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vendredi 27 juillet 2012 à 14:06 ::INTERVIEWS
Guillaume Paoli est le troisième membre des "chômeurs heureux", trio allemand auteur du manifeste du même nom en 1996. Français résidant à Berlin depuis 20 ans, l'essayiste-philosophe auteur de titres évocateurs comme "A bas le travail!" ou "Plus de carotte, moins de baton" s'est surtout fait (re)connaître grâce à son "Éloge de la démotivation" publié en 2008. Fin analyste de cette pathologie nommée travail, il n'en est pas moins dénué d'humour. La preuve par quatre et un entretien repos qui tombe à point nommé.
Quand et dans quelles conditions avez-vous décidé de ne plus travailler ?
J'étais dans le ventre de ma mère, je crois... En fait, je n'ai jamais songé à postuler à un emploi, à faire carrière dans quoi que ce soit, jugeant plus souhaitable de faire ce qui me plaisait, sans souci des "contraintes du marché". J'ai eu la chance d'être adolescent à une époque -les années soixante-dix- où une telle attitude existentielle était plus facile et plus répandue qu'aujourd'hui. Ceci dit, il ne s'agit pas d'un refus par principe. Lorsqu'on me propose de me payer pour que je continue à faire ce qui me convient, j'accepte volontiers. C'est le cas en ce moment, au Centraltheater de Leipzig. Mais surtout j'insiste: le souci de soi est aussi un souci des autres. Je n'ai aucune considération pour qui ne cherche que sa petite autosatisfaction narcissique, qu'il soit trader ou glandeur. Nous sommes des êtres sociaux et nous nous épanouissons en tant qu'êtres sociaux. Ce qu'il y a à critiquer dans le travail tel qu'il existe, c'est précisément qu'il pousse à des comportements antisociaux, à vivre au détriment des autres, que ce soient les clients qu'on arnaque avec le sourire, les subordonnés qu'on piétine ou les collègues sur la tête de qui on grimpe.
Le manifeste des "chômeurs heureux" a été écrit il y a plus de 15 ans. Le jugez-vous plus crédible que jamais ?
Sur le plan pratique, il était certainement plus facile alors (du moins là où j'habite, à Berlin) d'esquiver la contrainte salariale sans pour autant sombrer dans la misère et les tracasseries administratives. De ce point de vue, ce qui était la description d'un mode de vie effectif est devenu une sorte d'idéal difficile d'accès. En revanche sur le plan des idées, rien n'est venu contredire notre exposé, au contraire: Le monde du travail devient chaque jour plus absurde et destructeur. De sorte que la question se fait toujours plus pressante: Comment désirons-nous vivre vraiment?
Que sont devenus les autres membres ?
En tant que groupe intervenant publiquement, les Chômeurs Heureux ont cessé d'exister vers 2002, simplement parce que nous avions l'impression d'avoir fait le tour de la question et l'envie de vaquer à d'autres occupations. Ce qui ne veut pas dire qu'il s'en niche encore dans les replis du système. Que sont-ils devenus? À ce que je sais, l'un s'est converti à l'Islam et vit à Dubai, l'autre en Chine, un troisième se voue à l'architecture critique, une autre photographie, une vit à la campagne et cultive son jardin, etc.
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mercredi 21 décembre 2011 à 17:21 ::INDIE/POP
La première chanson de History est encore un adieu. Bon Dieu que c'est beau. In real lifeMolly Nilsson emploie le langage internet pour dire IRL qu'être en ligne n'est pas vivre, quitte à choisir la solitude. Elle enchaîne avec une reprise d'Allan Roberts, You always hurt the one you love, sur un beat balearic, enfin un son zouk romantique pour les ruptures amoureuses hivernales. "I'm the hooligan of your heart" est la remarquable métaphore d'un des tubes de ce disque (sur un tempo rapide !) : I hope you die. Hiroshima street est sans doute le meilleur morceau de ce dernier et quatrième album de la berlino-suédoise. Tout en pop fataliste. Si Molly n'est pas chez elle, appelle-la sur Skype, elle est sûrement à Hotel home. Où alors elle doit redécouvrir la house et chanter la City of Atlantis, mythe récurrent à Detroit. Molly est partout, Molly est total. Moins pompier, QWERTY rappelle un peu l'electro-nostalgie de Jan Hammer, mais surtout son addiction à l'ordinateur. Un tour de pendule et on touche déjà le Skybound et la fin de cette pièce maîtresse de mélancolie occidentale. Molly toujours #1.
