Fluoglacial - Tendances Négatives

FOUTRE



Le label Euthanasie continue son travail de déterrage du patrimoine punk français en sortant une fois de plus un groupe de son cru. FOUTRE venaient de Tours et ses environs (concert à Vouvray et compagnie), à 1 heure de route d'Orléans, là où se trouvait le célèbre label Chaos en France, qui les avait foutu sur leur première compile. Croyez-vous. Bah ouais. Un journaliste de Rock'n'Folk ne pouvait d'ailleurs pas chroniquer cette compile autrement, "monstrueuse" !

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Révolutionnaire ?



« Être révolutionnaire revient à intégrer dans sa pensée le mouvement métabolique du vivant, et donc à se mettre au service de Dieu. La modernité a érigé au contraire un système de pensée entièrement anthropocentriste et évolutionniste : tout concept est donc au service d’une vision progressiste de l’humanité, dont seul l’aspect extérieur changerait. Ce point est très important. Pour un moderniste, le fond de l’homme – son aspect intérieur – est toujours le même (« Blacks, Blancs, Beurs, on est tous pareils »), quelle que soit la région du monde où il habite et quelle que soit la période historique où il vit. C’est un des aspects les plus authentiquement réactionnaires de la doxa propagandiste contemporaine. Je me souviens de Christine Angot qui revendiquait agressivement sur un plateau télé de ne pas comprendre la notion « d’époque ».

Discutez avec un gauchiste paumé devant un verre de pastis : il vous dira que les conditions sociales sont les mêmes qu’il y a deux cents ans, que les problèmes n’ont pas du tout changé, que toutes ces histoires de cycles sont de la connerie,… Il n’aura pas vu passer le vingtième siècle : le refus de l’histoire est sa loi. Et bien, aussi paradoxal que cela puisse paraître, ce discours est celui d’un homme ontologiquement de droite... C’est le discours de l’homme blasé par avance de tout désir de révolution authentique : il préférera toujours se retirer à la campagne et faire le malin avec ses fromages de chèvres de merde…

Par ailleurs, ne pensez jamais que le système moderne est révolutionnaire (comme vous le laissez entendre dans votre question) : c’est une profonde erreur ! Le principe de la révolution a toujours joué un rôle fondamental dans l’histoire de l’humanité (je ne connais pas de pensée aussi intrinsèquement révolutionnaire que celle de Platon), et ça n’est seulement que depuis cinquante ans que la possibilité même d’une révolution n’existe plus du tout dans l’Empire, puisqu’elle est intégralement remplacée par son image. C’est la suprême réussite du libéralisme : remplacer la liberté par l’image de la liberté, remplacer le sexe par l’image du sexe, remplacer le désir par l’image du désir… [...]

Ceux qui tombent complètement dans le panneau sont ces penseurs français qui s’assument comme authentiquement réactionnaires, de Finkielkraut à Philippe Muray. Ils voient du cul chaque fois qu’ils allument leur télé, et ils en déduisent que la société est devenue hyper-sexualisée ! alors que l’Empire fait absolument tout ce qui est en son pouvoir pour empêcher les gens de s’adonner au sexe véritable dans la vraie vie (propagande de l’homosexualité, peur du sida, imposition de la capote, fascination de la pédophilie), et plus globalement, les empêcher de mener des rencontres authentiques et des échanges significatifs. Il se vote au moins une loi par semaine qui va dans ce sens. Je suis intimement persuadé qu’un célibataire de trente ans travaillant aujourd’hui à Paris vit moins de réelles aventures sexuelles en un an, qu’un scribe d’Assouan sous les Ptolémées ou qu’un tailleur de pierres travaillant au XIè siècle à Notre-Dame la Grande de Poitiers. Une société saine, traditionaliste, est une société qui n’éprouve bien sûr aucun problème avec le sexe, et qui en promeut même le caractère infiniment sacré. Le sexe bien discipliné est une des voies pour atteindre la jouissance, c’est-à-dire la connaissance. Sur ce point comme sur bien d’autres, la prostitution a connu un lent déclin à travers les âges : il est facile de vérifier que son caractère est de plus en plus sacré à mesure que l’on remonte le temps, puisque l’initiation au sexe a toujours été logiquement associé à l’apprentissage de la guerre. [...]

