Fluoglacial - Tendances Négatives

Béton et sensualité



« Attends, l'essentiel de l'architecture mussolinienne relève de l'excellence! La politique urbaine de Mussolini était magnifique. Un ami chercheur en Italie a travaillé sur ce sujet, c'est prodigieux, exemplaire. On ne peut pas faire porter aux pierres la responsabilité de la période politique. Aujourd'hui, on est dans l'architecture facile, dans la pacotille, dans la camelote. Il faut faire l'éloge d'une métaphysique, d'une vision romantique de la pierre et de la masse. »

Rudy Ricciotti, SO FOOT hors-série n°5, 2012.
(Picture: Palazzo Della Civiltà Del Lavoro, Rome)

Le canal souterrain


L'esprit Cobra



Des cyclistes transfusés? c'est ça l'esprit Cobra! Des muscles atrophiés? c'est ça l'esprit Cobra! Entre Sylvester Stallone en 1986 et Riccardo Ricco en 2008, un groupe de Grasse se dresse. Comme eux, il se surnomme COBRA. Duo formé en 1984 (?) dans ce sud-est culturellement abandonné, COBRA possède une seule devise: outrage et destruction. Après les aventures d'Astérix au Pays du Blues, le serpent attend 2001 pour semer la dynambiance et sortir son premier album, "Involution". Déjà des titres affolants: J'aime regarder les filles qui marchent sur des seringues (sur la plage), Ta culture m'emmerde, Pédés et drogués... C'est South Central dans les Alpes-Maritimes. Et c'est punk, black metal, hard rock, fusion, voire même dance. Les refrains en français percutent: "sucer - des routiers - dans les WC - des highways". Et ils prient même Satan pour finir de choquer le méditerranéen.



La subversion atteint le Nord avec leur deuxième album "Le pont des extrêmes", en 2006. Toujours une pochette catéchiste étrange et cette voix plaintive et agressive à la fois, 06130 en force. L'absence Des lieux associatifs pour les jeunes soucie COBRA, un thème qui leur est cher, musicalement plus uniforme (punk/hardcore), le disque est moins dangereux, même si COBRA nous dévoile tout de même d'inquiétants Secrets en partie révélés... L'évangile selon Saint-Loubard et ses mots clés (metal punk bières haine occultus peur satan) ne plaît visiblement pas aux "médias metal" qui descendent le disque et le comparent même parfois à Bérurier Noir ou à du rock identitaire (?). Dur.



Peu importe, en avril dernier, COBRA revient avec son troisième album "Les clefs de l'inquiétude" (disponible pour 6.66€) appuyé par un clip puissant: Nihilistes. Le disque enterre TRUST et le hard rock français grâce à des riffs métalliques et de gros morceaux méchants comme Le glaive de Satan ou L'auberge de la dernière chance, ode horrifique à la France d'en bas du bas, celle qui transpire sous les bras et ne se lave pas, les restaurants où l'on mange torse nu, les nightclubs où l'on danse pieds nus, les pantalons en panthère et les bottes en polyester... Hexamide, symbole de l'Aumisme, rappelle au souvenir de Gilbert Bourdin, dont la secte du Mandarom est toujours établie dans les forêts du Verdon. Parodie ou pas, c'est un putain d'album! C'est Cobra et c'est comme ça, et ceux qui sont pas contents, qu'ils aillent tous se faire enc*ler !





PARPAILLON (1993)



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Attentat aux bidons



« Il y avait Indurain, Hinault, Fignon. Je demande: qui, aujourd'hui vaut ces coureurs? Schleck, Contador, Evans? Contador et Schleck se congratulent en se mettant des petites claques en haut du Tourmalet. On dirait deux gays. Comment est-il possible que quelqu'un qui arrive deuxième félicite son vainqueur? Va demander à Merckx, Indurain ou à Armstrong s'ils auraient été contents d'arriver deuxième. »

« Jusque dans les années 70-80, tu trouvais beaucoup plus d'agressivité dans le cyclisme. La dimension physique -et donc héroïque- était plus forte. Quand tu regardais Hinault, tu voyais avant tout un bel homme. Indurain, qu'est-ce qu'il était beau! Des types forts. Merckx, bordel, il ressemblait à un acteur. La beauté d'Eddy sur le Tour de France, quand la reine des Belges va l'accueillir... Allez voir cette photo, on dirait un acteur américain qui reçoit un oscar. Le cyclisme avant, c'était un truc de bêtes, de gladiateurs. Maintenant [...] ils sont maigres, petits, légers, on dirait des petits kékés [...] j'aimais mieux avant. Il y avait des luttes, ça partait au bout d'un kilomètre, c'était la bagarre, tout le monde tentait de faire sauter tout le monde. Maintenant, une échappée à trois kilomètres de l'arrivée, et hop, c'est terminé. »

Mario Cipollini, PEDALE! #2, 2012.