Molly Nilsson - Hiroshima Street
The first song of History is a farewell again. God it's beautiful. In real lifeMolly Nilsson uses the internet language to say IRL being online is not live, even if it means to choose loneliness. She follows with an Allan Roberts' cover of You always hurt the one you love on a Balearic beat, finally a romantic zouk to listen during winter heartbreaks. "I'm the hooligan of your heart" is the great metaphor of a new hit (with a fast tempo this time!): I hope you die. Hiroshima street is probably the best piece of this fourth album from the Swedish-berliner. This is pure fatalist pop. If Molly is not at home, call her on Skype, she's certaintly at Hotel home. Or maybe she's rediscovering house music and sings the City of Atlantis, the recurring myth in Detroit techno. Molly is everywhere, Molly is total. Less pompous, QWERTY is somewhere reminiscent of the electro-nostalgia of Jan Hammer, but especially reminisces her addiction to computer. A clock tower later and we'er already reaching Skybound and the end of this masterpiece of westerner melancholia. Molly is still #1.
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jeudi 15 décembre 2011 à 22:07 ::LECTURES
1990
" Les choses commencèrent à changer pour le 90° après que DJ Jay Ray ait découvert le hip-hop. Il commença à passer du Rakim, Dr Dre, et autres stars du rap pendant son set. Le hip-hop était tout juste en train de devenir populaire à Berlin, et il n'y avait pas de lieu spécifique où l'on pouvait en écouter. Même si quelques DJs étaient intéressés par les nouveaux rythmes, le fait que c'était un genre Américain orienté gangster attira principalement des groupes de Turcs, heureux d'entendre quelqu'un parler de ce qui les concernait, les préjugés et la colère. Le bouche-à-oreille se propagea rapidement que le 90° jouait cette musique et en quelques semaines la population du club changea complètement. Au lieu de plumes et de maquillage, des jeans baggy, des cheveux gras, et de lourdes chaînes en argent devinrent de rigueur. Des foules de Turcs se tenaient devant la petite entrée, zonant dans la rue et exhibant leurs muscles, menaçant les uns et les autres avec des regards, des insultes et des armes. Il y avait une cinquantaine de gangs différents à Berlin à cette époque, composés de Turcs, Croates, Russes, ou Arabes. La plupart d'entre eux trempaient dans des affaires de drogue et de crime, le plus souvent comme une réponse à leur mal de vivre dans un pays étranger. [...]
" Things started changing for the 90° after DJ Jay Ray discovered hip-hop. He began featuring Rakim, Dr Dre, and other popular rap stars during his set. Hip-hop was just becoming popular in Berlin, and there was no specific place where one could go hear it. Although quite a few DJs had become interested in the new rhythms, the fact that it was a gangster-oriented, American genre mainly attracted crowds of Turkish gangs, happy to have somebody speaking about issues of prejudice and anger. Word quickly spread that the 90° was playing this music and within weeks the club's crowd completely changed. Instead of feathers and make-up, baggy jeans, greasy hair, and heavy silver chains became de rigueur. Mobs of Turks stood in front of the small entrance, lounging in the street and showing off their muscles, threatening each other with stares, insults, and weapons. There were about fifty different gangs at the time in Berlin, made up of Turks, Croatians, Russians, or Arabs. Most of them dealt with drugs and crime, usually as an outlet for their discomfort and unease with having to live in a foreign country.
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jeudi 8 décembre 2011 à 13:04 ::LECTURES
" En comparaison des confortables villages allemands et des riches villes comme Hambourg ou Munich, Berlin était un vaisseau débordant de saleté, de drogues, de suicides, d'incendies, et de controverse, un havre pour les jeunes esprits politisés et les individus en quête. Pour moi c'était la plus belle ville du monde, mais mon père fut choqué lorsqu'il vint me rendre visite, contemplant l'architecture en ruine d'après-guerre et les décorations clairsemées aux fenêtres des grands magasins, s'exclamant que tout était laid. J'essayais de lui expliquer la beauté que je voyais dans la destruction, un espace pour de nouvelles possibilités. Il me dit que j'étais folle et que je ferais mieux de rentrer à New York. Je refusai, ayant rencontré beaucoup trop de gens dont je me sentais proche, en fait j'aurais souhaité déménager ici encore plus tôt pour avoir connu les tous débuts de mon phénomène favori, les Geniale Dilettanten.
