Fluoglacial - Tendances Négatives

La Loi de la Cause et de l'Effet



« Selon la conception indienne, tout homme naît avec une dette, mais la liberté d'en contracter de nouvelles. Son existence forme une longue série de paiements et d'emprunts dont la comptabilité n'est pas toujours apparente. Celui qui n'est pas totalement dénué d'intelligence peut supporter avec sérénité les souffrances, les douleurs, les coups qu'il reçoit, les injustices dont il est l'objet, etc., parce que chacune d'entre elles résout une équation karmique demeurée sans solution au cours d'une existence antérieure. Évidemment, la spéculation indienne a cherché et découvert de très bonne heure des moyens par lesquels l'homme peut se libérer de cette chaîne sans fin cause-effet-cause, etc. régie par la loi karmique. Mais de telles solutions n'infirment en rien le sens des souffrances; au contraire, elles le renforcent.

Tout comme le Yoga, le bouddhisme part du principe que l'existence entière est douleur, et il offre la possibilité de dépasser d'une manière concrète et définitive cette suite ininterrompue de souffrances à laquelle se réduit toute existence humaine en dernière analyse. Mais le bouddhisme, comme le Yoga et comme d'ailleurs n'importe quelle autre méthode indienne de conquête de la liberté, ne met pas en doute un seul instant la "normalité" de la douleur. Quant au Vedânta, pour lui la souffrance n'est "illusoire" que dans la mesure où l'est l'Univers entier; ni l'expérience humaine de la douleur, ni l'Univers ne sont des réalités au sens ontologique du terme. En dehors de l'exception constitué par les écoles matérialistes Lokâyata et Chârvâka - pour lesquelles ils n'existe ni "âme", ni "Dieu", et qui considèrent la fuite de la douleur et la recherche du plaisir comme le seul but sensé que puisse se proposer l'homme - l'Inde entière a accordé aux souffrances, de quelque nature qu'elles soient (cosmiques, psychologiques ou historiques), un sens et une fonction bien déterminés. Le karma garantit que tout ce qui se produit dans le monde a lieu en conformité avec la loi immuable de la cause et de l'effet. »

Le mythe de l'éternel retour, Mircea Eliade, 1949.

WHITE STAINS





NORWAY OF LIFE (2006)


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COLDGEIST: Nomenglaçura



Allez, oubliez un peu la French Touch. Ici on parle Gigolo, Gerald et Glaçon. Entre humain et robot, Rennes et Jupiter, bienvenue dans la tête de Coldgeist.

ENGLISH VERSION + EXCLUSIVE MIX

D'où viens-tu ? Depuis quand fais-tu de la musique ?
J'habite Rennes en Bretagne où je prépare un master en Informatique.
J'ai commencé en 2008 avec un séquenceur et un clavier maître, classique. A cette époque j'expérimentais pleins de choses, de styles différents, j'apprenais surtout à construire un morceau. A côté j'ai pris des cours de pianos pour avoir quelques bases, je n'avais jamais toucher d'instruments auparavant. Sinon j'ai tout appris seul, pas de musiciens ou de djs dans mon entourage. J'ai donc commencé par la composition, le djing est venu après. A un moment, j'ai voulu sortir de chez moi pour jouer devant un public, tenter l'expérience. Le son de l'époque était à la « turbine » et à l'electro putassière, je m'y suis essayé sous les pseudos «Kogura» puis «Kogura Mustache». J'ai joué dans plusieurs bars Rennais, puis il y a eu le tremplin du festival Astropolis, événement techno incontournable dans l'Ouest. Mes productions étaient pauvres, sans univers, un projet vide de sens, je sentais que je n'arrivais pas à m'exprimer, que je ne faisais pas ce que je voulais. Je ne transmettais rien. J'ai donc arrêté ce projet, qui m'aura néanmoins permis de mettre un premier pas dans le milieu electro et de comprendre pas mal de choses. Puis je suis reparti de zéro en puisant dans mes influences, les livres et films que j'avais lu et vu pour créer mon univers, mon son. J'avais trouvé dans la techno assez de puissance et d'espace pour m'exprimer.


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Sortons !



