Fluoglacial - Tendances Négatives

LES MOUVEMENTS DE MODE expliqués aux parents, 1984.



LES DEUX DOIGTS DANS LA PRISE PART.I (PART.II, PART.III)

LMDM, c'est le meilleur vendeur de 1984, et c'est la première apparition sur papier d'Alain Soral, bien avant la drague de rue et les élucubrations politico-médiatiques... Il est alors allié de 2 potos : Alexandre Pasche et Hector Obalk, qui anime maintenant l'émission Palettes sur Arte. Les 3 livrent une enquête sociologique très croustillante des modes chez les jeunes, du début des années 60 au début des années 80. 400 pages satiriques, justes et surtout drôles. Si les modes signifiaient encore quelque chose aujourd'hui, il serait amusant de faire une version années 2000. 8 catégories sont passées au crible par ordre chronologique : Pop, Babas, BCBG, Minets, Punk, New-Wave Hard, New-Wave Cool et Fun. Portraits, interviews, lexique, vocabulaire et dialectique d'époque, c'est ultra complet et le ton "intello-démon" est hyper jubilatoire. Un ouragan de désnobisation. Si tu le trouves, consomme direct. En attendant, réalise dès maintenant ton test de personnalité.


LES 24 HEURES DE LA VIE D'UN BRANCHÉ





LE ROMAN PHOTO DU MINET






LE BABA




LA BABA RICHE




LE BABA-HARD




L'INTELLECTUEL DE GAUCHE TRISTE




L'INTELLECTUEL DE GAUCHE GAI




LE MINET




LE RINGARD SHOW-BIZ




FILIATION HIPPIES/BABAS




FILIATION GLOBALE PUNKS




LES PLANS DE LA NEW-WAVE




CE QUI EST TRÈS...


HIPPIE / GAUCHISTE




BABA-COOL / BABA-HARD





COOL / FASCISTE





B.C.B.G. / MINET




POP / PUNK




NEW-WAVE HARD / NEW-WAVE COOL




HYPERCLEAN




FIN / FUN




FIN.

Au-delà de l'Avenue D, Philippe Marcadé, 2007.



Flipper débarque aux Statesses en 1972. Flipper ? C'est le blaze du jeune Philippe Marcadé alors âgé de 17 ans. Le voyage découverte est payé par papa-maman, et les prochains vols le seront aussi. C'est sur que c'est plus facile comme ça. Au début du bouquin, le doute s'installe. Déjà, c'est écrit maxi gros, le ton est scolaire, les anecdotes s'enchainent sans lien réel entre les paragraphes, on a l'impression d'avoir à faire à un livre pour pré-ados de type L'HERBE BLEUE.

La suite sera plus palpitante. Le jeune parisien passionné de rock livre 10 ans de son rêve américain, 10 ans à barouder de communauté en bande, de squat en loft, du LSD à l'héro. Et même si tu tiques devant certains faits, photos et références sont là pour les appuyer.

Phoenix, Boston, New-York (après une longue étape à Amsterdam). Hippie, punk, rocker. Flipper est à la place où être, un branché sans l'être, préférant jouer du rock 50's avec THE SENDERS en pleine période avant-gardiste new-yorkaise. Un type cool quoi. Mais c'est surtout l'histoire de l'héroïne rampante qui flirte avec son entourage, Nancy Spungen et Johnny Thunders en tête, et qui finira par le contaminer aussi. C'est d'ailleurs un braqueur porto-ricain qui le sauvera d'une rechute quelques années plus tard, comme quoi...

C'est bourré de repères rock, de coïncidences, de connivences underground (Max Kansas City VS. CBGB, la blague RAMONES, multiples rencontres paillette...) et d'anecdotes épicées de quartier. Finalement, la lecture est rapide, agréable et souvent drôle. Si tu veux un panorama beaucoup plus précis et incisif sur l'époque, je te conseille toujours de te procurer THE EVOLUTION OF A CRO-MAGNON, la bible new-yorkaise des années 70 aux années 90.

On s'est donc retrouvé sur scène devant huit mille personnes le lendemain soir. Avant nous, il y avait The Treacherous Three [...] et aussi Futura 2000 qui était engagé pour passer un immense mur métallique à la bombe pendant que les Clash jouaient. Insistant pour être branchés, ils aimaient beaucoup le mouvement hip hop qui était en train d'exploser dans les clubs du Bronx et du Queens. [...] Ce qui n'était pas bien sûr pas du tout le cas du punk rocker américain typique dans la salle, qui considérait toujours cette musique comme faisant partie du mouvement disco, l'ennemi total, la pire musique au monde. Les Treacherous Three se sont fait jeter de scène comme ce n'est pas permis. Il pleuvait des canettes de Coca-Cola par milliers. Ils s'en sont pris plein la gueule pour pas un rond, c'était le déluge. On se regarda tous en se disant : "Putain, après, c'est nous !"

- Passage à TRACKS (C'est pas Yvan Le Bolloc'h hein)
- Entrevue sur Canapé : PART 1, PART 2

SONIC YOUTH etc. : SENSATIONAL FIX

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Je l'avoue, je n'ai jamais été adepte de ce groupe, et même plutôt l'inverse. Mais comme tout arrive, j'ai participé très modestement à une petite partie de cet ouvrage collectif il y a quelques mois. L'exposition sur l'environnement artistique du groupe a eu lieu l'été dernier, d'abord à St Nazaire ici et à Bolzano (Italie), puis à Malmö (Suède) et Düsseldorf (Allemagne). C'est le LiFE qui a hébergé l'expo durant deux mois et demi et qui est l'instigateur de ce livre très fourni (850 pages, en anglais et en français), sorti en Mars et dispo chez Les Presses du Réel. Plus qu'un simple catalogue des œuvres, c'est une Bible sur LE groupe arty new yorkais.