" In comparison to comfortable german villages or wealthy cities like Hamburg or Munich, Berlin was a vessel overflowing with dirt, drugs, suicides, fires, and controversy, a haven for politically minded youth or questioning individuals. I thought it was the most beautiful city in the world, but my father was shocked when he came to visit, gazing at the crumbling postwar architecture and sparse department-store window decorations, exclaiming how ugly everything was. I tried explaining the beauty I saw within the destruction, a space for new possibilities. He said I was crazy and should come back to New York. I refused, having met far too many people I felt closed to, in fact wishing that I had made my move even earlier to have experienced the very beginnings of my favorite phenomenon, the Geniale Dilettanten.
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samedi 26 novembre 2011 à 12:33 ::INTERVIEWS
Ceux qui suivent FluoGlacial connaissent Molly Nilsson, découverte par hasard dans les méandres de la planète Youtube avec son clip Europa, un jour d'automne. Depuis 2009, je n'ai pas quitté cette voix du nord qui n'a cessée de sortir des albums et de consolider une identité et un son unique. Aujourd'hui en 2011, on dirait que de plus en plus de gens reconnaissent la vérité. Molly termine actuellement une tournée d'un mois aux USA. Un entretien réalisé à Berlin. Fest ung Europa!
Those who know FluoGlacial know Molly Nilsson, discovered by chance in the meanderings of planet Youtube with her movie clip: Europa, a day of autumn. Since 2009, I followed the new voice of north pop who's been constantly putting out albums and creating her proper and unique sound. It seems more and more people recognize the truth now in 2011. She's currently finishing a one month tour in the USA. An interview made in Berlin. Fest ung Europa!
21.10.2011, Café Rix, Neukölln.
Pourquoi Berlin? Ça fait combien de temps que tu y vis? Why Berlin? How long have you been here?
Hum, je vis ici depuis 7 ans. Je suis arrivé ici pratiquement après l'école. Je n'étais pas supposée rester aussi longtemps.
Hum, I'm living here since 7 years. I moved here almost after school. I wasn't supposed to stay that long.
Comme tous les gens venant ici... As everybody who comes there...
Exactement. Il n'y a pas vraiment de raison... Je veux dire des gens choisissent Berlin mais moi je suis en quelque sorte restée coincée ici. J'aurais voulu être coincée ailleurs mais bon...
Exactly. There's barely no reason for it... I mean some people might choose Berlin but I just kinda got stuck here. I wish I had got stuck somewhere else but...
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dimanche 13 novembre 2011 à 21:02 ::RAPPORTS
Lebanon Hanover, Supamolly, 12.11.
Alors que Molly Nilsson a perdu sa voix dans le Michigan, on tente d'en trouver une autre au Supamolly, un club musical en dédales dans Friedrischain. Pas de première partie pour nous. Lebanon Hanover est un gruppe garçon/fille de Newcastle qui s'est bougé à Berlin. Larissa au pays des merveilles. Le groupe est jeune, comme ses deux membres, mais les 80's leur manquent putain de beaucoup. Ils n'ont pas de véritable album mais les morceaux disséminés sur le www. sont chouettes. Ils ont un sombre sens de l'humour et un bon maniement de l'antique. Qui pourrait croire à un revival Tecktonik en 2011 ? Regarde le clip de TOTALLY TOT et vois le surtout en live. Ça t'excitera. Le bassiste William Maybelline est une sorte de Frank Darcel (Marquis de Sade) du jour, maquillage en plus. Froid et stoïque. A côté de ça, Larissa aux guitares ressemble à la Dana Scully de la cold wave. Vestimentairement parlant, ils sont au point. Musicalement, c'est une autre histoire! Leur post-post-punk est encore un peu trop bancal, pas très coordonné, les chansons n'ont pas de fins, c'est chacun pour soi sur scène. Les rythmiques sont bonnes. Même avec un mauvais timing ils réussissent à installer un bon malaise dans l'audience. Pas de DJ's pour nous (Terror wave ou non). C'était leur dernier concert à Berlin, ils retournent maintenant fièrement en Angleterre. Au revoir tristesse.
