent une maison et meurent. C'est une histoire sans fin. Pour quelqu'un qui fait des trucs culturels, c'est dur Stuttgart, parce que la scène n'existe pas.

Quel est votre parcours musical ?
Hannes est le garçon orchestre. Il tourne dans le monde avec son orchestre jouant dans toutes les grandes villes. Max vient d'un milieu Techno, mais a également joué dans plusieurs groupes noisepunk/shoegaze. Luca est totalement croc love de New Wave, Neofolk et tout ça.

Un grand nombre de groupes imitent la vieille EBM, l'indus, la cold wave, mais vous, vous apportez une approche différente. Vous en avez eu marre du revival 80's ? Qui a eu l'idée de la trompette ? Non, ça ne nous ennuie pas. Die Selektion c'est simplement un dosage de nous trois, qui provenons de tendances musicales complètement différentes. Donc, ça a semblé être la seule possibilité de créer ce son. Après notre première chanson, nous connaissions notre style, qui peut paraître inhabituel, mais qui était évident pour nous. Hannes jouait de la trompette dans le groupe de Luca avant que nous formions Die Selektion. Nous n'y avons pas vraiment réfléchi. C'est arrivé comme ça.





Que voulez-vous dire dans vos chansons ?
Que chaque être humain est capable d'aimer, trahir et haïr et que toutes ces choses n'ont pas à être craintes.

C'est quoi cette cape que Luca porte tout le temps sur scène ?!
C'est la cape de la chance et l'amour. Elle nous garde au chaud et est parfaite pour se cacher, si tu es sur le point de faire des choses obscènes en coulisses.

Vous avez joué un peu à l'étranger, comment les gens réagissent ? Avez-vous une fan base dans votre pays ?
C'était incroyable de jouer en Italie et en Suisse, les gens ont vraiment apprécié nos performances. Notre plus grand contingent de fans est toujours à Berlin. Nous avons déjà joué là-bas 5 fois, et c'est toujours merveilleux et très amusant.

Dans quelle mesure vous sentez-vous concernés par l'art et la mode ? On s'en tape à vrai dire, nous sommes tout simplement beaux.

Laibach a déclaré dans les 80s que la politique était la forme ultime de l'art. Que pensez-vous de ça ?
Cela a bien fonctionné dans les années 80. Il y avait suffisamment de problèmes et les gens étaient furieux. Aujourd'hui, tout le monde s'en fout. Laibach avaient raison. Mais ça ne marcherait plus aujourd'hui. Nous n'allons pas devenir un groupe politique.

Faites-vous attention à votre public ? Quel genre de personnes viennent à vos concerts ?
Un tas de gens bizarres, des gays, des goths et d'innocentes écolières.

Aujourd'hui, n'importe que groupe 'cold' avec un look, une identité, draine énormément d'attention sur Internet, qui peut se révéler factice et ne durer que quelques mois. Avez-vous peur du «buzz» ?
Non, parce que nous n'imitions rien ni personne. Nous allons survivre à toute cette merde à la mode.

Quel est le future de votre future musique ?
Nous travaillons actuellement sur notre deuxième album qui va être putain de bien. Peut-être plus de mélodies, plus de synthés ayant des rapports sexuels entre eux. Mais surtout des muscles et de la haine.

Quels groupes de votre patelin nous conseillez-vous ?
Le groupe noisepunk "Die Nerven" et le projet expérimental neofolk de Luca Death of Abel".

Dernier mot ?
On se voit en tournée bande de chiennes.


19.05. - HEILBRONN (DE) / Mobilat
26.05. - GRONINGEN (NL) / Vera @ Downstage 27.05. - AACHEN (DE) / AZ
28.05. - BOCHUM (DE) Theater Rott-Str.
30.05. - LILLE (FR)/ Centre Culturel Libertaire
01.06. - PARIS (FR) / La Mécanique Ondulatoire
02.06. - LONDON (UK) / Bethnal Green Working Men's Club @ Brave Exhibitions
05.06. - LUCERNE (CH) / Sedel Club
06.06. - VIENNA (AT) / Rhiz
07.06. - PRAGUE (CZ) / K4
08.06. - BERLIN (DE) - Death#Disco
03.08. - SALZBURG (AT) - Stuck! Festival
17.08. - VÄXJÖ (SWE) - Kalabalik Festival






--- ENGLISH VERSION ---


What are you doing apart Die Selektion ?
Hanging around, working at gas stations, going to school.