Après l'intro/présentation QQOQCCP, on découvre la genèse du quatuor et l'atmosphère dans laquelle New-York (enfin surtout Manhattan, East Village, Soho) baignait à la fin des années 70 et le début des années 80. Textes divers, colonnes de fanzines/magazines, entrevues, récits de concerts (SWANS), de tournées (le report du tour '86 est ironiquement drôle, ils ont notamment partagé l'affiche avec MISGUIDED, GOVERNMENT ISSUE, HONOR ROLE, SACCHARINE TRUST, ARTICLES OF FAITH, REDD KROSS et même NOFX!), voyages, bribes de vie... C'est surtout Kim Gordon (la chanteuse) et Thurston Moore (le guitariste) qui s'y collent, car même si le groupe a toujours revendiqué une absence de leader, ces deux membres sont clairement les plus actifs et les plus expressifs.





Pour agrémenter leurs styles libres verbaux, beaucoup de photos, montages, coupures et flyers viennent témoigner du cercle gravitationnel très large qui tournoyait autour du groupe, et ça dès leurs débuts. Large au niveau disciplinaire mais restreint en nombre car il faut aussi reconnaitre que les concerts no-wave (le bruit arty anti-rock de NY) n'attiraient que des artistes, et étaient donnés... par des artistes. L'art plastique, le cinéma expérimental, la poésie, la musique, le bruit (ce sont les instigateurs du Noise Fest)... le groupe s'intéresse à tout dès le début. Cela permet de mieux comprendre leur processus de création et de réaliser que leur esprit de découverte et d'expérimentation leur assurait le compromis parfait entre prétention artistique et fougue de la jeunesse.





I'm really scared when I kill in my dreams, Kim Gordon, Artforum 1983
[...] Alors qu'avant dans les clubs il y avait ce que l'on appelait des "coins à baise", aujourd'hui l'atmosphère vise plutôt à la sublimation, atteignant une stérilité qui est devenue une nouvelle forme d'érotisme asexué. L'idée de résistance - de supprimer le contact entre les gens - est actuellement très répandue dans les clubs. C'est l'ambiance qui y règne qui créé la distance - grâce à l'art, la musique, les autres et soi-même. Les miroirs amplifient le narcissisme déjà présent, et les individus deviennent leurs propres spectateurs. Dans la décoration, on utilise beaucoup d'écrans vidéo ; leurs images sont là pour nourrir les clients, dont les relations de travail se teintent de fantasmes (sexe, carrière ou autres). L'atmosphère lounge, donne aux gens l'impression de se sentir chez eux ou chez quelqu'un de riche, et crée un luxe, un confort, typiques des petits clubs privés et fermés traditionnels. Personne ne regarde ce que diffusent les écrans, comparables à des télévisions qu'on laisserait allumées.





Dans son discours sur la disparition du tragique en art qui serait causée par la disparition du sujet et sa réapparition à venir, Manfredo Tafuri déclare : "L'expérience du tragique [dans ce siècle] est l'expérience de la ville. [...] L'intensification des stimulations nerveuses" induite par "l'invasion d'images successives et rapides, la nette discontinuité dès qu'on veut poser les yeux quelque part et l'imprévisibilité d'impressions continues" ont été interprétés par [George] Simmel comme les conditions nouvelles à l'origine de l'attitude blasée de l'individu et de la métropole..." [...] Loin d'un style de vie décadent à la Gatsby le Magnifique, ces gens-là payent tous entre 5 et 15$ pour leur plaisir et leur divertissement culturel. [...]





Il y a des gens qui paient pour voir les autres croire en eux. Beaucoup ne savent pas s'ils pourront un jour expérimenter l'érotisme ou si ça n'existe que dans les publicités ; mais sur scène, au cœur du rock'n'roll, il se passe beaucoup de choses : tout peut arriver, que les gens viennent en tant que voyeurs ou pour s'abandonner au moment présent. [...] Quelqu'un qui travaille dur ne deviendra jamais un "héros", mais il arrivera peut-être à gagner juste assez d'argent pour se divertir un peu - ce qui lui apportera une libération temporaire. Au contraire, un artiste, en tant que héros sexué, on le payera pour qu'il se lâche complètement ; mais il sera toujours à la merci des clubs ainsi que la façon dont les médias lui forgeront une identité. Combien de temps peut-on continuer à jouer avec intensité sans devenir maniéré et malhonnête ?





Au fur et à mesure des pages et de leur carrière, on remarque l'attache du groupe dans chaque foyer de la contre culture américaine, que ce soit leurs accointances avec les pionniers new-yorkais de l'avant garde (Rhys Chatam et leur idole Glenn Branca), les premiers groupes hardcore (ils signeront plus tard sur SST), l'arrivée du grunge, les poètes de la Beat Generation comme Allan Ginsberg, ou d'autres personnalités plus ou moins underground comme le dessinateur Raymond Pettibon, Patti Smith ou Sofia Coppola. Le groupe est partout. Mike Watt des MINUTEMEN apporte d'ailleurs une autre vision de SONIC YOUTH, plus réelle et terre à terre. RICHARD HELL enchaîne. SY est définitivement le groupe COOL, difficile mais accessible, célèbre mais indie, artiste mais productif, avant gardiste mais populaire. D'autres rencontres plus ou moins intéressantes s'en suivent, William Burroughs, Patti Smith ou Lydia Lunch.