While in Michigan, Molly Nilsson lost her voice, we're trying to find another one at Supamolly, a mazing musiklub in Friedrischain. No first band for us. Lebanon Hanover is a newcastle boy & girl gruppe who moved to Berlin. Iceglass in Sunderland style. The band is young, like the members, but they miss the 80's fucking much. They don't have a proper album but the tracks scattered on the www are nice. They have a dark sense of humor and a good handling of vintage. Who could think of a Tecktonik revival in 2011 ? Just watch the TOTALLY TOT clip and see them live. You'll get excited. Bass player William Maybelline is kinda Frank Darcel (Marquis de Sade) of today, plus makeup. Cold and stoic. Beside, Larissa at the guitars looks like the Dana Scully of the cold wave. Sartorially speaking, they're to the point. Musically, it's another story! Their post-post-punk is still a bit wobbly, not very coordinated, the songs got no endings, it's everybody for himself on the stage. Beats are good. Even with a bad timing they succeed to catch the audience by setting the malaise. No DJ's for us (Terror wave or not). It was their last show in Berlin, they're now going back with a bang to the UK. Bye sadness.
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jeudi 27 octobre 2011 à 22:18 ::RAPPORTS
Danielle de Picciotto & Alexander Hacke, Kaffee Burger, 26/10.
ExBerliner est un mensuel semi-branchouille qui ne coûte que 2.50eu. Les sujets et articles vont de trucs cools/informatifs à des conneries mytho pour touristes en mal de sensations. En gros, on trouve toujours quelque chose à se mettre sous la dent à l'intérieur. Le fait important à noter est que le mag est écrit en anglais de A à Z. Un bon point à Berlin. L'équipe organise aussi des évènements, ce jeudi ils invitaient D. de Picciotto pour une lecture dans la Torstraße, au Café Sandwich. Deuxième bon point.
ExBerliner is a semi-hip magazine which is published every month and costs 2.50eu. The subjects and articles vary from cool/useful informations to mytho/tourist bullshit. So you'll find everytime something to eat in it. The important fact to notice is the mag' is all written in english. Good point for Berlin. The mag' is also hosting some events in Berlin, and this thursday they invited D. de Picciotto for a reading in the Torstraße's Kaffee Burger. Second good point.
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samedi 15 octobre 2011 à 20:47 ::RAPPORTS
Molly Nilsson, Madame Claude, 14/10.
Molly, Molly, we want you, we want you ! Don't be afraid of the dark aurait pu être le blase de cette soirée. La scène est située au sous-sol d'un rade multi-pièce, très bricolage. Madame Claude a l'air d'exciter et d'attirer foule de gens, peut-être est-ce la promiscuité, ou Kreuzberg, ou l'Entrisme allemand a dit que tu devais y être. On s'en tape. Juste un fait, la cage babyfoot est parfaite. MOLLY NILSSON est ici et j'espère que tous les moustachios sont là pour elle, parce qu'elle a besoin de support, réveille-toi Allemagne ! GRAND ATLAS MONDIAL, un duo electro expérimental suisse ouvre la marche. Pas vu ANIA & LE PROGRAMMATEUR mais ils sont partout et tout le temps, plus tard. La température monte en bas, 30m2. Tout le monde est abruti donc tout le monde fume. Un incendie, vite. Départ. Pleine d'aristocratie d'âme, Molly chante ses chansons comme elles doivent être chantées. C'est beau. Quelques problèmes de sono n'ont pas entacher la performance féline (quelques fanettes on t même dansé follement devant). Ce fut court, comme au Kotti Shop le mois dernier. 30 minutes et le chat s'en est allé par le même chemin emprunté, vers l'Ouest. (Quand à nous, direction une fête organisée par le magazine Proud, le nouveau Vice (sic) de Berlin, hipsterdome, fin de l'histoire)
