Fluoglacial - Tendances Négatives

La guerre du faux : II. Frapper quel coeur ?



" Le terrorisme n'est pas l'ennemi des grands systèmes, il en est au contraire la contrepartie naturelle acceptée et prévue. Le système des multinationales ne peut pas vivre dans une économie de guerre mondiale (et atomique de surcroît), mais il sait qu'il ne peut pas non plus réduire les pulsions naturelles de l'agressivité biologique et l'impatience des peuples et des groupes. C'est pourquoi il accepte de petites guerres locales qui seront peu à peu disciplinées et réduites par des interventions internationales avisées, et accepte aussi le terrorisme. Une usine ici, une autre plus loin sont désorganisées par un attentat mais le système continue à avancer. Un détournement d'avion de temps en temps, et les compagnies aériennes perdent une semaine, mais par contre les journaux et les télévisions y gagnent. En outre le terrorisme sert à donner une raison d'être aux polices et aux armées qui, laissées sans occupation, ne demandent qu'à se réaliser dans quelque conflit plus important. Enfin le terrorisme sert à favoriser des interventions disciplinaires là où un excès de démocratie rend la situation ingouvernable.

"Terrorism is not the enemy of the great systems, it is on the contrary their accepted and expected natural counterpart. The system of multinationals cannot live in a world war economy (and nuclear as well), but it knows he cannot either reduce the natural impulses of the biological aggressiveness and impatience of the people and groups. That's why it accepts small local wars that will be gradually disciplined andreduced by advised international interventions, and also accepts terrorism. A factory here, another further are disrupted by an attack but the system is still working. A hijacking from time to time, and the airlines lose a week, but on the other hand newspapers and television gain on it. Furthermore terrorism serves to give a reason for being to police and armies who, left without occupation, just waiting to be realized in a greater conflict. Finally, terrorism facilitates disciplinary actions where an excess of democracy makes the situation uncontrollable.

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La guerre du faux : I. La cité des automates



" Le futur avec sa violence a banalisé les histoires du passé. Disneyland est dans ce sens beaucoup plus astucieuse, car elle veut être pénétrée sans que rien vienne rappeler le futur qui l'entoure. Marin a remarqué que la condition essentielle pour y accéder était d'abandonner sa voiture dans un parking et d'arriver aux abords de la ville du rêve avec les petits trains mis à la disposition du public: laisser sa voiture, pour un Californien, c'est abandonner sa propre nature humaine, pour se livrer à un autre pouvoir et démissionner de sa propre initiative.

"Tomorrow, with its violence, has made the colors fade from the stories of Yesterday. In this respect Disneyland is much shrewder; it must be visited without anything to remind us of the future surrounding it. Marin has observed that, to enter it, the essential condition is to abandon your car in an endless parking lot and reach the boundary of the dream city by special little trains. And for a Californian, leaving his car means leaving his own humanity, consigning himself to another power, abandoning his own will.

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L'ère du vide.



" L'age moderne était hanté par la production et la révolution, l'age post-moderne l'est par l'information et l'expression. On s'exprime, dit-on, dans le travail, par les «contacts», le sport, les loisirs, à telle enseigne qu'il n'est bientôt plus une seule activité qui ne soit affublée du label «culturel». Ce n'est même plus un discours idéologique, c'est une aspiration de masse dont le dernier avatar est l'extraordinaire foisonnement des radios libres. Nous sommes tous des disc-jockeys, des présentateurs et des animateurs: branchez la F.M., vous êtes pris par un flot de musiques, de propos hachés, d'interviews, de confidences, de «prises de parole» culturelles, régionales, locales, de quartier, d'école, de groupes restreints. Démocratisation sans précédent de la parole: chacun est incité à téléphoner au standard, chacun veut dire quelque chose à partir de son expérience intime, chacun peut devenir un speaker et être entendu. Mais il en va ici comme pour les graffiti sur les murs de l'école ou dans les innombrables groupes artistiques: plus ça s'exprime, plus il n'y a rien à dire, plus la subjectivité est sollicitée, plus l'effet est anonyme et vide.