Une bonne partie du livre est consacrée ensuite à leur discographie, les pochettes et leurs secrets, suivi d'un glossaire rendant plus compréhensible la pointance des termes. Le catalogue réel est consultable à la fin. Patchworks, photos, peintures et extraits vidéos. Il y a des choses que j'apprécie beaucoup comme les photos de Christopher Wool, les travaux d'Ira Cohen ou de Robert Smithson, les dessins de Pettibon, de Maya Miller, et d'autres trucs de Jim Shaw. En revanche, beaucoup d'œuvres me laissent froid, voire pire, comme le soft porn de Richard Kern, les aquarelles de Kim Gordon ou les barbouillages de Tyfus et Yamamoto. Big up pour les collages débiles de Marnie Weber. Ça prouve aussi que la pluridisciplinarité est loin d'être un gage de qualité.





La conclusion contient quatre entretiens fleuves avec chaque membre du groupe, qui ont aussi une face de 45 tours chacun, insérés dans la couverture du livre, bonne idée, même s'ils ne se sont franchement pas foulés... Évidemment, à ce stade, on connaît déjà tout de la vie de Kim Gordon et Thurston Moore, mais c'est intéressant de lire Lee Ranaldo et plus particulièrement Steve Shelley, le batteur, qui n'a pas du tout participé au livre. Pour info, Steve est l'ex-batteur des CRUCIFUCKS, qui avait quitté son Michigan natal dans les 80's pour participer à l'aventure SONIC. Voilà, même si l'on n'est pas fan du groupe comme moi, l'ouvrage déborde tellement de références diverses que tout le monde peut y trouver son compte et c'est en plus de ça, un bel objet.


Morceaux Choisis, Marc-Édouard Nabe, 2006.



Quelques morceaux de l'œuvre corrosive de l'écrivain maudit, terroriste de la plume, tyran artistique et apôtre du jazz, parus dans un recueil présentant 20 années de littérature, d'Au Régal Des Vermines au 27ème Livre:


Un bon élève qui manifeste pour être encore meilleur est méprisable.

Écrire, c'est chier. Publier, c'est faire manger sa merde. Le destin d'un artiste, c'est de devenir un excrément de l'humanité.

Les femmes n'aiment pas les hommes, elles aiment les enfants qu'elles pourraient avoir des hommes.

C'est ton âme que je veux, et par derrière !

Pour tous ceux qui adorent Miles Davis, sa mort n'a aucune importance, l'important est qu'il soit né.

On mesure bien la morosité d'une civilisation à son gout sinistre pour la fête.


1984: LA PREMIÈRE APPARITION TV CHEZ POLAC

1986: LE SCANDALE FATAL CHEZ PIVOT


Aujourd'hui les gens sont morts, ils n'ont envie que de quelqu'un qui leur répercute leur morbidité, et avec le plus de mépris possible.

La culture, c'est la mort, c'est la société qui s'organise pour vider les œuvres d'art de leur substance.

Marx-Einstein-Freud, toute la merde est sortie de ces trois anus. La bombe, le complexe, le social: quoi rêver de mieux pour détruire un univers ?

Le travail ne suffisait pas, la société a réussi à inventer autre chose qui est le chômage - c'est-à-dire la soif du travail - pour faire encore mieux oublier à l'homme qu'il est tout seul devant le trou et qu'il va crever !

CARNETS NOIRS Acte II (partie III)



AU CŒUR DE LA MANUFACTURE
Pulsations industrielles, expérimentations concrètes et rythmes électroniques

Je zappe le chapitre ORAISONS FUNÈBRES qui causait de la vague batcave française (NEVA, JAD WIO, LES TÉTINES NOIRES en tête) pour plonger au cœur du 2ème gros chapitre du livre, L'INDUSTRIEL. Et en premier lieu l'électronique dedans l'indus.

DIE FORM est clairement nombre un dans cette matrice. D'abord l'œuvre d'un seul homme, la forme naît à Bourg-en-Bresse en 1977. Après plusieurs démos-objets, conçues à partir de percussions métalliques, le projet va progressivement électroniser son son. Création du label BAIN TOTAL puis sortie du mythique "Die puppe" en 1982. 4 albums plus tard, le style devient plus musclé et EBM. Dans les années 90 (5 albums) la musique de DIE FORM se spiritualisera avant un retour purement indus dans les années 2000. Projets parallèles : ELEKTRODE, D.F. SADIST SCHOOL.

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CARNETS NOIRS Acte II (partie II)



L'ÂGE D'OR DES MUSIQUES FROIDES
Entre rigueur et romantisme, le style chic et cérébral des années 80

Ce long chapitre de près de 90 pages a pour thème central les formations cold-wave francophones, style oppressant et gris très révélateur des années 80. La scène française a été elle, beaucoup plus large et diversement influencée (électro, indus, rock, punk) que celle d'outre-manche, avec comme références entre autres: THE CURE, TUXEDOMOON, MINIMAL COMPACT, VIRGIN PRUNES ou JOY DIVISION.

Comme d'habitude sur le continent européen, les précurseurs sont belges. Le collectif Mouvement Oblik influencé par DEVO et KRAFTWERK naît. Composé de Daniel B. (FRONT 242) et du futur boss de Play It Again Sam (PIAS), c'est son 3ème membre éminent qui nous intéresse, fondateur de POLYPHONIC SIZE en 1979. Musique synthétique légère bientôt agrémentée d'un chant féminin et nourrie de paroles pointues, une multitudes de EP's et 3 albums sortent avant la fin en 1991.