Dans un autre domaine, on peut remarquer aujourd’hui le nombre incroyable d’émissions de télévision consacrées à la cuisine, toutes chaînes confondues et du soir au matin ; qui oserait en déduire que la société serait devenue hyper-gastronomique, alors qu’en réalité, les gens n’ont jamais aussi mal mangé depuis Adam et Eve ? C’est la même chose avec ce concept totalement ridicule d’homo festivus. Cela fait au moins trente ans que je n’ai pas vu de véritable fête, et je ne suis pourtant pas du genre à pourrir dans ma bibliothèque. Il convient de bien savoir distinguer une chose de sa représentation. Je ne dirai jamais, moi, que le moteur du libéralisme est l’idéologie du désir ; car c’est bien plutôt le plaisir qui gère les rouages économiques, politiques et métaphysiques de notre société. Or, le plaisir n’est pas l’aboutissement du désir, mais son assassinat pur et simple. Franchement, regardez cinq minutes autour de vous : vous en voyez beaucoup, vous, des gens qui sont habités par le désir de quoi que ce soit (et notamment de la révolution) ? Tout le monde est totalement éteint, fatigué, usé, abîmé en secret par l’avalanche de plaisirs forcés… Nous vivons dans l’Empire de la satiété, et plus du tout dans le Royaume de la saveur. »

Laurent James, Videodrom, 3012.
(Picture: M.C. Escher, 1957)


The End of the Beginning


Russian Teen Age



Original Russian Films of the 80's

Voici quelques films qui dressent un état des lieux de la jeunesse en URSS durant les années 80, sa nature, ses humeurs et ses émotions.
These films show you nature, moods and emotions of russian 80's youth culture.
Une sélection directe et drastique de Andrey du blog Original Life Spotters.

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Échapper à l'Histoire



« La liberté de faire l'histoire dont se targue l'homme moderne est illusoire pour la quasi-totalité du genre humain. Il lui reste tout au plus la liberté de choisir entre deux possibilités: 1° s'opposer à l'histoire que fait la toute petite minorité (et, dans ce cas, il a la liberté de choisir entre le suicide et la déportation); 2° se réfugier dans une existence sous-humaine ou dans l'évasion. La liberté qu'implique l'existence "historique" a pu être possible - et encore dans certaines limites - au début de l'époque moderne, mais elle tend à devenir inaccessible à mesure que cette époque devient plus "historique", nous voulons dire plus étrangère à tout modèle transhistorique. D'une manière naturelle, le marxisme et le fascisme, par exemple, doivent aboutir à la constitution de deux types d'existence historique: celle du chef (le seul vraiment "libre") et celle des adhérents qui découvrent dans l'existence historique du chef non un archétype de leur propre existence, mais le législateur des gestes qui leur sont provisoirement permis. Ainsi pour l'homme traditionnel, l'homme moderne n'offre le type ni d'un être libre, ni d'un créateur d'histoire. »

Le mythe de l'éternel retour, Mircea Eliade, 1949.
(Picture: Cronos, 1993)

N O N



Entre deux farces, Boyd Rice continue de sortir des disques. Là, ça faisait quand même 10 ans depuis "Children of the revolution" que NON n'avait pas fait résonner ses tambours. Fini les odes ambient en hommage à la Grèce Antique ou aux biceps romains, "Back to Mono" revient dynamiter tout ça en bruitant d'entrée la mélodie pop de "Turn me on, dead man" (avec l'aide de Z'EV). Les deux pistes suivantes sont produites par Wesley Eisold, l'ancien chanteur de American Nightmare puis de Cold Cave, tout se recoupe. "Watusi" est un aliénant inédit de 1978, et le titre éponyme, daté de 2009 déjà, tape dans l'indus le plus oppressant. Quelques cris de femme (live) plus tard, vouées à obéir au signal uniquement, et c'est reparti avec "Man cannot flatter fate" où la grosse machinerie bruitiste est de sortie. C'est d'ailleurs amusant de comparer avec "Scream", un autre inédit de 1979, la différence de fréquence et le résultat sonore que permettait, ou plutôt ne permettait, pas la technologie de l'époque. Stridence clearwater revival. Il faut attendre quand même 10 morceaux avant d'entendre le vieux Boyd gueuler à la gloire du feu sacré. L'album se referme sur une reprise rafraichissante de "Warm leatherette", ça va, même Laibach le fait ! Quant à cette pochette merdique, elle sent légèrement la fin de règne...



Between two pranks, Boyd Rice continues to put out records. There, it was 10 years, since "Children of the revolution", NON didn't make its tambourines resonate. No more ambient odes in honor of the ancient Greece or Roman biceps, "Back to Mono" comes to blow everything with bruitism even in between the pop melody of the first song, "Turn me on, dead man" (with help from Z'EV). Both following tracks are produced by Wesley Eisold, former vocalist of American Nightmare and Cold Cave, all overlaps. "Watusi" is an alienating unreleased track of 1978, and the title track, from 2009 yet, bangs some oppressive industrial style. Some woman screams (live) later, doomed to obey the signal only, and it goes again with "Man cannot flatter fate" where heavy noisy machinery is in the output. It's funny to compare with "Scream", another lost track from 1979, the difference of frequency and the resulting sound that allowed, or rather allowed not the technology of that time. Stridency clearwater revival. We still must wait 10 pieces before hearing the old Boyd yell to the glory of the sacred fire. The album closes on a refreshing cover of "Warm Leatherette", but hey, even Laibach does it ! As for this shitty layout, it slighty feels the end of reign...



Frustré ?


2013 !


Trouble-Fête



Cassons le bal (Rozbijemy Zabawe), Roman Polanski, 1957.

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