Double Double

Freak City



DJ Criminal est le robot dessinateur derrière la firme Freak City Designs, localisée dans la grande ceinture de Bordeaux, cité radioactive de par son logo. Il n'a besoin de s'associer à aucun humanoïde de la com' pour faire hurler son métal. Ses logos, couvrantes, affiches, sérigraphies et designs en tous genres se répandent dans les égouts de la contre-culture depuis 2005. Il vient juste de torcher la nouvelle bannière anti-estivale de Fluoglacial. Alors, sens-toi libre de le contacter si tu as un biz à lui proposer.

DJ Criminal is the cyborg drawer behind the Freak City Designs firm, located in the great belt of Bordeaux, the city with a radioactive logo. He does't need to associate with any humanoid from the communication field to spread his heavy metals. His logos, covers, posters, serigraphs and designs of all kinds are spilling in the sewers of the counter-culture since 2005. He just wrapped up the new anti-summer banner for Fluoglacial. So, feel free to get in touch with him if you want to talk business.

www.freakcitydesigns.com



COLLOQUE DE CHIENS (1977)


KULTUR INDUSTRIE



Le paysage ne sert plus que d'arrière plan aux enseignes et aux affiches. La publicité devient l'art par excellence avec lequel Goebbels déjà l'avait identifiée, l'art pour l'art, la publicité pour elle-même, pure représentation du pouvoir social. Dans les plus grands magazines comme Fortune et Life, un coup d’œil rapide permet à peine maintenant de distinguer l'image et le texte de la publicité des photos et du texte de la partie rédactionnelle. Cette dernière fournit un rapport illustré gratuit et enthousiaste sur les habitudes et l'hygiène corporelle d'une vedette, lui procurant ainsi de nouveaux fans, tandis que les pages de publicité s'appuient sur des photos et des informations si concrètes et réalistes qu'elles représentent l'information idéale que la partie rédactionnelle essaie d'atteindre pour le moment. Chaque film est une présentation du suivant et promet de réunir à nouveau le même couple de héros sous le même soleil exotique: celui qui arrive en retard ne sait s'il assiste à une présentation ou au film de la semaine.

Le caractère de montage de l'industrie culturelle, la fabrication synthétique et planifiée de ses produits [...] convient à l'avance à la publicité: car le point individuel important devient détachable, interchangeable, détourné même techniquement, de toute signification cohérente, si bien qu'il se prête à toutes sortes de fins extérieures à l’œuvre. L'effet, la trouvaille, l'exploit isolé et réitérable ont de tout temps été utilisés pour exposer des marchandises à des fins publicitaires et de nos jours, toute photographie géante d'une actrice de cinéma est une publicité pour son nom, chaque "tube" devient la publicité la plus sûre pour sa mélodie: la publicité et l'industrie culturelle se fondent sur le plan technique autant que sur le plan économique. Dans les deux secteurs, la même chose apparaît à d'innombrables endroits et la répétition mécanique du même produit culturel est déjà devenue la même répétition du slogan propagandiste.

Kulturindustrie, Theodor W. Adorno & Max Horkheimer, 1944/2012.

THIS IS AMERICA !



Le mondo, nommé pseudo-documentaire chez nous ou shockumentary ailleurs, et inventé par 2 italiens du nom de Jacopetti & Prosperi, auteurs du classique "Mondo Cane" en 1962, a généré tout un tas de films racoleurs au possible. Le genre documente habituellement les cultes et rites exotiques ayant cours dans le monde, puis a vite dévié vers toutes les pratiques bizarres et violentes mettant le sexe et la mort à l'ouvrage. Les italiens conservent leur hégémonie jusqu'à la fin des années 60 ainsi que leur obsession pour l'Afrique (Climati, Castiglioni), puis les allemands et les américains s'y mettent, Mondo Thrasho de John Waters, Shocking Asia de Rolf Olsen ou Jabberwalk aka THIS IS AMERICA, réalisé par Romano Vanderbes. Ce premier volet (d'une trilogie) sort en 1977 et commence calmement par les sports mécaniques dangereux (destruction derby) pour lentement dériver vers le sexe, qui est souvent le point de chute de ces docs. Miss America défile à poil et les chippendales donnent des bouffées de chaleur aux vieilles femmes. Traversée du désert ensuite où se trouvent des maisons closes très spéciales, Judy's, Cherry's, Cottontail, on y vient même en avion.

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