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CARNETS NOIRS Acte II (partie I)



Comme annoncé dans la chronique de l'Acte I, l'Acte II des CARNETS NOIRS pointe ce qu'il s'est passé dans la musique froide au niveau français et plus largement francophone ces 30 dernières années. Et comme dans le précédent volume, on peut regretter l'absence de discographie en fin d'ouvrage, qui aurait ainsi permis de mieux s'y retrouver et d'ajouter plus de groupes (sont principalement abordés ici les groupes ayant sorti un ou plusieurs albums). En tous cas, il y a largement de quoi faire parmi les multiples épopées et anecdotes qui ponctuent ces 350 pages. On ne progresse plus uniquement par famille musicale mais par cycle, plus ou moins en corrélation avec l'époque, et ça commence par...


LE ROCK TRANSFIGURÉ
Liaisons dangereuses entre punk et new wave



Il y a avant tout STINKY TOYS, formé en 1976, qui pratique un rock punk dépressif influencé par le VELVET UNDERGROUND. 2 albums pas terribles et JACNO s'échappe seul dans le col du succès. Son mini album publié en 1979 rend une musique électronique et simpliste accessible à tous. Il sortira 3 albums dans cette mouvance electro-pop avec l'ex-chanteuse de STINKY TOYS, Elli Medeiros. Entre temps, il produit beaucoup (le 1er l'album d'ÉTIENNE DAHO, l'album de MATHÉMATIQUES MODERNES), notamment pour les labels CELLULOÏD et DORIAN, où l'on peut croiser Maurice G. Dantec et son groupe ARTEFACT. Puis il sombrera dans la chanson française et la variété à la fin des 80's, comme tout le monde.


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CARNETS NOIRS Acte I



Voici un ouvrage épais et sombre, aux allures de manuel de magie noire, sous-titré "Musiques, attitudes, cultures gothiques, électroniques et industrielles". Les 2 premiers volumes (écrits collectivement et édités par E/DITE & K-INITE) sont sortis début 2006 et abordent la scène musicale froide internationale pour le vol.1 (250 pages), et exclusivement francophone pour le vol.2 (350 pages). Un 3ème volume destiné au rapport de ces scènes à la littérature et au cinéma est sensé sortir prochainement.

Le bouquin a pour vocation de présenter un panorama large (avalanche d'étiquettes mais sans trop rentrer dans les détails) des musiques goth, electro et indus. Il se présente comme une discographie romancée avec des anecdotes ici et là et quelques photos de qualité. L'époque couverte s'étale de la fin des années 70 au début des années 2000. On assiste donc à un survol de la naissance de ces musiques dites froides et à leurs mutations à travers 4 décennies. C'est relativement complet, pas pédant, ça concerne donc autant les connaisseurs que les découvreurs. Je me contenterai de résumer brièvement les 14 chapitres, regroupés, dans le vol.I, par famille musicale.






POST-PUNK
Les balbutiements de la New Wave. La naissance du genre Gothique.

1977. La carrière éclectique de WIRE commence, les précurseurs anglais. On passe brièvement sur le minimalisme de SUICIDE, et tant mieux. Puis la musique rock plus noire des STRANGLERS et les débuts fulgurants de THE FALL. C'est l'heure où le règne de JOY DIVISION débute. L'heure aussi où les filles se la donnent, LENE LOVICH, NINA HAGEN et MALARIA! en Allemagne. C'est l'ébullition. ULTRAVOX découvre l'électronique et John Lydon monte PUBLIC IMAGE LIMITED après la mort des SEX PISTOLS. Même succès pour le groupe MAGAZINE monté par un ex-BUZZCOCKS.

L'Australie représente aussi avec THE BIRTHDAY PARTY, le premier groupe de NICK CAVE, ou les HUNTERS & COLLECTORS. C'est déjà le début des années 80 et la magie est partout. Les mélodies de NEW MODEL ARMY, KILLING JOKE, ECHO & THE BUNNYMEN et THE CURE donnent ses lettres de noblesse à l'après-punk, créant une déferlante froide sur le monde, le rock ne sera plus jamais comme avant.






COLD-WAVE
Les musiques froides et intellectuelles des années 80.

Terme exclusivement français et musique essentiellement anglaise (JOY DIVISION, THE CURE), le style se développe surtout en Angleterre et en France pour rompre avec la commercialisation du punk et de la new wave. Les pionniers raffinés s'appellent THE CHAMELEONS, SAD LOVERS & GIANTS ou AND ALSO THE TREES.

Des groupes ont cependant obtenu un certain succès comme THE OPPOSITION ou à l'inverse se sont enfermés dans une sophistication extrême tels IN THE NURSERY ou THE DURUTTI COLUMN. Les labels y sont déterminants. 4AD par exemple, qui popularisera un son, avec COCTEAU TWINS, l'excellent hollandais de CLAN OF XYMOX, les débuts de MODERN ENGLISH et plus tard la découverte de COLOURBOX, des PIXIES ou de WOLFGANG PRESS.

L'autre tête pensante du style est FACTORY. La maison de JOY DIVISION/NEW ORDER évidemment, mais aussi celle des excellents SECTION 25 ou de THE WAKE et THE NAMES. En France, c'est le label DIVINE qui domine. Outre les joyaux français que sont TANIT et COMPLOT BRONSWICK (dont je parlerais plus tard), ils produisent le terrible groupe belge MINIMAL COMPACT, les hollandais de MECANO ou les américains de TUXEDOMOON. C'est la fin des années 80, d'un style et d'une époque que tenteront vainement de sauver les CRANES.






BATCAVE
Théâtralité, exubérance et expérimentation.