"The modern age was haunted by the production and the revolution, the post-modern age is haunted by the information and the expression. One speaks, it's told, in work, by "contacts", sport, leisure, so much so soon that is no more activity decked out the "cultural" label. It is not even an ideological discourse, it is an aspiration of the mass which the latest incarnation is the extraordinary proliferation of independent radio stations. We are all DJs, presenters and facilitators: plug the FM, you are caught by a flood of music, chopped talking, interviews, confidences, cultural, regional, local, neighborhood, school, small groups speakings. Unprecedented democratization of the speech: everyone is encouraged to call the standard, everyone wants to say something from his intimate experience, each can become a speaker and be heard. But it is the same, as for the graffiti on the walls of the school or in the many artistic groups: the more you speak, the more you've got nothing to say, the more the subjectivity is sought, the more the effect is anonymous and empty.

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Fear of a left planet !



" Dans la culture de gauche, (ou encore progressiste, ou encore moderniste) toute porte fermée constitue, par définition, une provocation intolérable et un crime contre l'esprit humain. C'est donc, de ce point de vue, un impératif catégorique que d'ouvrir, et de laisser ouvertes, toutes les portes existantes (même si elles donnent sur la voie et que le train est en marche). Tel est, en dernière instance, le fondement métaphysique de cette peur panique d'interdire quoi que ce soit, qui définit un si grand nombre d'éducateurs et de parents, qui, pour leur confort intellectuel, tiennent à tout prix à "rester de gauche". Il convient naturellement d'ajouter que, selon le circuit classique des compensations de l'inconscient, cette peur d'interdire se transforme assez vite en besoin forcené d'interdire (par la pétition, la pression de la rue, le recours au tribunal, etc.) tout ce qui n'est pas politiquement correct. On reconnaît ici la triste et contradictoire psychologie de ces nouvelles classes moyennes dont la Gauche moderne (une fois liquidée son enracinement populaire) est devenue le refuge politique de prédilection. "

"In the leftist culture (or progressive or modernist) any closed door is, by definition, an intolerable provocation and a crime against the human spirit. So, from this point of view, it is a categorical imperative to open and keep opened all existing doors (even if they give on the track and the train is running). This is, ultimately, the metaphysical foundation of this scaring fear to ban anything, that defines so many educators and parents, who, for their intellectual comfort, hold at all costs to "stay on the left." It should naturally be added that, according to the conventional circuit of compensations of the unconscious, this fear is fastly turning to a need to ban (by the petition, the pressure of the street, going to court, etc.) everything that is not politically correct. We recognize here the sad and contradictory psychology of these new middle classes whose modern left (once its popular roots wiped out) has become the refuge of political choice."

L'enseignement de l'ignorance (The teaching of ignorance), Jean-Claude Michéa, 1999.

Je hais les (jeunes) filles.


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Liberté, égalité, choucroute



" J'ai failli écrire de faux Mémoires de Landru. J'avais déjà le titre: La femme au foyer.

La femme veut être l'égale de l'homme, mais comment fera-t-elle pour monter aussi bas ?

Heureusement que Jésus-Christ n'est pas mort dans son lit. Sinon, en Bretagne, il y aurait un sommier en granit à chaque carrefour.

Jésus revient! Que tout le monde fasse semblant d'être occupé!

A la campagne, les paysans pratiquent l'inceste pour ne pas abîmer les animaux.

La Promenade des Anglais à Nice, c'est bien le seul endroit où les chiens glissent sur les crottes de vieux. "

On n'arrête pas la connerie, Jean Yanne, 2010.
(Picture: Le Boucher, 1970)

Cordicopolis



" La comédie d'abolition du mauvais temps est mise en scène elle aussi, chaque soir, lorsqu'on vous raconte la météo en psychologisant l'anticyclone, en diabolisant telle pluie diluvienne sur le Cotentin, telle absence de neige dans les stations de sports d'hiver alors que la saison des skieurs vient de commencer, tel été pourri, telle sécheresse inadmissible, tel printemps glacé, autant de dérèglements qui, transposés en "moments de télé", deviennent d'évidentes atteintes aux droits climatiques de l'homme.