Singing in german was a conscious decision ?
Yes. The easiest way to bring a text alive is writing it in your native language. It was clear from the beginning that we will do German lyrics. German is also a very hard language and fits perfectly to all the other musical instruments. Die Selektion wouldn't work with French lyrics. It's too soft. One important part is also that we see vocals as an additional instrument. Many people divide between musician and singer, which is totally retarded. You can see that shit in television everyday.
Here in France, a lot of newer bands sing in english, often badly. I notice it's rarely the same in Germany. How do you explain that ?
People are afraid of singing in their own language because they are ashamed of being understood. This sounds weird but it's the truth. Singing "I love you" in English is easy. But singing "Ich liebe dich" (or "Je t'aime" in France) is way harder. All these guys are afraid. We are not afraid.

How's life in Stuttgart for young men ?
It depends of what kind of young man you are. Many feel very comfortable here. They go to school, go to university, fall in love, make children, buy a house and die. It's a never ending story.For someone doing cultural stuff it's hard in Stuttgart, because the scene is missing.

What is your musical background ?
Hannes is the orchestral boy. He tours around the world with his orchestra playing all the big cities. Max comes from a Techno background but has also been playing in several noisepunk / shoegaze bands. Luca is totally in love with New Wave, Neofolk and stuff.

A lot of bands imitate the old EBM, industrial, or cold wave sound, but you bring a different approach to it. Were you bored about that ? Who got the idea for the trumpet ?
No we are not bored. It was just the mix of us three coming from completely different musical tendencies. So it seemed to be the only possibility to create this sound. After our first song, we knew our style, which may be unusual, but it was normal for us. Hannes played trumpet in Luca's band before we founded Die Selektion. We didn't really think about it. It just happened.

What do you want to say in your songs ?
That every human being is able to love, betray and hate and that all those things are nothing to be scared about.

What about this mantle Luca always wears on stage ?!
It's the mantle of luck and love. Keeps us warm and is perfect to hide, if you're about to do nasty things in the backstage room.





You played some shows abroad, how people reacted ? Do you have a following in your country?
It was amazing to play shows in Italy and Switzerland, people really enjoyed our Live performances. Our biggest fanbase is still in Berlin. We already played there 5 times now, we always had a wonderful time and much fun.

In what measures do you feel concerned with art and fashion ?
We don't really care about it, we are simply good-looking.

In the 80's, Laibach said politics was the ultimate form of art. What do you think about that ?
This worked in the 80's. There were enough problems and the people were pissed. Today nobody gives a shit. Laibach were right. But this wouldn't work today. We are not going to become a political band.

Do you care about your audience ? What kind of people are coming to your shows ?
A bunch of weirdos, gays, goths and innocent school girls.

Today, whatever 'coldish' band with a look, an identity, drains a lot of internet attention, that could be factice and doesn't last a couple of months. Are you afraid of this 'buzz' thing ?
No, because we are not imitating anything. We will survive all this trendy shit.

What is the future of your future music ?
We are currently working on our second album which is going to be fucking awesome. Maybe some more melodies, more synths having sex with each other. But especially muscle and hate.

Do you have any advices regarding new interesting things from your area ?
Max' noisepunk band "Die Nerven" and Luca's experimental Neofolk project "Death of Abel".

Last words ?
See you on tour bitches.





GERMAN VERSION

Cher trou!



« Je récapitule... je condense... c'est le style "Digest"... les gens ont que le temps de lire trente pages... il paraît! au plus!... c'est l'exigence! ils déconnent seize heures sur vingt-quatre, ils dorment, ils coïtent le reste, comment auraient-ils le temps de lire cent pages? et de faire caca, j'oublie! en plus et le cancer qu'ils se cherchent au trou, tête à l'envers, acrobates? "Cher trou! Cher trou!" et ceux qui s'onanisent en plus! qui se voient embrassant des lascives, qui s'en font mal au sang! des heures! dans le noir des cinés! se ruinent en teintureries de phalzars! après des fantômes de vampires, mortes y a vingt ans! qui ressortent des Antres, trempés, hagards! l'autobus les monte ils savent plus! Moi je vais vous revaloriser l'Art! »

Féerie pour une autre fois, Louis-Ferdinand Céline, 1952.

Panic! Cinema



Troma Entertainment est une société de production et de distribution de films indépendants depuis 1974. Créée par Lloyd Kaufman et Michael Herz, le sigle TROMA nous a gratifié des farces trash les plus folles des 30 dernières années, tout ceci avec le bugdet le plus bas possible. Comment peut-on oublier des chefs-d’œuvre comme Surf Nazis Must Die, la série Toxic Avenger, Combat Shock, Tromeo & Juliet ou bien Terror Firmer. Toujours de mauvais goût (explosion de chair récurrente, pornographie latente), chaque film s'efforce d'accorder un commentaire sarcastique sur l'état des choses, à travers un écartèlement douloureux ou une paire de seins volumineuse.