1982. The Batcave ouvre ses portes à Londres. Crée par le chanteur de THE SPECIMEN, le club organise des soirées à sensation avec des danseuses en cage ou le rock fou, horrifique, théâtrale et sexuel de ses potes (AUSGANG, ALIEN SEX FIEND, DANIELLE DAX) séduit les gothiques allumés. Influencé par les CRAMPS, ALIEN SEX FIEND puis SEX GANG CHILDREN deviennent les noms clés du genre, maintenant dénommé Batcave. Plus gothiques, sombres et torturés naitront des groupes marquant pouvant se rapprocher de ce courant expérimental. Ils se nomment VIRGIN PRUNES, THEATRE OF HATE et bien sûr BAUHAUS.






NEW WAVE, TECHNO POP ET NÉO-ROMANTIQUES
Manifeste électronique, rétro-futurisme et musique populaire pervertie.

Dès la fin des années 70, quelques dandys décident de pousser le son analogique et de créer la bande son la plus proche de l'époque déhumanisée dans laquelle ils vivent. Leur père s'appelle GARY NUMAN, leurs oncles THE HUMAN LEAGUE. ANNE CLARK incarnera elle, le néo-romantisme féminin, tandis que VISAGE génèrera toute la scène "new wave" des dancing des années 80. Il suffit parfois d'un single pour rentrer dans la légende, c'est le cas de THE NORMAL, créé par Daniel Miller, le fondateur de MUTE Records, rien qu'ça.

Ce minimalisme élégant et glacial (classifié synth-pop) lancera une quantité infinie de groupes dont on retiendra forcément DEPECHE MODE, SOFT CELL, ORCHESTRAL MANOEUVRES IN THE DARK mais aussi le très bon FAD GADGET. NEW ORDER est un cas à part, ils installeront au fil des albums leur concept house music dans une scène new wave anglaise pas prête pour ça. Les cours boursiers retiendront le synthétique EURYTHMICS et les très pop SIMPLE MINDS, TEARS FOR FEARS ou TALK TALK.






LES SCÈNES GOTHIQUES ET POST-PUNK AUX ÉTATS-UNIS
An american way of death.

Outre-Atlantique, c'est DEVO, leur rock futuriste et leur humour froid et grinçant qui ouvrent la voie. Mais les américains sont plus forts dans l'horreur. THE MISFITS et THE CRAMPS naviguent à la même époque, hardcore-punk pour l'un, garage-punk pour l'autre, un point commun, la folie. Les DEAD KENNEDYS issus eux aussi du punk marqueront par leurs futures expérimentations et leur caustique contestation. Puis on se demande ce que le groupe de space-rock CHROME vient faire là-dedans (?). PERE UBU de Cleveland fera la renommée d'un style jazz-punk pimenté tandis que les EXECUTIVE SLACKS préfigureront l'electro-industriel du nouveau continent.

Les divas du mouvement s'appellent DIAMANDA GALAS et LYDIA LUNCH. Mais le groupe le plus à l'image de ce qui se passe en Angleterre s'appelle CHRISTIAN DEATH et émerge de la fleurissante scène death-rock de Los Angeles (45 GRAVE, SPEED QUEENS, SUPERHEROINES). Début fulgurant et longue carrière extravagante suivi de projets solos (MEPHISTO WALZ, GITANE DEMONE). C'est les années 90 et le gothisme revient en force. FAITH & THE MUSE, KOMMUNITY FK, SHOCK THERAPY, RED TEMPLES SPIRITS, LONDON AFTER MIDNIGHT sont les nouveaux espoirs du genre.






MUSIQUE INDUSTRIELLE
Du bruitisme des origines à la fusion électronique, histoire de la musique urbaine.

Il faut aller piocher dans le rock psyché de la fin des années 60 et surtout dans l'épopée Krautrock pour définir le terme industriel. Avant-garde, musique nouvelle, free-jazz. C'est le bouillon de culture en Allemagne avec des groupes de hippies cosmiques comme AMON DÜÜL, FAUST, BRAINTICKET ou les grandioses TANGERINE DREAM et KRAFTWERK. La seconde partie des 70's fournit le minimalisme décadent qui sera la marque de fabrique du genre, HENRY COW, CHARLEMAGNE PALESTINE et les célèbres RESIDENTS.

Le premier artiste industriel à proprement parlé est THROBBING GRISTLE. D'abord sous le blaze COUM (Cosmic Organisation of the Universal Molecular), le quatuor se forme en 1975, date à laquelle ils décident de rompre avec l'image négligée des hippies pour se couper les cheveux et revêtir des tenues militaires, tout le monde les imitera par la suite. Le groupe est dissout en 1982 à cause d'une histoire de fesse entre CHRIS & COSEY. Ces deux là ont sorti leur 1er disque un an plutôt, et continueront dans une mouvance electro pas toujours réussie. Genesis P. Orridge se retrouve seul et fonde le culte PSYCHIC TV, qui fournira de nombreux albums malsains avant de sombrer dans l'acid-house.

Un autre groupe de renom, COIL, se forme en 1984 avec encore un ex-THROBBING GRISTLE (ainsi que 2 individus de FOETUS et VIRGIN PRUNES). CV en béton et musique plus calme et mélodieuse. TG sont aussi à l'initiative du label INDUSTRIAL Records créé en 1976, inutile de préciser la portée du nom. Le label découvrira le projet SPK ainsi que 2 piliers du style électronique made in Sheffield, CLOCK DVA et CABARET VOLTAIRE. Le début des années 80 voit fleurir d'autres obscurs et dérangeants groupes comme WHITEHOUSE, CONTROLLED BLEEDING, NOCTURNAL EMISSIONS ou les mythiques NURSE WITH WOUND.