Mais le rêve, le vrai, c'est bien sûr l'abolition du temps tout court, la suppression consensuelle des avanies de la durée. Il n'y a déjà plus d'"année", tout juste quelques mois plus ou moins maussades, pendant lesquels on prépare le grand week-end du 1er mai au 31 août. Le reste est vécu comme un résidu, un bout de négativité à liquider, un à-côté de part maudite, une sorte d'archaïsme météorologique dont il serait urgent de se défaire.


Ce qu'il y a de fondant, à Cordicopolis, ce sont toutes ces âmes idylliques qui s'imaginent qu'on pourrait avoir le Bien sans Mal, le tigre sans ses griffes, la langue française sans ses buissons d'épineuses incohérences, le soleil sans la pluie, des voitures sans pollution, une "bonne" télé sans ses pubs, la littérature sans son revers de crime par lequel elle s'immortalise, les loisirs de masse sans le béton, la chimie industrielle sans les pluies acides. Le beurre et son argent pour le payer. Midi à quatorze heures comme toujours. Autant rêver Céline sans ses Bagatelles. Un "Céline qui penserait juste", ainsi que je l'ai lu quelque part. La réconciliation des contraires. Le Paradis sans la Chute. Le Trémolo enfin reconnu, établi dans tous ses droits, et sans aucune contrepartie.

Voilà l'utopie des bien-pensants, l'idéal de l'Ultra-Doux planétaire, plus de matières grasses, plus de colorants, rien que des objectifs super-light sous les déguisements de la Vertu. Déjà, ces saynètes en chambre qu'on appelle "débats politiques" ne sont plus organisées qu'entre représentants de tendances parfaitement interchangeables, entre démocrates-ouverts-anti-étatiques-humanistes, par exemple, et républicains-modérés-décentralisateurs-humanistes. C'est un régal de les voir discuter, faire semblant de se contredire, alors que ce qu'ils veulent, comme tout le monde, c'est consolider le terrain commun, celui de la confusion générale, la seule garantie de "vérité". A la fin, comme ne le disait pas Staline, c'est toujours le consensus qui gagne. "

L'empire du bien, Philippe Muray, 1991. (Picture: The King Of Comedy, 1983)

Ne partez pas en vacances.



" Eh bien, ça y est ! La période la plus bête de l'année vient de commencer. Cette période dite « des vacances », du grec vaos aller et du latin cançus repos.
Aller au repos. Il semble que les citadins n'aient plus que cette idée en tête, dès qu'arrivent les premiers Jours de juillet. Les pauvres gens ! Ils ne savent pas, bien sûr, que cette prétendue détente que l'on trouve sur les plages, au milieu des étendues d'herbe ou au pied des montagnes, n'est qu'un mythe, un mythe qu'il est nécessaire de détruire.

LE SOLEIL EST UNE COCHONNERIE !

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LOUBARDS.


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La vie des gens est toujours inutile...



" A travailler ici dans le froid et la boue, sans eau chaude ni aucune distraction, je suis arrivé à la conclusion que mettre les gens dans des camps de concentration n'était pas si horrible que ça. Bien sûr, il y a le travail en plein froid, mais se voir privé de ses petites initiatives individuelles (l'amour, les restaurants, etc.), voilà qui est plutôt bien. La majorité des gens ne savent pas, de toute façon que faire de leur vie, quel sens lui donner. Et le monde ne s'écroulera pas suivant que Jack ira ou n'ira pas au restaurant ce soir. La vie des gens est toujours inutile, la plupart consomment ce qu'ils produisent, alors pourquoi ne pas les regrouper, les installer ensemble, pourquoi ne pas les faire travailler et leur ôter par là même tout souci ? Plutôt que d'avoir à entretenir femme et enfants, à payer des impôts... "

Journal d'un raté, Édouard Limonov, 1982. (Picture: THX 1138, 1971)