Molly, Molly, we want you, we want you ! Don't be afraid of the dark could has been a nickname for this show. The scene is situated in a basement of a multi-rooms DIY club-bar. Madame Claude seems to excite and attract a lot of people, maybe it's the promiscuity, or Xberg, or entrisme.de said you 'must be' there. We don't care. Just one fact, the table football cage is right. MOLLY NILSSON is here and I hope all the moustachios are there for her, 'cause she needs more support, wake up Deutschland ! GRAND ATLAS MONDIAL, a swiss experimental electronic duo, is opening the show. Didn't see ANIA & LE PROGRAMMATEUR but they're everywhere everytime, later. The temprature is rising downstairs, 30 square meters. Everybody's dumb so everybody's smoking. Freedom sucks. Start. Full of aristocracy of soul, Molly sings her songs, like they have to be sung. Schön. A few sono problems didn't spoil the feline performance (and a few fan-girls were even dancing ahead). Short time, like at Kotti Shop last month. 30 minutes and the cat went away, by the same path he came, to the West. (And we, we headed to a garage (first degree) party hosted by Proud magazine, the new Vice (sic) from Berlin, in a parking basement, hipsterdome, end of the story)
Setlist
A song they won't be playing at the radio
In the mood for a tattoo
The lonely
Meanwhile in Berlin
We're never coming home
Europa
(Won't somebody) take me out tonight
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mercredi 21 septembre 2011 à 02:51 ::RAPPORTS
Pas de burger pour moi mais un concert au White Trash Fast Food. Le club alternatif de la Schonhauser allee accueille un pion-nier ce soir, MARTIN REV, de Suicide. Ce qu'il n'a pas commis après la mort de sa femme, il y a 3 ans, mais lui a rendu un hommage album. Trève de bavardage people. Le groupe qui m'amène ici bas ce soir est celui d'ouverture, MUERAN HUMANOS. L'homme et la femme derrière cette chose sont bien vivant et suant, c'est un peu une réponse tardive à Christ & Cosey façon Argentine. Maintenant établie à Berlin, là est la différence. Et ce fut un bon live, vraiment. Peut-être que le guitare humano en fait trop (les allemands aiment ça) mais c'est cool. La humana (people to people) ne quitte pas son synthé et contraste avec les sauts et l'arrosage de bière de son acolyte. Le langage molina est à la fois sensuel et agaçant. Agaçant mais sensuel. Certains morceaux sont un peu longs et perdent leur puissance dans la noise (monsieur a un patch Psychic TV sur sa veste) mais ils réussissent tout de même à garder une bonne énergie et des courbes casuelles (telle la robe Zara de madame). La grosse intro EBM de "Cosmeticos para Cristo" m'a même fait frétiller. Gabi Delgado 2011 a bien tortillé ses fesses au premier rang (pour mieux voir le chanteur). Les 80's ne mourront pas quoi.
05 - S.Y.P.H. - Modell
06 - HERMANN'S ORGIE - Neues
07 - DER PLAN - Hans und Gabi
08 - D.A.F. - Nacht arbeit
09 - DIE RADIERER - Angriff auf's Schlaraffenland
10 - IDEAL - Wir stehn auf Berlin
11 - PALAIS SCHAUMBURG - Kinder der tod
12 - ROTZKOTZ - Kein problem
13 - FEHLFARBEN - Das war vor jahren
1981
14 - DER KFC - Knülle im politbüro
15 - ABWÄRTS - Roboter in der nacht
16 - DIE DORAUS UND DIE MARINAS - Junger mann
17 - DIE PARTEI - Wo sind sie
18 - D.A.F. - Knochen auf knochen
19 - MATTHAIS SCHUSTER - Verlangen
20 - CHBB - Chou-frou
21 - XMAL DEUTSCHLAND - Schwarze welt
22 - KEINMENSCH! - KeinMenscH!
23 - THE TANZDIELE - Die lachenden idioten
1982
24 - DIE KAPAZITÄT - Kleine cryptic
25 - DIE KLOPFERBANDE - Barbare
26 - DUOTRONIC SYNTERROR - Phantasie
27 - MALARIA! - Eifersucht
28 - TOMMI STUMPFF & SILVIA - Ich bin nicht die
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vendredi 10 juin 2011 à 18:18 ::DOSSIERS
De l'autre côté de la ligne Maginot, le punk sortit du ventre de l'Allemagne par césarienne. Plus tardif que les précurseurs anglo-américains, plus corrosif que ses homologues français, les jeunes du Rhin ont surpris tout le monde dans les Ardennes ! Nous sommes en 1977, dans un pays où les terroristes d'ultra gauche (RAF et compagnie) font la pluie et le beau temps, et paradoxalement toujours baigné dans son passé nazi. Quand des gugusses comme Chrislo Haas, Gabi Delgado ou Tommi Stumpff vont débarquer pour foutre la merde, la swastika de Sid Vicious fera très pale figure ! La kultur alors enkylosée dans le marasme prog-rock est cadenassée par les petits profs hippies. Dans le climat politique tendu du rideau de fer, 3 villes vont s'embraser de 1977 à 1982: Dusseldorf, Hambourg et Berlin.