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La musique industrielle se répand mécaniquement partout. ZOVIET* FRANCE chez nous, MERZBOW et THE GEROGERIGEGEGE au Japon, ESPLENDOR GEOMETRICO en Espagne, LEGENDARY PINK DOTS en Hollande, les SWANS à New-York, mais surtout EINSTÜRZENDE NEUBAUTEN en Allemagne, qui se présente comme le plus fidèle rejeton de THROBBING GRISTLE et dont la longévité est exemplaire.

Parallèlement, des actes plus extrémistes et provocants font leur apparition. C'est le cas de NON, le projet de Boyd Rice, fasciné par l'art de la propagande et le IIIème reich. TEST DEPT. chez les britons encore, traine aussi une sombre réputation infondée derrière lui. La plus grosse réussite de cette mouvance vient de Slovénie : LAIBACH, ou comment atteindre le succès par la provocation.

Le chapitre se clôt sur le "dark-ambient" industriel des années 80 dans lequel se sont illustrés LUSTMORD, BRIGTHER DEATH NOW, SLEEP CHAMBER et SLEEPING DOGS WAKE. L'industriel pur et dur devient malheureusement soluble dans les années 90. Il se noie la plupart du temps dans l'électronique ou le metal. Excepté E.A.R. (Experimental Audio Research) suivi de BLACK LUNG et son electronica bruitiste. On arrive déjà sur le territoire des APHEX TWIN et AUTECHRE mais ça c'est une autre histoire...






GOTHIC-ROCK
De l'underground au sommet des charts.

Les styles évoqués vont se faire de plus en plus pointus et précis. Les termes sépulcral ou crépusculaire vont apparaître dans le débat. Écho, mysticisme et fantasmagorie caractérisent cette musique popularisée par SIOUXISE & THE BANSHEES, LE groupe créé en 1976. Dans une lignée plus post-punk et confidentielle se forment GENE LOVES JEZEBEL à Londres, et le célèbre THE CULT en 1981, qui finira par faire du hard-rock.

Dans un style nettement plus sombre, on notera aussi THE DANSE SOCIETY et THE MARCH VIOLETS, sans oublier l'Allemagne et X-MAL DEUTSCHLAND. Les ténèbres vont se faire plus oppressantes au fil des années 80. Les grands SISTERS OF MERCY vont enfin sortir leur premier album pour ensuite laisser leurs fans à THE MISSION, ALL ABOUT EVE et aux brutaux FIELDS OF THE NEPHILIM dans la seconde partie des 80's.






ELECTRONIC BODY MUSIC
Le bruit qui danse.

Elle aurait aussi pu s'appeler European Body Music car pour une fois, cette musique prend sa source en Allemagne et en Belgique, et non en Angleterre. Racines punk améliorées, électronisme binaire, agressivité sonore, puissance physique, rythmes martiaux, imagerie paramilitaire, textes provocants... C'est D.A.F. (Deutsche Amerikanische Freundschaft) de Düsseldorf qui lance la voie à la fin des 70's.

Après des expérimentations sonores dignes du Krautrock, l'album "Alles ist gut" (1980) créé le standard. En Belgique, c'est FRONT 242 formé l'année suivante, qui créé l'appellation et pousse le style à l'extrême, plus performant que jamais. Les débuts de leurs compatriotes THE NEON JUDGEMENT (1980-1984) seront aussi pionniers dans la musique électronique industrielle avant que le groupe se tourne vers un son plus rock.



La réponse anglaise ne se fait pas attendre, NITZER EBB nait en 1982. De nouveaux thèmes s'ajoutent au style naissant, culte du corps et musique de plus en plus physique et autoritaire. Malheureusement, après l'incroyable "Join in the chant", le groupe va sombrer dans la danse music facile. En 1982 aussi, se créé SKINNY PUPPY au Canada. Ils se démarqueront par leur allure batcave et délurée comparée au look strict des autres pionniers de l'EBM. Un autre grand nom du genre nait aussi au Canada en 1985, FRONT LINE ASSEMBLY. Un côté gothique plus marqué que les européens sur une musique électronique puissante. N'oublions pas non plus NUMB et PSYCHE (qui n'est pas cité dans le livre).

Dans la seconde partie des 80's, la Belgique reprend d'assaut l'activisme EBM avec de futurs classiques. VOMITO NEGRO, KLINIK et A SPLIT SECOND perpétuent le travail effectué par FRONT 242 et par les mystérieux à;GRUMH. THE CASSANDRA COMPLEX, fondé en 1980 à Leeds, est un peu à part, mélangeant EBM, gothic-rock et plus tard metal-indus. La fin des années 80 verra la Suède se réveiller (POUPPEE FABRIK, CAT RAPES DOG) et l'arrivée du sulfureux groupe américano-anglo-belge MUSSOLINI HEADKICK avant que l'EBM mute vers d'autres sphères.






METAL-INDUS
Violence, provocation et mélange des genres.

Mélange de grosses guitares et de sons électroniques, cette mouvance va principalement se développer aux USA à la fin des années 80 et au fil des années 90. Mais le parrain du metal industriel est bien plus vieux que ça et se prénomme FOETUS. Musicien australien migrant de Londres à NY, de 1980 aux 90's, il créa un bouillon de sous-culture entre jazz, rock, metal et bruit expérimental.

Le groupe culte de cette veine est bien sûr MINISTRY (WHITE ZOMBIE changera son rock sale en metal plus tard), qui après des débuts synth-pop mignons et un passage EBM sortit l'album déterminant : "The land of rape and honey" en 1988. Dès lors la brèche est ouverte pour NINE INCH NAILS, RAMMSTEIN et MARILYN MANSON qui créeront l'entertainment rebelle de cette décennie maudite.