Ce Mardi 8 mai, l'équipe du Panic! Cinema organise au Nouveau Latina une soirée spéciale Troma avec la venue en personne du président Kaufman. Ça commence à 20h avec Poultrygeist, "Night of the chicken dead", ou quand les poulets d'un fast-food reprennent vie pour attaquer les gérants du restaurant mais surtout, le chef présentera ensuite un de leur gros classique: Class of Nuke 'em High, "Atomic College", qui raconte la fuite d'un réacteur nucléaire et son incidence sur la population d'un lycée voisin... Be ready preppies!



VIVE LA FRANCE (1974)


Art subventionné socialiste de merde !



Afin de parer la tiédeur ambiante de l'entre deux tours, rien de tel qu'un concert de Jean-Louis Costes. Avant le spectacle, COSTES présentait le dernier livre qu'on a sorti sur lui: "L'art brutal de Jean-Louis Costes"; des personnes du monde culturel reviennent sur les 30 ans de carrière du multi-non-artiste. L'objet est beau. JLC a mis l'opéra porno social de côté pour jouer au vrai chanteur en duo avec SEBASTIaN, oui, lui-même. Ils avaient déjà performé ensemble il y a 3-4 ans. Ça commence, et Gaspard Noé est attentif dans une salle remplie au tiers à peine. Normal. "C'est moi qui ai vendu l'héroïne à mon frère mort!", c'est parti pour une heure de chanson électronico-déglinguée. Costes est muni d'un casque micro sans le casque (comme un reporter du Paris-Dakar) et d'un synthé en bandouilère qu'il accroche à sa ceinture, système D. "Je suis pas antisocial, je suis pas anticapitaliste... je suis juste ANTIRADAR!". Après la promenade sur l'autoroute, pom pom pom, François Hollande vient dire bonne nuit aux petits. On passe du rire à la haine, à l'émotion, tel le Jacques Brel DIY qui sommeille en lui.



En fait, il chante ses chansons et SebastiAn envoie la turbine autour, ça passe et ça casse, entre boucles distordus dont il est habitué, rythmiques dance et ritournelles façon Vladimir Cosma 2.0 sur lesquelles le romantisme de Costes s'exprime. "Art socialiste subventionné de merde!", Costes s'est pris la colonne dressée sur le rond-point de sa cité en rentrant bourré, ça met mal. Mais la drogue le sauve le morceau d'après, Costes s'éloigne de lui-même grâce à elle. "C'est ça l'amour, enculer toujours, c'est ça l'amour, et pleurer toujours", c'est autre chose qu'Edith Piaf son hymne, "Je suis le pédé secret" finit cette trilogie de l'amour vrai. Personne n'est venu dépuceler Jean-Louis en coulisse ensuite. Ni pédés ni groupies dans le vestiaire, elles sont restées devant la scène pendant que JL les barbouillaient de son crayon. "Je veux mourir, mais j'ai peur de mourir ... Mohammed Merah viens me chercher !" Appel au secours aux terroristes pour finir sur une piste terroriste elle aussi, "Où sont partis les nazis?" pour une conclusion noise explosive. Point de 75% sur l'ISF, de guerre civile latente ou de Marine 2017, mais une interview double qui arrive bientôt.

Fuck Kavinsky - This is 1986!



01 - WENDY CARLOS - Beauty in the beast
02 - EXUMER - Fallen saint
03 - DETENTE - Life is pain
04 - CRO-MAGS - Hard times
05 - #Humans are such easy prey#
06 - CARNIVORE - S.M.D.
07 - EXORCIST - Black Mass
08 - ATTITUDE ADJUSTMENT - Bombs
09 - #Something's coming#
10 - POSSESSED - Phantasm
11 - SEIZURE - Pain is pain is pain
12 - CYCLONE - The call of steel
13 - #I'm going to kiss you#
14 - KREATOR - Riot of violence
15 - TANKARD - Maniac forces
16 - SAMHAIN - To walk the night
17 - CANDLEMASS - Solitude
18 - KAS PRODUCT - Black & noir
19 - ALAIN Z KAN - Metallic dead
20 - KROMOZOM 4 - B.Z.H.

Mix exclusif pour Le Musicassette

LA CRISE DU LOGEMENT (1956)