Très vite, une constante se retrouve dans chaque pôle: l'omniprésence de la violence. Les concerts sont des exutoires haineux autant pour les groupes que le public (le lancer de projectiles en deuxième sport national après la mannschaft), certains fascionistas n'hésitent pas à descendre dans le tas pour planter du gras. Tout le monde est ennemi: les popeux, les hippies, les teds (fortement représentés en Germania), les drogués, puis plus tard les vendus de la NDW (Neue Deutsche Welle). C'est soit l'argent, soit la rue. Pas de compromis. Du côté de Rodenkirchen, au Ratinger Hof ou à la Carsh-haus, c'est l'émeute continuelle teintée de sado-masochisme.
Sitôt la première vague des groupes punk rock anglicisés passée, les enfants qui se souviennent de France Gall chantant les louanges de l'ordinateur sur la Nr.3 accèdent enfin aux studios. La technique n'effraie pas ces nouveaux fauves qui hurlent leur amour du béton et de l'acier à travers l'énergie forte d'une musique qui n'hésite plus à utiliser les machines dans tous les sens possibles. L'impase punk-prolo-pub est transcendée. Leur weltanschauung n'exclue en aucun cas l'humour, noir, tueur pour certains. Les confrontations permanentes n'excluent pas non plus les fraulein qui sont à la tête de groupes de plus en plus nombreux. Des communautés intra-villes se forment, les influences ne sont pas musicales (pas de redite à l'english) mais se situent chez les surréalistes, dans l'activisme viennois (Otto Mühl) ou les écoles picturales (Neuen Wilden).
Des personnages clés animeront ce réseau triangulaire et lui donneront le maximum d'aufklarüng. Ils s'appellent Kippenberger à Berlin (peintre et boss du club So36), Alfred Hilsberg (fondateur de ZICKZACK, LE label du mouvement) à Hamburg, Kurt "Pyrolator" Dahlke (fondateur de L'AUTRE label, ATA TAK) à Dusseldorf, Muscha et Trini Trimpop (qui ont apporté la vidéo, et Toten Hausen), Franz Bielmeier et son RONDO, Peter Hein de Fehlfarben puis d'autres hommes de l'ombre comme Jaki Eldorado ou Peter Hein. Ils témoignent tous dans ce bouquin de Jürgen Teipel livré fin 2010, le plus puissant sorti de l'écurie ALLIA (consacré en grande partie à l'analyse du phénomène DAF). C'est parti. Verschwende deine jugend!
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dimanche 15 août 2010 à 05:18 ::INDIE/POP
MOLLY NILSSON, Berlin. Déjà le troisième album pour la suédoise et elle prouve encore une fois qu'elle est actuellement la plus douée sur le marché de la mélancolie. Follow the light est parfait (après le petit coup de mou d'Europa). 9 titres qui restent gravés, un son et une voix inimitables, des mélodies imparables, je me demande pourquoi le lobby indie n'a pas encore reconnu sa puissance. Dark Skies Association, 16 Karl-Marx str. Passez lui faire un bisou.
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mercredi 20 janvier 2010 à 01:20 ::INDIE/POP
Après le sublime These things take time, l'allemande d'origine nordique MOLLY NILSSON assoie la puissance de sa synth-pop mélancolique sur l'album Europa. Le mythe de l'hipster europaïen commence ici, illustré par cette pochette ramenant à l'antique jeu romain Nine Men's Morris. Du label (DARK SKIES ASSOCIATION) aux lyrics, jusque dans son look et ses clips faits maison, tout peut être sujet à interprétation. C'est vrai que FEVER RAY est passé musicalement par là avant, mais la démarche est ici débarrassée de tout artifice et atteint une simplicité artistique. (Minimalisme qui rappelle un peu le label ITALIANS DO IT BETTER)
THE KNIFE revient aux oreilles évidemment, ces variations de voix envoutantes, ce son pur et nordique, ces mélodies éthérées, mais le diplôme de technicienne du froid revient à Molly. Ce n'est pas de la musique pour les masses. Plutôt mystique que mondain, ce nouvel album de 9 titres subit une image publique ultra limitée. Pochette cartonnée comme le premier, la démarche n'est pas à la marchandisation. Tout comme les apparitions rares de la chanteuse (pourtant déjà passée en France). Outre le single Europa, les morceaux sont un peu moins sombres mais aussi moins évidents, comme ce Berlin, Berlin chanté en suédois qui conduit doucement au Valhalla. Une mixture sans prétention, discrète et efficace. Laisse ce vent nostalgique 80 te rafraichir le visage...