En Europe, ce sont les YOUNG GODS et les SWAMP TERRORISTS qui remuent la Suisse. Mais les plus important sont encore allemands, véritables précurseurs de ce son dès le début des années 80, ils se nomment DIE KRUPPS et KMDFM. L'electro-metal n'est alors plus un concept, et OOMPH! en profite dès 1989. L'Angleterre livrera elle un ovni (une fois de plus), répondant au doux nom de GODFLESH et son rock diabolique et digital. Suivront PITCH SHIFTER dans la continuité, et CUBANATE en 1992 poussant le vice jusqu'à la techno-metal. Fous ces anglais.






DARK-FOLK
Des antiques brumes païennes au renouveau urbain des traditions.

Musique glaciale et mélancolique, nourrie de symboles forts, à mi-chemin entre traditionnel et industriel. Mort, guerre, ésotérisme et histoire européenne sont les 4 murs qui renferment cette chambre froide. LE groupe néo-folk incontournable est créé en 1980 par Douglas Pearce et se nomme DEATH IN JUNE. 30 ans de disques mortuaires à son actif, je dis chapeau pointu. Ce chapitre nous apprend l'appartenance de beaucoup de membres de ces groupes à d'occultes sectes, on baigne dans la magie noire et la confusion parfois. C'est le cas de David Tibet, membre du TOPY (Temple Of Psychic Youth) qui fonde CURRENT 93 en 1983, toujours en Angleterre. Les disques inquiétants de C93 seront suivis de prêt par ZERO KARMA.



En Italie, les pionniers cagoulés et leur délicieuse chanteuse s'appellent KIRLIAN CAMERA. Ils navigueront dans tous les styles froids et préfigureront la scène électronique de la botte. Patrick Leagas qui a quitté DIJ refait surface avec le plus musclé SIXTH COMM en 1987. Ian Read lui, membre de l'IOT (Illuminates Of Thanateros) et de la Rune Guild sort son premier disque sous le nom de SOL INVICTUS en 1992. Quand ils ne sont pas influencé par Burroughs ou Baudelaire, ces illuminés composant leurs albums dans des caves le sont par Nietzsche ou Tzara. C'est le cas de COUP DE GRÂCE, projet industriel américain actif de 1984 à 1989 qui se transformera ensuite en BLOOD AXIS.

On navigue vraiment dans un univers ambigu et inquiétant. Les protagonistes semblent déconnectés du monde et vivre dans d'autres époques, dans d'autres sphères, peut-être même de l'autre côté. Leurs discographies ont l'avantage d'être très fournies et s'ils sont toujours actifs dans les années 90, la décennie voit de nouveaux couteaux arriver. ELIJAH'S MANTLE en Angleterre, THE MOON LAY HIDDEN BENEATH A CLOUD en Autriche qui se transformera en DER BLUTARSCH, ATARAXIA en Italie ou encore ORDO EQUILIBRIO et AGHAST en Suède.






DARK-WAVE
À l'Est, enfuin du nouveau !

À l'image de la new wave, la vague sombre déferle en Allemagne à la fin des années 80 et englobe tout un tas de groupes désireux de participer au renouveau gothique alors en chute libre. Mélange d'organique et d'électronique, GIRLS UNDER GLASS est le détonateur de cette scène dès 1986. Enchainent alors dans un style plus gothic-rock influencé par les groupes britanniques LOVE LIKE BLOOD et THE BREATH OF LIFE. Le duo DAS ICH créé en 1989 marquera par sa grandiloquence et son electro-indus percutant en parallèle avec GOETHES ERBEN.

Les années 90 sont le terrain de jeu de PROJECT PITCHFORK, relançant la machine EBM dans l'Allemagne aux côtés de THE ETERNAL AFFLICT et surtout de CALVA Y NADA. L'énigmatique androgyne de SOPOR AETERNUS s'occupera de redorer le blason batcave. THE MERLONS OF NEHEMIAH perpétueront le gothic-rock l'agrémentant de mélodies médiévales et celtiques. Tandis que les fanatiques de GARDEN OF DELIGHT se donneront 7 ans pour sortir 7 albums de 7 chansons! Citons aussi pour finir DEINE LAKAEIN et LACRIMOSA, 2 groupes inclassables estampillés dark-wave.






HEAVENLY VOICES
Le chant des sirènes venu du vaisseau fantôme.

Terme inventé tardivement pour désigner une musique gothique sombre et douce, riche en influences, et exclusivement dominée par une voix féminine lyrique. Pas fanatique de fantaisie héroïque, une grande partie du chapitre ne m'a pas vraiment emballé. Les pionniers dans cette histoire sont les très bons groupes du label 4AD constitués à l'orée des années 80 : DEAD CAN DANCE, le projet THIS MORTAL COIL et les excellents COCTEAU TWINS. Dans la seconde partie des 80's, c'est au tour du label américain PROJEKT de produire ce style, notamment avec les groupes BLACK TAPE FOR A BLUE GIRL et LYCIA. ATTRITION, formé à Coventry en 1980, est un cas à part, mixant EBM, pop et néoclassicisme, et auteur de nombreux albums pendant 20 ans.

A la fin des 80's et au début des années 90, les USA accoucheront d'autres groupes originaux et marquants tels que AREA, LOVE SPIRALS DOWNWARDS, THE SOIL BLEEDS BLACK, LIFE GARDEN ou AUTUMN TEARS. En Allemagne ce sera LOVE IS COLDER THAN DEATH, en Angleterre MIRANDA SEX GARDEN, ou BEL CANTO en Norvège. Au Japon, c'est JACK OR JIVE qui fera onduler les mélodies tandis que la Suède siestera au son d'ARCANA. Froideur, finesse et renaissance au rendez-vous. Le 3ème label important de ces deux décades est HYPERIUM. Il publiera les disques de STOA, ANCHORAGE et CHANDEEN, dignes représentants de l'heavenly Allemagne, ainsi que de nombreux classiques du genre gothique.