« Y a-t-il quelque chose de plus ridicule au monde que vingt hommes qui s'acharnent à redoubler le miaulement plaintif d'un violon? Ces franches déclarations feront bondir tous les maniaques de musique, ce qui réveillera un peu l'atmosphère somnolente des salles de concerts. Entrons-y ensemble, voulez-vous ? Entrons dans l'un de ces hôpitaux de sons anémiés. Tenez : la première mesure vous coule dans l'oreille l'ennui du déjà entendu et vous donne un avant-goût de l'ennui qui coulera de la mesure suivante. Nous sirotons ainsi, de mesure en mesure, deux ou trois qualités d'ennui en attendant toujours la sensation extraordinaire qui ne viendra jamais. Nous voyons en attendant s'opérer autour de nous un mélange écœurant formé par la monotonie des sensations et par la pâmoison stupide et religieuse des auditeurs, ivres de savourer pour la millième fois, avec la patience d'un bouddhiste, une extase élégante et à la mode. Pouah ! Sortons vite, car je ne puis guère réprimer trop longtemps mon désir fou de créer enfin une véritable réalité musicale en distribuant à droite et à gauche de belles gifles sonores, enjambant et culbutant violons et pianos, contrebasses et orgues gémissantes ! Sortons ! »

L'arte dei rumori, Luigi Russolo, 1913.
(Picture: La Rivolta, 1911)

Oi!-Wave since 1994


LES TEMPS MORTS (1965)


Orgasm house !


ANIMAL LOVE (1996)



Ulrich Seidl accentue le grotesque et le bizarre en s'immisçant dans la vie privée de vieilles personnes malades, de couples en faillite, de célibataires libidineux, de veuves en chaleur... Tous délivrent leur total amour à leur animal de compagnie, unique être partageant leur existence. Vienne et sa banlieue morne, où les pavillons sont peuplés de chiens, cochons d'Inde, lapins blancs, choyés jusqu'à l'étouffement par leurs maîtres et maîtresses. A défaut d'enfant roi, c'est l'animal qui trône dans leur quotidien, et qui peut aussi bien disparaître ou subir le sort accablant que la société fait peser sur la tête de leurs maîtres. Bravo l'Homme !

Ulrich Seidl accentuates the grotesque and bizarre interfering in the private lives of sick old people, couples in crisis, libidinous single men, hot widows... All deliver their total love for their pets, unique being sharing their existence. Vienna and its dull suburbs, where detached houses are filled with dogs, guinea pigs, white rabbits, pampered up till choking by their masters and mistresses. Failing 'king child', it's the animal that sits in state in their daily lives, and which could both disappear or suffer the overwhelming fate that society puts on the head of their masters. Congratulations to the Man !

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Pourquoi des commentaires plutôt que rien ?



« Contrairement aux médias, où le spectateur est passif et n'intervient que dans le simulacre du vote, sur un blog, le fait de "se rendre public" provoque un retour immédiat, sous la forme du commentaire, et engage le rapport entre le blogueur et son "public" dans un débat, un forum, une discussion.
La principale nouveauté de la blogosphère repose moins dans la capacité qu'elle ouvre à chacun de "se rendre public", que dans la possibilité, pour ce public, de se manifester. Le plus surprenant, finalement, c'est qu'il y ait des commentaires; la vraie question est: pourquoi y a-t-il des commentaires plutôt que rien?

On pourrait penser, a priori, que le fait, pour des millions de personnes, de pouvoir parler d'elles, de leur vie intime, de leurs points de vue, opinions ou convictions profondes, ne pouvait intéresser personne d'autre qu'eux-mêmes, ou le cercle restreint de leur famille ou des proches. Le fait que tout devienne débat est le signe de la réussite du passage à l'extime, que le succès remporté par les nouveaux périmètres de l'intimité (comme les "amis" de Facebook) ne fait que renforcer. Le débat, la discussion sur un thème donné entre différents interlocuteurs qui expriment chacun un point de vue, est finalement devenu le principal fil conducteur des blogs.

A partir de ce constat, on peut imaginer deux orientations principales. La première, la plus "naturelle", consiste à faire évoluer le blog et le fil de ses commentaires vers un tandem star/public qui débouchera invariablement sur une reprise médiatique, en particulier télévisuelle. De ce point de vue le Net est en train de devenir une des sources d'alimentation du spectacle médiatique. La seconde, plus difficile à gérer, consiste à former une communauté autour des centres d'intérêt partagés entre le blogueur et les commentateurs. Cet objectif est plus facile à atteindre lorsque chaque commentateur tient lui-même un blog où il développe le contexte de ses propres commentaires. L'autre aspect favorisant la naissance d'une communauté est l'interaction entre le blog et les outils de contact. Facebook tend ainsi à devenir le support publicitaire du blog, de sa communauté, ainsi que son outil d'agrégation du répertoire et d'information instantanée, en temps réel, sur l'extime. »

Traité de savoir-vivre à l'usage des jeunes générations de blogueurs, Léo Scheer, 2011.
(Picture: Class Of Nuke 'Em High III, 1994)