METAL-GOTHIQUE
...et le métal devint romantique.

Héritier des contes sombres des 80's signés BATHORY, CANDLEMASS, CELTIC FROST, VENOM, et des prémisses du doom (TROUBLE, SAINT VITUS), le mariage du gothique et du metal arrive à la traine. Le début des années 90 voit naître des hybrides étranges, principalement en Angleterre avec PARADISE LOST, MY DYING BRIDE et ANATHEMA, en Allemagne aussi avec CREMATORY, mais surtout avec TYPE O NEGATIVE de Brooklyn, qui donnera sa renommée au style, rajoutant de l'humour et de la provocation, qui manquaient cruellement à cet univers figé.

D'autres nations vont s'y mettre, lorgnant vers le gothic-rock (MOONSPELL, Portugal), vers le black metal (TIAMAT, Suède) ou vers un style nettement plus brutal (SAMAEL, Suisse). On est au milieu des années 90 et les douteux mélanges mixtes de type metal FM vont débarquer, THEATRE OF TRAGEDY en Norvège, THE GATHERING en Hollande, CRADLE OF FILTH au Royaune-Uni ou LACUNA COIL en Italie. C'est fini.






ELECTRO-DARK/ELECTRO-POP/TECHNO-INDUS
Retours vers le futur

Le 14ème et dernier chapitre fait en quelque sorte le bilan des vestiges EBM qui tiennent encore aujourd'hui. Pas forcément calqué sur le modèle belge, tout ce qui est sombre, électronique et industriel à la fois est abordé dans ces pages. On commence donc avec SUICIDE COMMANDO de Belgique et LEAETHER STRIP du Danemark, qui ne veulent pas oublier KLINIK et FRONT LINE ASSEMBLY. L'allemand :WUMPSCUT: lui, perpétue l'esprit LEAETHER STRIP et son electro-dark malfaisante, et ainsi de suite. Aux USA, c'est VELVET ACID CHRIST qui mène la barque, fiston caché de SKINNY PUPPY.

Formés à la fin des années 80, sont aussi cités, l'ambient industriel allemand de HAUJOBB et l'EBM-pop belge de AND ONE. L'electro-pop revient elle aussi en force dans les 90's. En Germanie avec WOLFSHEIM et DE/VISION, ou dans le Nord avec APOPTYGMA BERZERK. Le virage techno est assuré par le trio suédois COVENANT et les anglais de VNV NATION. La techno industrielle est née, et représentée par le label ANT-ZEN! en Allemagne. La conclusion est laissée à l'extrêmiste harsh-noise et autres dérivés techno-chaotiques qui m'insupportent complètement. Je m'arrêterai donc là.


La chronique de l'acte II arrive. Refroidissez-vous tranquillement en attendant.


LE SITE DU LIVRE

GASFACE #6



C'est chaud, c'est chaud. Tellement chaud que le mag a été retiré des kiosques à cause de sa couvrante engagée pour le racisme fun. Un comble ! Ce numéro est sorti avant l'élection d'Obama pour information. La grosse partie de cette issue étant un dossier caustiquement intitulé "FEAR OF A WHITE PLANET". On peut y lire des rapports sur le R'N'B blanc, sur les basketteurs qui ne savent pas sauter, des interviews du loulou SETH GUEKO, de l'acteur CHRIS TUCKER (à l'honneur sur la couv) puis de l'avocat de divertissement juif SCOTT LEEMON. Il y a aussi un intéressant décryptage des principaux tracks d'ALCHEMIST par l'intéressé lui même, un top 10 de ce que les blancs ont fait de meilleur, un roman-photo chocolat au lait (TORAE + MARCO POLO) et pour finir, un florilège d'insultes célèbres et gratuites. Avant ça, la petite histoire des zombies m'a fait glousser de rire et l'itw de CHARB au centre de la polémique politico-médiatique de CHARLIE HEBDO m'a laissé dubitatif. J'espère qu'ils questionneront François Hollande dans le numéro porte malheur (7).

"Les jeunes du ghetto et les vieux riches ont beaucoup en commun : ils trainent toute la journée en survet' et la plupart de leurs amis sont morts."

La partie la plus intéressante pour moi est l'excellente entrevue avec NICOLAS BOUKHRIEF (ex-rédacteur de STARFIX et réalisateur du "Convoyeur" entre autre) qui a une vision très tranché et passionné du cinéma. Un plaisir. "La justice, c'est comme la Sainte Vierge. Si elle n'apparaît pas de temps en temps, le doute s'installe". Ça pourrait être le nouveau slogan de "la revue scientifique dédiée à l'amour et à la vérité", car c'est encore un avocat qui est au parloir, plus proche de nous et de la polémique, KARIM ACHOUI (9 pages quand même). Quelques noirs pour terminer, BUSTA RHYMES le diablotin, JUST BLAZE le nerd, la famille de SLY STONE, et RONALD WIMBERLY, un dessinateur de Brooklyn qui sort de belles phrases ("les filles qui fréquentent les Beaux-Arts sont déjantées, elles sont nécessairement meilleurs au pieu..."). Dernier faits d'armes, les 2 gugusses nous racontent avec grâce comment ils ont essayé d'interviewer PHARRELL WILLIAMS, et même si ce n'était pas un scoop, ces NEPTUNES ont l'air de sacrés abrutis! De l'amour, un peu moins de rap, mais beaucoup de skills. EXIGEZ-LE DANS VOTRE KIOSQUE.

Bientôt interdit à la vente ?

Global Techno, 1999-2007.


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